Cameroun: ARTs visuels - le rêve d'Yvon Ngassam

Le plasticien camerounais sollicité par de prestigieux festivals, biennales et galeries dans le monde, propose en ce moment l'installation « I Have A Dream ».

Yvon Ngassam est un artiste explorateur. Sa vision du monde, qu'il immobilise en général grâce à l'objectif de son appareil photo, trouve un nouveau couloir, ou plutôt, un nouvel accomplissement. Dans « I Have A Dream », son installation à découvrir au Centre international pour le patrimoine culturel et artistique (CIPCA) à Yaoundé jusqu'au 30 janvier prochain, Yvon Ngassam rentre dans les têtes et s'infiltre sous les casques des moto-taximen béninois appelés « zemidjans » de ce côté-là. Cette inspiration soufflée par les masques servant à l'exécution de rites traditionnels en Afrique de l'Ouest, se décline en sculpture, photographie et vidéo. Elle permet à l'artiste d'effectuer un tour sur lui-même et sur les autres, ceci dans le but de retrouver la face cachée des aspirations que ces travailleurs à deux-roues continuent de nourrir, se battent à atteindre ou abandonnent, écrasés par les contraintes de la vie.

Yvon Ngassam analyse la capacité de résilience que peut engendrer le rêve. Cette force qu'il augure peut soulever des montagnes. Et si par cette installation, dont l'intitulé fait échos à la célèbre déclaration de Martin Luther King, le plasticien camerounais sollicité à travers festivals, biennales et galeries nationaux et internationaux, tentait de contrer l'utopie ? Ou particulièrement ceux qui scellent les vœux de ces « petits », de ces « impuissants » avec un cadenas, geôlier de toutes les ambitions. L'œuvre d'Yvon Ngassam prend ses origines dans le secteur audiovisuel, ses premiers amours, développés à la fac, mais surtout en dehors de l'Université de Ngaoundéré. La vidéo est son trait d'union avec l'art en général, avec la musique et le cinéma en particulier. C'est dans ce dernier domaine, celui du 7e art, qu'il découvre la photographie.

Une histoire fusionnelle entre l'image et l'artiste de 37 ans naît. Elle le mènera dans les plus grands rassemblements d'arts plastiques du continent, notamment les biennales du Dak'art au Sénégal, de Bamako au Mali et de Casablanca au Maroc. Des rencontres, encore et encore, et au final, un capital mémoire en constante croissance. L'artiste semble avoir un faible pour les collectifs. Avec des artistes africains et d'ailleurs, il se plaît à croiser les cultures, les confronter, les élargir. Au sein de ces groupes, il laisse libre sensation à son penchant militant, quand il parle de religion ou d'injustices sociales. Yvon Ngassam fait dans le visuel, fige l'instant, mais sa touche réside dans cette invite à chercher au-delà du perceptible. Le premier regard n'est jamais l'ultime, il a le don de le tirer plus loin que la pensée commune. Un peu comme dans « I Have A Dream », où des moto-taximen se transforment en... véhicules des rêves.

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