Gambie: Un membre du Parti démocratique uni déclare avoir perdu sa masculinité suite à une électrocution

30 Décembre 2020

Un fervent partisan du Parti Démocratique Uni (UDP), Modou Ngum, a révélé hier devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) qu'il a perdu sa masculinité après avoir été électrocuté par des membres de l'Agence Nationale de Renseignements (NIA) a Banjul.

Il a révélé que les agents de la NIA l'ont d'abord allongé sur la table, ensuite ils ont attaché ses pieds et son sexe, et l'ont finalement électrocuté.

Evoquant les multiples confrontations entre l'UDP et le gouvernement de l'époque, Ngum a révélé avoir organisé un meeting particulier dans une résidence privée à Tujereng en 2012. Les participants à cette réunion avaient été violemment dispersés par des agents de police. Il a ajouté qu'un certain Amadou Bah avait été arrêté mais ensuite relâché.

Lors d'un évènement similaire à Tanji, a-t-il ajouté, la police les a dispersés et quelques-uns des partisans avaient été arrêtés et conduits au commissariat de police.

" Lors d'un autre évènement à Madiana en 2013, nous avions également été confrontés par les agents de sécurité et quelques-uns de nos militants avaient été conduits au commissariat de police de Tujereng. Ils avaient ensuite été présentés devant la Cour de Première Instance de Brikama mais avaient été acquittés et relâchés.

Lors du meeting de Fass, le témoin a déclaré qu'ils avaient été perturbés et intimidés par les forces de sécurité.

Revenant sur ce qui s'est passé le 14 Avril 2016, il a déclaré avoir été contacté par Solo Sandeng et ils avaient discuté de réforme électorale.

" Il m'a dit que les nouvelles lois électorales favorisaient et avantageaient deux parties, l'Alliance pour la Construction et la Réorientation Patriotique (APRC) et le Parti Démocratique Uni (UDP). Il a déclaré que ces nouvelles lois électorales ne permettraient pas à Halifa Sallah et à Hamat Bah de contester les élections de manière équitable et impartiale. Il était donc nécessaire pour eux de réagir."

Il a continué pour dire que, le jour suivant, ils ont tenu une marche de protestation comme convenu. Les manifestants avaient été dispersés et il avait été arrêté en compagnie de plusieurs autres.

Le témoin a ajouté qu'ils ont été conduits à la prison de Mile 2 et ensuite au quartier général de la NIA à Banjul. Il a affirmé qu'ils ont été interrogés et torturés dans les locaux de la NIA.

" Ils ont retiré mes vêtements et ont passé un sachet en nylon au-dessus de ma tête. Ils m'ont dit qu'ils me tueraient si je ne leur disais pas la vérité. Mes mains étaient attachées au dos et le cameraman enregistrait tout ce qui se passait. Ils m'ont fait coucher sur la table. Six agents de la NIA m'ont ensuite roué de coups. J'ai subi des traumatismes aux parties génitales à cause des décharges électriques."

Il a déclaré à la Commission que ses problèmes oculaires sont la conséquence des actes de torture dont il a été victime.

Il a également déclaré qu'il suit présentement un traitement médical afin de retrouver sa masculinité.

Il a continué son témoignage pour dire qu'ils avaient été incarcérés à la prison de Mile 2 et ensuite présentés devant le tribunal. Ils ont été jugés et condamnés à trois ans d'emprisonnement. Il a précisé qu'ils n'ont pas complètement achevé leur période d'emprisonnement car le changement de gouvernement a facilité leur mise en liberté.

Plus de: The Point

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