Sénégal: Avec le Président Macky Sall, «l'agriculture sénégalaise cultive l'émergence»

1 Janvier 2021
éditorial

Pour concrétiser sa vision d'un Sénégal émergent à l"horizon 2035, Son Excellence Macky Sall, Président de la République nous a instruit - et nous a donné les moyens - d'œuvrer à l'atteinte de l'objectif d'une «agriculture compétitive, diversifiée et durable».

Ainsi, depuis 2014, l'agriculture sénégalaise montre un nouveau visage ; un visage de progrès qui permet d'affirmer, sans risque de se tromper, qu'elle va jouer pleinement son rôle de moteur de l'émergence. Je citerai simplement quelques indicateurs clés pour illustrer mon propos.

Entre 2012 et 2019, les performances suivantes ont été enregistrées : multiplication par 2,64 de la production de riz qui est passée de 436 153 à 1 155 730 tonnes ; multiplication par 2,05 de la production arachidière passée de 693 000 à 1 421 288 tonnes ; augmentation de 79,49% de la production horticole (tous fruits et légumes confondus), qui est passée de 905 000 à 1 624 456 tonnes.

Il faut souligner que derrière ces performances, il y a eu une stratégie bien pensée, des contraintes levées, des défis relevés avec succès, des populations rurales mobilisées, des partenaires techniques et financiers engagés, ainsi qu'un accompagnement sans réserve de la part des femmes et des hommes du ministère de l'Agriculture et de l'Equipement rural.

En effet, la stratégie élaborée par le ministère, conformément au Plan d'actions prioritaires adossé au Plan Sénégal émergent et opérationnalisée par le Programme d'accélération de la cadence de l'agriculture sénégalaise (Pracas) 2014-2017, visait «à atteindre, à moyen terme, la sécurité alimentaire et nutritionnelle à partir des produits prioritaires à haut potentiel de développement et à haute valeur ajoutée».

Le Pracas s'articulait ainsi autour de quatre axes stratégiques qui sont : l'amélioration de la productivité et de la production des cultures vivrières (mil, sorgho, maïs, fonio et niébé) ; l'optimisation des performances des filières industrielles (arachide, sésame, riz, tomate industrielle et coton) ; le développement des exportations de fruits et légumes (haricot vert, mangue, melon, pastèque et banane) ; l'amélioration du taux de couverture des besoins du marché national en oignon, pomme de terre et banane. De manière globale, cette stratégie s'est orientée vers la recherche de l'amélioration de la qualité et des quantités produites à travers, notamment, une augmentation significative des rendements à l'hectare des diverses filières (cultures vivrières, filières industrielles, filières horticoles) par une meilleure utilisation des intrants et un renforcement de la mécanisation partout où cela 'est possible.

Elle a été mise en œuvre de manière à inscrire l'agriculture familiale dans la voie du progrès assurer une bonne intégration de l'agriculture familiale par : la promotion des exploitations familiales à travers la diffusion et l'adoption d'innovations technologiques adaptées ; l'émergence d'un entreprenariat agricole et rural basé sur une synergie intelligente entre l'agrobusiness et l'agriculture familiale ; le renforcement des capacités et la facilitation de l'accès des jeunes et des femmes à des fermes agricoles génératrices d'emplois et de revenus stables.

Bien entendu, la mise en œuvre de cette stratégie a nécessité la levée de nombreuses contraintes, de relever avec succès de nombreux défis avec l'appui de nos partenaires techniques et financiers ; relativement à l'annulation de la dette des riziculteurs et des producteurs de tomate, qu'il s'agisse de l'augmentation et d'un meilleur entretien des aménagements agricoles, surtout pour la riziculture pluviale, l'accès facilité à des intrants de qualité pour les petits producteurs, la mise en place d'un fonds de commercialisation, le règlement définitif de la question de la commercialisation du riz sénégalais, de l'autosuffisance en semences certifiées de riz, du renforcement de la mécanisation pour toutes les spéculations, l'augmentation du capital semencier de l'arachide, l'augmentation du prix d'achat de l'arachide et donc du pouvoir d'achat des producteurs, etc.

Par ailleurs, nous avons toujours eu à cœur de nous assurer que la production s'effectue dans des conditions qui garantissent la résilience et la préservation de l'environnement, car autant le Plan Sénégal émergent que l'Agenda 2030 des Objectifs de développement durable (Odd) donnent une place prépondérante à l'agriculture écologique qui vise à promouvoir des stratégies et des pratiques écologiquement rationnelles entre les divers acteurs de la production, de la transformation et de la commercialisation.

C'est ainsi que nous avons mis en place une politique d'institutionnalisation et d'intégration des pratiques agro-écologiques dans nos stratégies, programmes et projets de développement de l'agriculture. Nous assurons la promotion de la mise à l'échelle des bonnes pratiques agro-écologiques dans les systèmes de production, notamment à l'image des champs-écoles de producteurs et agropastoraux (Cep/Ceap).

Il est à noter aussi l'attention particulière accordée aux femmes et aux jeunes en vue de faciliter leur implication bénéfique dans les chaînes de valeur agricole. La conséquence de toutes ces mesures peut être observée dans les performances décrites plus haut et qui sont à saluer, car elles nous rapprochent d'un objectif crucial, à savoir la souveraineté alimentaire. Surtout dans le contexte actuel lié à la pandémie de la Covid-19 qui a fini de démontrer la vulnérabilité de nos économies importatrices de denrées alimentaires face à la perspective de fermeture des frontières et à la rupture des chaînes d'approvisionnement mondiales, qui montre à suffisance la pertinence des choix politiques actuels.

A ce propos, les résultats enregistrés durant cette campagne d'hivernage sont exceptionnels en termes de productions, et ce, pour toutes les spéculations. D'abord en raison d'une pluviométrie abondante, mais aussi et surtout, du fait de l'accompagnement et de la confiance de Son Excellence, le Président Macky Sall. En effet, il a très vite compris qu'il nous fallait davantage travailler à assurer notre souveraineté alimentaire en tenant compte des effets induits par la pandémie de Covid-19.

Ainsi, le budget de la campagne agricole 2020-2021 a été augmenté de 50%, passant de quarante (40) à soixante (60) milliards de francs Cfa. Dans le même temps, des unités motorisées d'une valeur de quatre (04) milliards de francs Cfa ont été gracieusement cédées aux producteurs.

Par ailleurs, pour pallier le déficit de main d'œuvre agricole induit par les mesures de restriction des déplacements de population adoptées pour freiner la propagation du coronavirus, une enveloppe de 1,2 milliards de francs Cfa a été consacrée à l'acquisition de moissonneuses batteuses à chenilles, de tentes bâchées etc.

Le Chef de l'Etat a également consenti aux producteurs horticoles, une enveloppe d'un (01) milliard de francs Cfa destinée à faciliter la commercialisation de stocks de légumes qu'ils n'arrivaient pas à écouler à cause de la fermeture des marchés.

La vision du Président de la République, son Excellence Macky Sall, est que l'agriculture sénégalaise doit jouer un rôle significatif dans l'atteinte de l'émergence à l'horizon 2035. Nous en avons le potentiel : la disponibilité de terres arables relativement abondantes ; une population très jeune, dont plus de la moitié a moins de 25 ans ; un climat favorable aux cultures de contre-saison, notamment fruits et légumes ; une position géographique avantageuse, à moins de 5 heures de l'Europe, permettant un accès propice aux marchés européens ; une solide expérience en matière de recherche à travers l'Isra qui est l'un des plus grands centres de recherche agricole de la sous-région.

Cependant, ce potentiel n'est pas encore pleinement exploité. En effet, bien qu'employant environ 77% de la population active représentant plus de 60% de la population totale, l'agriculture ne participe que pour environ 15% dans la formation du Pib. Aussi, pour la période 2021-2023, nous nous attelons à la finalisation d'un nouveau programme agricole adossé au Pap2a. D'un coût estimé à plus de 1 000 milliards de FCFA, il repose sur quatre grands piliers : l'amélioration et la sécurisation de la base productive ; l'accroissement durable de la productivité et de la production agricole ; le renforcement du dispositif des services agricoles en matière d'appui à la production ; l'amélioration de la gouvernance du secteur agricole.

Cette nouvelle stratégie sera construite autour du Programme d'autosuffisance en riz, du Programme de développement des céréales autres que le riz et du Programme de développement de l'horticulture. Il est destiné à intensifier les actions menées jusque-là, notamment dans les domaines de l'aménagement des terres cultivables, de l'accès aux intrants agricoles, de la construction d'infrastructures pour la production, le stockage, la conservation et la transformation, ainsi que de la mécanisation et de la modernisation du secteur agricole.

Nous mettrons davantage l'accent sur l'usage des nouvelles technologies appliquées au secteur agricole afin d'améliorer les rendements, de faire des économies substantielles en énergie et dans la distribution efficiente et l'utilisation d'intrants agricoles.

Toutes ces actions permettront d'améliorer la productivité, la production et l'attraction des jeunes vers ce secteur dont le potentiel de création d'emplois est amplement démontré. Nous intensifierons nos partenariats avec le secteur privé national et international afin que davantage d'investissements soient réalisés, ainsi qu'avec les institutions de financement pour trouver des solutions appropriées à la question récurrente de l'accès des jeunes et des femmes à un financement adapté sur les différents maillons des chaines de valeur agricoles.

Pour conclure, je voudrais lancer un appel à nos partenaires techniques et financiers, au secteur privé national ainsi qu'aux acteurs du monde rural et aux jeunes diplômés afin qu'ils saisissent les innombrables opportunités qu'offre l'agriculture sénégalaise dont les efforts de modernisation entrepris par le Gouvernement ouvrent des pistes nouvelles permettant une meilleure rentabilité des investissements et une insertion accrue.

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