Sénégal: [Rétrospectives] Faits divers - Saisie record de faux billets, et dossiers médiatisés en justice

4 Janvier 2021

L'année 2020 a enregistré des saisies records de faux billets de banque et de billets noirs principalement dans les secteurs de Mbour, Mbao, Gibraltar, Golf-Sud, où des montants faramineux de 2,5 milliards d'euros et de 1,153 milliard de FCfa ont été saisis. Le secteur de la justice n'a pas été épargné par la pandémie du Coronavirus. Pour autant, il a fonctionné et s'est même offert le luxe d'accueillir certaines personnalités ou célébrités à qui 2020 a ouvert les portes de la prison.

La pandémie de Covid-19 n'a pas freiné l'ardeur des faux monnayeurs. En pleine crise sanitaire, la brigade de recherches de Faidherbe a saisi, le 13 mai 2020, vers 19 h, 2,5 milliards d'euros en faux billets de banque à la Zac de Mbao après une longue filature. Une bande de six personnes qui s'activait dans le faux monnayage a été mise hors d'état de nuire. En dehors du matériel servant à la fabrication des faux billets, les enquêteurs ont saisi des coupures de trois paquets de 50 millions d'euros, un deuxième d'un milliard d'euros et un troisième de 900 millions d'euros.

Le groupe s'approvisionnait en billets frauduleux à partir d'un pays de la sous-région. Un fois à Dakar, les suspects, qui avaient leur quartier général à la Zac de Mbao, se débrouillaient pour trouver des clients. Dans cette affaire, la presse avait fait état de l'implication de deux anciens ministres sous Abdoulaye Wade. Le commandant de la Brigade de Faidherbe a soutenu, sur Radio Sénégal, qu'aucune ancienne personnalité n'a été interpellée ou inquiétée dans ce dossier. Au terme de l'enquête, les six mis en cause ont été présentés au procureur pour faux monnayage, falsification d'une monnaie étrangère ayant cours au Sénégal et blanchiment de capitaux.

153 millions de FCfa à Mbour

Dans la nuit du 17 au 18 août, la gendarmerie de Mbour démantèle un réseau et met la main sur 153 millions de FCfa en fausses coupures de 10.000 FCfa. Trois suspects, deux Sénégalais et un Guinéen, W. Ndiaye, âgé de 37 ans, M. I. Dia, 42 ans et D.L. Niakhama, 46 ans, sont interpellés vers 2 h du matin suite à une information faisant état d'une importante transaction entre des faussaires et leur client dans le quartier Saly-Joseph. Du matériel et des produits de lavage ont été saisis. Les gendarmes sont passés par un acheteur pour appâter les faussaires qui avaient loué un appartement à Saly.

La Su intercepte 10 millions de FCfa

La Sûreté urbaine (Su) n'a pas été en reste dans la lutte contre le faux monnayage. Le 23 juillet 2020, les hommes du commissaire Bara Sankara ont passé les menottes à A.A. Guèye, P. Mbengue et D. Ndao, respectivement commerçants et boucher, domiciliés à la cité Alioune Sow de Golf Sud. Les enquêteurs se sont faits passer pour des acheteurs et ont donné rendez-vous aux suspects à Pikine. Dans le véhicule qui conduisait les présumés faussaires au lieu de rencontre, les policiers ont découvert un million de FCfa en faux billets. Tenant un filon, ils ont poursuivi leurs investigations et saisi trois millions de FCfa en faux billets dans une autre voiture. Guèye, Mbengue et Ndao auraient avoué aux enquêteurs qu'ils se sont adonnés à cette activité illicite pendant des années, pour subvenir à leurs besoins. L'appartement qu'ils avaient pris en location leur servait de laboratoire. Lors de la perquisition à Golf Sud, ont été saisis six millions de FCfa en coupures de 10.000, 5.000 et 2.000 FCfa ainsi que 260 feuilles blanches aux dimensions de billets de banque sur lesquelles étaient scannés de faux billets. En dehors des 10 millions de FCfa en faux billets, les policiers ont mis la main sur deux véhicules qui seraient acquis avec la vente de faux billets.

Un milliard de FCfa en billets noirs, 7 suspects dont une femme

Dans la matinée du 28 novembre 2020, le commissariat de la Médina, mis au parfum d'une grosse livraison de faux billets, a organisé une planque. C'est ainsi que les policiers ont interpellé six individus à Gibraltar. Ils détenaient un sac contenant quatre paquets de liasses noires estimés à un milliard de FCfa en billets noirs, qu'ils voulaient échanger en coupures de 50, 100 et 200 euros. Sur eux, il a également été trouvé une bouteille d'un liquide qui semblait être du mercure.

À l'exception du chauffeur M. Diop, qui a soutenu que F. Seck a loué son véhicule pour la journée sans l'informer du motif de son déplacement, ils ont tous reconnu les faits. M.M. Ndiaye, S.S. Mbacké et I. Niakhaté, domiciliés à Touba, ont également déclaré avoir été contactés par F. Seck pour le lavage de billets noirs. Ensemble, tous les quatre, avec le chauffeur, ont quitté Touba et se sont arrêtés à la Zac de Mbao pour prendre M. Touré qui détenait le sac. De Mbao, ils se sont rendus à Gibraltar pour rencontrer Ma. Diop qui devait les conduire chez le laveur à Ouakam mais ils ont été arrêtés avant d'atteindre cette destination.

La dame F.Seck, présentée comme le cerveau de la bande, a soutenu qu'elle a été contactée par M.M. Mbacké, basé à Dubaï, qui lui a proposé le marché de lavage. Il l'a aussi mis en rapport avec Ma. Diop qui s'est chargé de contacter M. Touré. Ce dernier a déclaré avoir ramassé les billets noirs dans les rails de Zac-Mbao, lors de la période de couvre-feu. Chez I.Niakhaté qui a procédé aux tests de lavage, il a été trouvé, sous son lit, 364 billets noirs, en plus de 1500 billets qui étaient dans le sac noir.

Le 7ème mis en cause, Ma. Diop, a été arrêté aux Maristes où F. Seck lui avait donné rendez-vous, sur instruction des enquêteurs.

JUSTICE Ces dossiers qui ont marqué 2020

Contraint déjà au chômage technique avec les mesures restrictives à cause de la pandémie de Covid-19, Djidiack Diouf a eu une double peine en 2020. Le 12 février, le manager de la chanteuse Viviane Chidid a été écroué avec six autres personnes dans une affaire de trafic de visa. Le magistrat instructeur a retenu, contre eux, les chefs d'association de malfaiteurs, d'escroquerie, de blanchiment de capitaux, de trafic de migrants et de faux. Cependant, au bout de six mois, plus précisément le 12 août, la chambre d'accusation a mis fin à l'incarcération de l'acteur culturel.

Mamadou Diop de l'Iseg perdu par la grossesse de la jeune Dieynaba Baldé

Pendant que Djidiack Diouf était en train de croupir en prison, une autre personnalité l'avait rejoint. Il s'agit plus précisément du président directeur général de l'Institut supérieur d'entrepreneurship et de gestion (Iseg). Mamadou Diop s'est vu ouvrir les portes de la prison, le 12 mars 2020, après son inculpation pour pédophilie, détournement de mineur et corruption de mineur. Il est accusé d'avoir engrossé la jeune chanteuse Dieynaba Baldé dite Dieyna. Toutefois, après la naissance de son bébé, la jeune maman a fini par se désister. Et au bout de quatre mois, le 28 juillet exactement, Diop Iseg est libéré par la Cour d'appel de Dakar. L'instruction se poursuit.

Affaire Hiba Thiam

L'année 2020 a fait goûter la prison à beaucoup de jeunes pour avoir violé le couvre-feu. Mais, l'une des arrestations qui a le plus marqué l'opinion, c'est celle d'un groupe de fils de Vip. Dans la nuit du 3 au 4 avril, ces fils à papa ont organisé une soirée dans un appartement privé qui a viré au drame, avec la mort de la jeune Hiba Thiam, décédée par overdose. Ainsi, la justice s'est saisie de l'affaire. Le 9 avril, le juge Mamadou Seck a placé sous contrôle judiciaire Louty Bâ et Amadou Niane. En revanche, le reste notamment, Dame Amar, Diadia Tall, à qui on reproche d'avoir caché le sieur Amar, Djibril Ndiogou Bassel dit Nekh, Fatima Régal dite « Poupette », Alia Akim et le policier qui a escorté deux participants à la fête, dont la défunte comme des personnalités, ont été placés sous mandat de dépôt. Leurs nombreuses demandes de liberté provisoire ont été rejetées par le juge d'instruction. Leur dernière demande a été faite le 23 décembre, devant la troisième chambre correctionnelle de Dakar. Le juge l'a rejetée et a renvoyé le procès au 13 janvier prochain.

Six mois au frais pour Rangou

Bien qu'ayant quitté les plateaux, Fatoumata Barry, plus connue sous le nom de Rangou, est restée célèbre par la magie des réseaux sociaux avec des publications aguichantes. Malheureusement, ses publications l'ont conduite en prison le 5 juin. En fait, Rangou a été arrêtée le 27 mai dernier, alors qu'elle avait annoncé, sur les réseaux sociaux, l'organisation d'un «Yendou party» qui, selon les enquêteurs, est plutôt une rencontre où les participants se livrent à des parties de plaisir moyennant de l'argent. L'ex-animatrice et une de ses copines ont été placées sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, proxénétisme, diffusion d'images contraires aux bonnes mœurs, défaut de carnet sanitaire et violation de l'état d'urgence. En revanche, le reste de la bande composée de 15 personnes, dont six femmes et neuf hommes, est sorti libre du bureau du juge. Car, après leur inculpation pour association de malfaiteurs et violation de l'état d'urgence, le magistrat instructeur les a placés sous contrôle judiciaire. Après le rejet de ses demandes de liberté provisoire, Rangou est en liberté provisoire depuis le 1er décembre dernier.

Thione Seck perd son procès en appel

Quelques jours après l'inculpation de Rangou, c'est le chanteur Thione Seck qui voit le glaive de la justice s'abattre sur lui. Relaxés en première instance pour vice de procédure, Thione Seck et Alaye Djité sont reconnus coupables par la Cour d'appel de Dakar, dans l'affaire de faux monnayage. Dans sa décision rendue le lundi 22 juin, le juge d'appel les a relaxés des délits de blanchiment de capitaux et de tentative d'escroquerie. Les prévenus sont déclarés coupables d'association de malfaiteurs et de tentative de mise en circulation, de détention et de réception de signes monétaires falsifiés. Pour la répression, le leader du Raam Daan a écopé de trois ans dont huit mois ferme.

Moustapha Cissé Lô condamné pour diffamation

Dans le milieu politique, la condamnation de Moustapha Cissé Lô a été un fait marquant. Jugé par défaut, le député de l'Alliance pour la République est condamné le 27 octobre 2020 à six mois assortis du sursis et à une amende de 200.000 FCfa, pour diffamation au préjudice de Aymérou Gningue et de son épouse. Il a promis de faire appel.

Le bout du tunnel pour Luc Nicolaï et des membres de la bande à Alex

Si le mois de décembre 2019 lui a ouvert à nouveau les portes de la prison, en août 2020, Luc Nicolaï retrouve les siens alors que la Cour d'appel de Saint-Louis l'avait condamné à cinq ans dont quatre ans ferme pour association de malfaiteurs, détention de drogue et complicité de tentative d'extorsion de fonds. Le promoteur a bénéficié d'une grâce présidentielle. Il fait partie des 674 personnes à qui le président Macky Sall a accordé son pardon à l'occasion de la fête de Tabaski. D'ailleurs, il n'était pas le seul car deux prisonniers non moins connus, Pape Ndiaye et Nfally Sané, deux détenus qui restaient de la bande à Alassane Sy dit Alex et feu Alioune Abatalib Samb dit Ino. Une bande qui a fait parler d'elle dans les années 90 à cause de multiples casses perpétrées à Dakar et à l'intérieur du pays. Ainsi, le duo a recouvré la liberté après une vingtaine d'années passées en prison.

Boughazelli en liberté provisoire et Cheikh Oumar Anne réhabilité

2020 a souri également à Seydina Fall dit Boughazelli. Placé sous mandat de dépôt le 22 novembre 2019 pour faux monnayage, l'ex-député est libéré pour « raisons médicales », le 3 juin dernier.

L'ex-directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), Cheikh Oumar Anne, a certainement souri le 27 octobre dernier en gagnant son très médiatisé procès contre le journaliste Pape Alé Niang, le chroniqueur Mody Niang et l'ancienne présidente de l'Ofnac, Nafy Ngom. Car, la troisième chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar qui s'est déclaré incompétente à l'égard de l'ex-présidente de l'Ofnac, avait condamné les deux premiers à trois mois assortis du sursis et une amende de 200.000 FCfa pour diffamation. Ce, en sus des dommages et intérêts de 10 millions de FCfa de dommages et intérêts. L'actuel ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation s'était estimé diffamé à travers le livre de Pape Alé Niang intitulé «Scandale au cœur de la République : le dossier du Coud».

45 éléments de Serigne Modou Kara envoyés en prison

Si à Thiès, la fin de l'année 2020 est marquée par la mort de l'octogénaire belge, tuée par son mari sénégalais, à Dakar, l'affaire des centres de redressement et des gadgets pour enfants contenant de la boisson alcoolisée a bien marqué les esprits. En effet, le 7 décembre, 45 «gestionnaires» et «éducateurs» des centres de redressement dénommés «Kara sécurité», ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt par le juge du huitième cabinet d'instruction pour, entre autres, les chefs d'association de malfaiteurs, traite de personnes, détention d'arme, séquestration et violences.

Une 46ème personne, en l'occurrence, B. Diao, fils d'une personnalité, a été placée sous contrôle judiciaire après son inculpation pour recel de malfaiteurs. Les inculpés ont été appréhendés par la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie de Colobane qui a interpellé 43 personnes dans des centres de redressement à Ouakam, Malika, à la Zone B et à Guédiawaye. Les pandores menaient une enquête sur un vol de scooters et sont tombés sur les centres où, selon le colonel Pape Diouf, chef de la chaîne emploi et opération de l'État-major du Haut commandement de la gendarmerie nationale, 213 personnes âgées entre 17 et 42 ans ont été trouvées.

Elles souffraient visiblement de malnutrition et plusieurs d'entre elles étaient blessées. Alors que le débat sur cette affaire commençait à se tasser, l'opinion a été émue par la commercialisation de jouets contenant de la boisson alcoolisée. Les importateurs de ce produit risquent un an ferme pour mise en danger de la vie d'autrui et tromperie sur la marchandise. Le verdict est attendu demain.

A La Une: Sénégal

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.