Congo-Kinshasa: L'ex-chef de guerre Roger Lumbala arrêté à Paris et mis en examen

Opposition politician, Roger Lumbala (file photo).

Le parquet antiterroriste français a confirmé ce lundi 4 janvier que l'ancien chef de guerre Roger Lumbala, à la tête du RCD-N, a été arrêté la semaine dernière à Paris et mis en examen samedi pour des crimes documentés par le rapport Mapping de l'ONU qui recense les crimes les plus graves commis en RDC entre 1993 et 2003.

Roger Lumbala a été mis en détention provisoire pour avoir participé, « en qualité de dirigeant » du Rassemblement congolais pour la Démocratie-Nationale (RCD-N) à l'opération « Effacer le tableau » qui visait des populations civiles en Ituri entre juillet 2002 et janvier 2003. « Il s'agit là d'une première mise en examen prononcée dans le cadre d'une procédure judiciaire ouverte sur la base du rapport Mapping », précise le communiqué du parquet antiterroriste français.

Cannibalisme, viols et mutilations

Ce rapport pointe notamment qu'entre le 12 et le 29 octobre 2002, des éléments du RCD-N de Roger Lumbala et du MLC de Jean-Pierre Bemba ont tué au moins 173 civils nande et pygmées à Mambasa et dans les villages situés le long de l'axe Mambasa-Beni.

Ces combattants se seraient livrés à des actes de cannibalisme, auraient mutilé un nombre indéterminé de civils, violé un grand nombre de femmes et d'enfants et commis des pillages généralisés. « Des victimes tuées sur la seule base de leur appartenance ethnique et accusés de soutenir un mouvement rival, le RCD-K-ML », précisait encore l'ONU.

Dans une récente interview accordée à RFI sur l'impunité entourant les crimes cités dans le rapport Mapping, Roger Lumbala avait estimé que tous ces crimes avaient déjà été effacés au Congo par la loi d'amnistie de 2014. Et que cela avait permis une cohabitation pacifique et la réconciliation nationale.

Le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme a salué cette décision. Il estime qu'il s'agit d'un signe encourageant dans le cadre de la lutte contre l'impunité et dit espérer que « d'autres actions contre d'autres auteurs présumés congolais ou étrangers vont suivre ».

Plus de: RFI

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