Niger: Résultats présidentielle nigérienne - Vers le coup K.O. de Bazoum ?

Élections au Niger

24 heures après la tenue des élections législatives et présidentielle du 27 décembre 2020, les Nigériens étaient toujours dans l'attente hier des résultats provisoires. Dimanche, dès la fermeture des urnes, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait commencé la compilation des données des 26 000 bureaux de vote disséminés sur ce vaste territoire de 1,2 million de kilomètres carrés, et elle avait entamé lundi leur publication à dose homéopathique.

Un travail fastidieux de bénédictin au goutte-à goutte qui ne livrera en réalité son verdict final que d'ici jeudi ou vendredi selon les projections d'Issaka Souna, le président de l'institution.

Pour le moment donc, aucune grande tendance ne se dégage, les chiffres étant encore trop partiels et parcellaires -en tout cas officiellement- pour permettre aux 23 millions de Nigériens de se faire une idée précise de l'issue du double scrutin, particulièrement de la course à la magistrature, qui concentre naturellement toutes les attentions.

Le président Mahamadou Issoufou , qui veut être, depuis l'indépendance en 1960, le premier président démocratiquement élu à passer le témoin à son successeur également élu s'est bien gardé de pratiquer le sport favori de nombre de chefs d'Etat africains en tenant sa promesse de ne pas tripatouiller la Constitution pour jouer indûment les prolongations. Il faut dire que le précédent fâcheux de Mamadou Tandja, renversé en 2010 pour avoir voulu un troisième mandat afin de « terminer ses chantiers », incite dorénavant à la prudence. Le match au sommet de l'Etat s'est donc joué dimanche entre 29 adversaires dont la plupart, comme c'est souvent le cas dans nos pays, avaient plutôt l'allure de comparses, voire de plaisantins, juste bon pour amuser la galerie en se tapant leur quart d'heure de célébrité cathodique.

Hama Amadou du Moden-Fa Lumana, le principal opposant, disqualifié par la Cour constitutionnelle en raison de son casier judiciaire entaché par sa condamnation dans l'affaire dite des bébés trafiqués, ceux qui avaient vraiment l'étoffe de la chose tenaient dans une seule main : il s'agissait en l'occurrence de Mohamed Bazoum du Parti nigérien pour le socialisme et le développement (PNDS-Tarayya), de Mahamane Ousmane du Mouvement des Nigériens pour le renouveau démocratique (MNRD-Hankouri), de Seini Oumarou du Mouvement national pour une société de développement (MNSD-Nassara), d'Albadé Abouba du Mouvement patriotique pour la République (MPR-Jamuhirya) , de Salou Djibo du parti Paix-Justice-Progrès (PJP) et, dans une certaine mesure, d' Ibrahim Yacouba du Mouvement patriotique nigérien (MPN).

Dans cette short-liste, le dauphin désigné de Zaki, porte-drapeau du parti au pouvoir et de la « Coalition Bazoum 2021 », une constellation d'une cinquantaine de formations politiques, fait figure de super favori. La question qui taraude les esprits et agite le landernau politique est cependant de savoir si, comme le chantent à tue-tête ses partisans enfiévrés, le Lion de Tesker parviendra à passer dès le premier tour dans un pays où la compétition est toujours si serrée qu'aucun président, entre deux coups d'Etat, n'est encore parvenu, jusque-là, à réaliser le coup K.O .

Sera-ce donc cette fois-ci le cas ? Si rien n'est encore sûr, les informations qui commencent à filtrer , même si elles restent à confirmer, semblent indiquer qu'on en prend le chemin. Si tel devait être le cas, il faut dire qu'il n' y aurait rien d'étonnant en cela pour le porte-drapeau d'une majorité qui a eu dix ans pour renforcer son assise territoriale, constituer sans doute un trésor de guerre et huiler davantage une machine électorale dont on a pu voir toute la puissance durant les trois semaines de campagne.

Plus de: L'Observateur Paalga

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