Congo-Kinshasa: FCC - La bataille perdue

5 Janvier 2021

L'année 2020 qui s'achève a été de tous les enjeux pour le Front Commun pour le Congo (FCC), méga-regroupement des partis politiques agissant sous l'autorité de l'ancien Chef de l'Etat Joseph Kabila. En préliminaire, le FCC avait un plan qu'il tenait à tout prix à réaliser. Celui d'obtenir la destitution du Président de la République élu Félix Antoine Tshisekedi. Tout était mis en place pour parvenir à cette fin. Et l'élément choisi pour réaliser le coup ou qui devait jouer le rôle de «joker» n'était autre que la présidente déchue de la chambre basse du Parlement, Jeanine Mabunda. Par moment, elle devait être relayée par son collègue de la chambre haute.

Acte I : contestation de l'Ordonnance décrétant l'état d'urgence

Deux semaines après la déclaration officielle de l'apparition de Covid-19 en République Démocratique du Congo, le Chef de l'Etat a pris l'Ordonnance pour décréter l'état d'urgence sanitaire afin de renforcer les mesures barrières visant à combattre et stopper la propagation de la maladie sur le territoire national.

Au lieu de saluer cette décision présidentielle prise à temps en vue de mieux mener le combat contre la pandémie, quelle n'a pas été la surprise de voir le FCC par le biais de ses «lieutenants «, ceux-là même censés protéger la santé de la population dont ils ne cessent de parler en son nom, s'activer pour s'opposer à l'ordonnance présidentielle. Le credeau était que l'ordonnance présidentielle décrétant l'état d'urgence violait la Constitution. Des médias dont certains instrumentalisés étaient mis à contribution pour faire accréditer dans l'opinion la thèse de la violation de la Constitution par le Chef de l'Etat.

Passé à son tour au média où le président du Sénat était passé pour soutenir la thèse de violation de la Constitution pour donner un autre son de cloche, le président a.i de l'Udps et 1er vice-président de l'Assemblée nationale Jean Marc Kabund s'était attiré tous les projecteurs des sociétaires de Joseph. Considéré comme bête noire qu'il fallait à tout prix abattre, J.M Kabund sera évincé de son poste de vice-président de la chambre basse de la manière que personne n'ignore.

Acte II : le coup fourré de VPM à la Justice

Instrumentalisé par sa famille politique le FCC, le vice-Premier ministre et ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende s'arrogera des pouvoirs qu'on ne lui reconnaît pas par la loi et textes réglementaires dans le seul but d'aider à la réalisation du coup. Il était à la manœuvre pour faire passer contre la volonté populaire, des lois Sakata-Minaku visant à ôter le pouvoir judiciaire de son indépendance afin de le soumettre aux ordres du pouvoir législatif. On rappelle en passant que lesdites lois avaient provoqué des marches de protestation à travers plusieurs villes du pays dont la capitale Kinshasa.

La présidente de l'Assemblée nationale se permettra de violer expressément les lois de la République, parce qu'il fallait à tout prix répondre aux ordres de sa famille politique, en écrivant à un ministre tout en sachant qu'un chef de corps qu'elle était ne pouvait en aucun cas correspondre avec un membre du gouvernement.

Le complot sera dévoilé au cours d'un conseil des ministres. C'est le début de l'épisode qui conduira à la démission du ministre FCC de la justice, après une résistance infertile lui dictée par sa famille politique.

On ne peut passer sous silence durant cette même période, un autre coup monté par le FCC qui avait le forcing misant sur sa majorité parlementaire comme mode de règlement des comptes politiques. Il s'agit de la désignation cavalière et en toute confusion de Ronsard Malonda pour succéder à Corneille Nangaa à la tête de la commission électorale. Des marches de protestation avaient également eu lieu à travers le pays pour dénoncer cette imposture du FCC.

Acte III : boycott de la cérémonie de prestation de serment des juges

Affichant sa détermination à destituer coûte que coûte Félix Antoine Tshisekedi afin de reprendre le pouvoir, le FCC s'était mis dans la logique de s'opposer diamétralement à tout acte de décision que le Chef de l'Etat devait prendre dans l'exercice de ses fonctions.

Encore une fois, il donnera un mot d'ordre de boycott de la cérémonie de prestation de serment de trois nouveaux juges de la Cour constitutionnelle à ses représentants placés à la tête des chambres parlementaires, après s'être lancé vainement dans la campagne de dénonciation des ordonnances présidentielles relatives à leur nomination.

Après cet énième échec, on assistera à un tournant dans la conduite des affaires de l'Etat. Deux jours après la prestation de serment intervenue le mercredi 21 octobre 2020, le Président s'adressera à la Nation pour annoncer sa volonté de mener des consultations de toutes les couches de la population.

C'est la naissance de l'Union sacrée de la Nation, et la mort politique programmée du FCC.

Acte VI : le bureau

Mabunda est tombé

Après avoir étouffé la première pétition menée par l'élu de Matadi Albert Fabrice Puela, la présidente déchue de l'Assemblée nationale n'a pas pu échapper à la deuxième vague des pétitions érigées contre tous les membres de son bureau, malgré les stratégies montées pour se sauver. Jeanine Mabunda intimera l'ordre à tous les cabinets de sécher et aux agents du service courrier de l'Assemblée nationale de ne pas se présenter au Palais du peuple. Raison : éviter de recevoir les pétitions. Et il fallait s'appuyer sur la justice pour déposer les documents comme l'exige la procédure en la matière.

Dernière tentative toujours vouée à l'échec. Jeanine Mabunda et l'ensemble des membres de son bureau vont tous tomber lors du vote de défiance après avoir présenté leurs moyens de défense au cours de la plénière du jeudi 10 décembre 2020, laquelle restera historique dans les annales parlementaires congolaises. Dom

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