Niger: Le pays endeuillé par une attaque jihadiste

Les gens marchent sur une route dans la région de Tillaberi, dans l’ouest du Niger.

Cent personnes ont été tuées le samedi 2 janvier dans deux villages de l'ouest du pays, juste après l'annonce des résultats provisoires globaux des élections législatives et présidentielle du 27 décembre dernier.

Le Premier ministre Brigi Rafini s'est rendu le dimanche (03.1) sur les lieux des attaques. Sur les antennes de l'Office de Radiodiffusion et Télévision du Niger, il a déploré "un bilan désastreux", "une situation horrible", en parlant de "70" morts à Tchoma Bangou et "une trentaine" à Zaroumadareye.

Brigi Rafini a également confirmé le bilan de 100 morts au total donné précédemment par Almou Hassane, le maire de Tondikiwindi, commune qui administre les deux villages, situés dans le département de Ouallam, faisant état de "25 blessés".

La double attaque, qui n'a pas été revendiquée, a été perpétrée "par des terroristes venus à bord d'une centaine de motos". "Pour attaquer les deux villages (distants de 7 kilomètres), les assaillants "se sont divisés en deux colonnes : pendant que l'une attaquait Zaroumadareye, l'autre a attaqué Tchoma Bangou", a expliqué le maire.

Accompagné des ministres de l'Intérieur, Alkache Alhada, de la Défense Issoufou Katambé, et du gouverneur de Tillabéri Tidjani Ibrahim Katiella, le Premier ministre a promis "des enquêtes pour que ces crimes ne soient pas laissés impunis".

Il a aussi affirmé que "le gouvernement prendra très bientôt des mesures pour que les populations de ces villages soient sécurisées dans les meilleures conditions".

Selon la télévision, les autorités ont ainsi promis l'installation "d'une compagnie militaire" dans le cadre de l'opération anti-jihadiste nigérienne "Almahaou" (tourbillon en langue locale) "pour sécuriser tous les villages menacés" dans la zone.

Les deux villages sont situés à environ 120 kilomètres au nord de la capitale Niamey, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso. Cette région dite "des trois frontières" est régulièrement visée depuis des années par des attaques meurtrières de groupes jihadistes.

Condamnation

Cette attaque pose une fois de plus le problème sécuritaire et les capacités de l'état à garantir la sécurité de son peuple et ses biens alors que le Niger viens d'ouvrir une nouvelle page de son histoire politique avec l'alternance au pouvoir. Un sujet qui va s'inviter pendant la campagne électorale en vue du 2ème tour de l'élection présidentielle du 21 février qui opposera Mohamed Bazoum, (le candidat du Parti Nigerien pour la Democratie et le Socialisme-PNDS-Tarayya et dauphin du président Issoufou Mahamadou) à l'ancien président Mahamane Ousmane.

Dans un message livré dimanche soir, Mohamed Bazoum a appelé à l'unité nigériens pour combattre le terrorisme.

Selon lui, les groupes terroristes constituent une menace grave pour la cohésion au sein de nos communautés et un danger à aucun autre comparable. Raison supplémentaire pour nous unir, nous rassembler afin de faire échec à leur projet funeste de discorde et de régression.

Solutions concrètes

La question de sécurité est une priorité qui figure en bonne place dans les projets de société de tous les candidats à la présidentielle. Mohamed Bazoum et Mahamane Ousmane doivent proposer des solutions pour convaincre les électeurs.

Qu'il s'agisse de Mahamane Ousmane ou de Mohamed Bazoum, tous, ils ont à l'esprit que ce sont des menaces et ils savent que ce sont des menaces réelles. Moi je crois que la recette n'est pas compliquée. Il faut revoir la gouvernance sécuritaire. La gouvernance sécuritaire au Niger aujourd'hui a besoin d'être refondé pour pouvoir l'adapter avec le nouveau contexte sécuritaire qui est le nôtre, explique Lamine Souleymane, journaliste, spécialiste des questions politiques et sécuritaires.

Conseil national de sécurité exceptionnel

Le président Mahamadou Issoufou a annoncé la tenue d'un Conseil national de sécurité exceptionnel ce lundi (04.1). Dans un tweet, il a fait part dimanche de ses "condoléances les plus émues aux populations de Tchombangou et Zaroumdareye, suite à l'attaque lâche et barbare de leurs villages".

Sept soldats avaient été tués le 21 décembre dans l'ouest, où sévit régulièrement l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Et 34 personnes avaient été massacrées le 12 décembre dans le village de Toumour dans le sud-est. L'attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Boko Haram.

Le Niger a organisé en décembre une série d'élections, d'abord municipales et régionales le 13 décembre, puis présidentielle et législatives couplées le 27 décembre. Le second tour de la présidentielle doit se dérouler le 20 février.

La région de Tillabéri est placée sous état d'urgence depuis 2017. Pour lutter contre les jihadistes, les autorités ont interdit depuis un an la circulation à moto nuit et jour et ordonné la fermeture de certains marchés soupçonnés d'alimenter "les terroristes".

Plus de: DW

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