Afrique: ITURI - La Prison de Bunia répond désormais aux standards internationaux grâce au soutien de la MONUSCO

communiqué de presse

Camille Zonzi est le directeur de la prison centrale de Bunia, capitale provinciale de l'Ituri à l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Celui qui est directeur de cette prison depuis plus de 5 ans est très appréciatif de son environnement de travail. Sept jours sur sept, il est courant de le voir à tel endroit entrain de couper des branches d'arbre avec des détenus pour en faire du bois de chauffage, ou à tel autre, houe à la main et plantant des légumes pour le potager de la prison.

Construite en 1940, la prison de Bunia en Ituri avait, jusqu'à peu, des allures d'une ferme, comme le dit son directeur : absence de miradors, pas de mur de protection, évasions courantes, absence d'espace de jeu pour les détenus, carence de nourriture pour les prisonniers etc.

Depuis peu, grâce à l'appui de la MONUSCO, cet établissement pénitencier a complètement changé de visage, reconnait M. Zonzi. L'appui de la MONUSCO, à travers son Unité pénitentiaire, se décline en quatre grands axes, précise le Directeur de la prison : sécuritaire, professionnel, sanitaire et enfin amélioration des conditions de détention. Avec ses 1,554 détenus pour une capacité théorique de 500 places, contre 220 jusque-là : « c'est grâce aux différents travaux entrepris avec l'aide de la MONUSCO que la capacité d'accueil est passée de 220 à 500 places aujourd'hui », affirme-t-il.

« Grace à la MONUSCO, on n'enregistre plus d'évasions à la prison de Bunia »

Sur le plan sécuritaire, Camille Zonzi affirme que l'appui de la MONUSCO a permis de mettre fin aux évasions de prisonniers. « Grace à la MONUSCO, on a d'abord commencé par des concertinas le long de la prison qui était comme une ferme avant ; mais ce n'était qu'une mesure de retardement des évasions. Cela étant, la MONUSCO nous a dotés d'une clôture en dur. Aujourd'hui, on peut dire il n'y a plus d'évasions à la prison de Bunia ».

M Zonzi explique que pour renforcer encore cette sécurité, la MONUSCO a installé des panneaux solaires au sein de la prison pour l'éclairer la nuit. La Mission a aussi construit 2 postes d'observation ou miradors et doté la prison de quelques matériels de sécurité dont un détecteur de métaux...

« Avant, les détenues femmes étaient à côté des hommes, il n'y avait qu'un mur qui séparait les femmes des hommes.

Le second axe de l'appui de la MONUSCO à la prison centrale de Bunia, c'est l'amélioration des conditions de détention. Ici aussi, le directeur se réjouit de l'action de la MONUSCO qui a permis de séparer les détenus hommes des femmes détenues, comme cela se fait dans toute prison normale : « Avant, les détenues femmes étaient à côté des hommes, il n'y avait qu'un mur qui séparait les femmes des hommes. La MONUSCO nous a construit un nouveau quartier spécial, uniquement pour les femmes, avec deux dortoirs, et une capacité de 120 détenues, avec des lits ; il y a aussi une salle prévue pour l'apprentissage de métiers pour ces femmes, et puis un parloir", explique M. Zonzi. Selon lui, les conditions de détention ont été considérablement améliorées, même si la prison connait encore quelques problèmes pour l'alimentation des détenus.

Mais même pour ce qui est de l'alimentation des détenus, le directeur de la prison de Bunia reconnaît que la MONUSCO apporte aussi sporadiquement son appui pour pallier cette insuffisance récurrente de nourriture.

« Cette année, je me souviens : au moins deux fois, il n'y avait presque rien à manger ; vous savez, c'est depuis le mois de janvier qu'il n'y a pas de fonds. L'Unité pénitentiaire a pris en charge les malnutris sévères pour 15 jours et tous les détenus de la prison pour un mois entier : combien de décès avons-nous ainsi pu éviter grâce à cette assistance ? Sans compter l'eau potable qu'on reçoit chaque lundi et vendredi... ».

« L'appui de la MONUSCO a fait que la prison de Bunia recouvre l'image d'une prison qui reçoit les détenus selon les standards en vigueur ».

La santé des détenus est aussi l'un des axes d'intervention de la MONUSCO à la prison de Bunia. Pour freiner la cascade de décès enregistrés ici, la MONUSCO organise de temps en temps des cliniques mobiles, avec distribution gratuite de médicaments.

« En plus de ces consultations gratuites et des médicaments gracieusement offerts aux détenus malades, la MONUSCO nous a également offert un conteneur qu'ils ont aménagé (matériel, matelas... ) pour isoler les détenus malades et souffrant de Covid-19 ; mais jusqu'ici, on n'a pas connu de cas », affirme Camille Zonzi qui tient à rappeler ce que cette collaboration avec la MONUSCO lui apporte sur les plans humain et professionnel : une expérience enrichissante qui lui permet d'acquérir de nouvelles compétences.

« Je suis avec des collègues que j'appelle experts, avec une nette collaboration entre eux et moi. Ils m'apportent ce qu'ils ont ramené à travers le monde. On discute et échange beaucoup. Nous bénéficions de différentes formations en métiers, des ateliers, des renforcements de capacités. C'est la Monusco qui relève un peu le niveau de capacité de notre travail ».

Camille Zonzi conclut en reconnaissant que la collaboration avec la Mission des Nations Unies est un partenariat agissant, gagnant et actif : « C'est un appui qui a fait à ce que la prison de Bunia redore l'image d'une prison qui reçoit les détenus selon les normes requises et une bonne organisation ».

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