Afrique de l'Ouest: Sahel / Mines antipersonnel - Le nombre de victimes reste élevé, selon un rapport

Le nouveau rapport de l'Observatoire des mines fait état d'un nombre de victimes de mines antipersonnel toujours excessif, plus de 5 500 morts dans le monde en 2019, dont 345 au Mali.

En 2019, le nombre de cas de mines antipersonnel était de 5500, dont 2900, en raison d'engins improvisés, relève le document. Du niveau annuel le plus bas noté, il y a sept ans, les personnes tuées ou blessées ont régulièrement augmenté, avant de reculer à nouveau déjà en 2018. Malgré cette nouvelle baisse, le niveau reste « très élevé », souligne ce même rapport. Les civils constituent 80% et les enfants représentent près de la moitié de toutes les victimes civiles (43%).

Pour le rédacteur de la section « Impact », Loren Persi, « Il est épouvantable que près de la moitié des victimes soient des enfants. Nous devons agir maintenant pour inverser cette tendance, sauver des vies et faire face aux traumatismes, aux souffrances en fournissant une assistance indispensable ». Les mines et engins improvisés ont tué ou blessé, l'année dernière, dans une cinquantaine de pays et territoires. Les cinq Etats qui ont déploré le plus de victimes de mines et engins improvisés en 2019, sont l'Afghanistan (1538 morts), le Mali (345), l'Ukraine (324), le Yémen (248) et le Nigeria (239).

Les IED au Mali

S'agissant de la situation dans le Sahel central, le rapport montre que le Mali a la particularité de connaître une dissémination d'engins explosifs improvisés (IED) sur ses routes. Des engins qui visent essentiellement la destruction de véhicules ou de charrettes. « Le Mali a confirmé une contamination par les mines anti-véhicules, depuis 2017. Il a subi une augmentation significative des incidents causés par des IED, y compris des mines improvisées, dans le centre du pays », explique-t-il.

En 2019, seuls des véhicules ont été impliqués dans des incidents liés aux mines au Mali et aucune victime n'est survenue, alors que les individus étaient à pied. Ce fut également le cas au Burkina Faso. « Ces mines improvisées qui ont fait des victimes au Mali et au Burkina Faso auraient agi de facto comme des [mines anti-véhicules] », souligne le document.

Par ailleurs, au Burkina Faso, l'utilisation d'IED, par des groupes armés, non étatiques est signalée depuis 2016. Les mines anti-véhicules improvisées actionnées par pression sont de plus en plus utilisées depuis 2018. En 2019, 21 civils sont morts et 14 ont été blessés par ces engins.

Des actes de groupes armés au Sahel central et au Nigeria

En Afrique de l'ouest, le Nigéria est une source de préoccupation. Des incidents impliquant des victimes civiles et militaires ont été signalés, à la suite de la pose de mines terrestres et d'une série d'autres engins explosifs produits localement par Boko Haram dans le nord-est du pays. Plus largement, des allégations faisant état de l'arrivée de nouvelles mines antipersonnel aux mains des groupes armés non étatiques qui combattent au Nigéria, au Mali, au Niger et au Burkina Faso, n'ont pu être « confirmées ». D'autres allégations non confirmées sont relatives à des groupes armés non étatiques au Cameroun, au Tchad, en Égypte, en Somalie, en Tunisie, mais aussi en Syrie, aux Philippines, en Turquie, et au Yémen, précise l'Observatoire des mines.

Et si de vastes régions en ont été débarrassées, grâce aux opérations de dépollution financées par la communauté internationale, notamment en Afghanistan, au Cambodge ou en Iraq, ces armes restent largement disséminées.

Au total, une trentaine d'Etats restent contaminés. Pasmi eux, seuls six semblent être libérés de mines antipersonnel dans les délais prévus d'ici à 2025. « Autre problème, la pandémie a rendu difficile l'accès des rescapés et des personnes handicapées aux prestations liées à leur assistance », a indiqué le rapport.

Plus de 123 000 mines antipersonnel ont été détruites, un chiffre en augmentation depuis 2018. Plus de 269 000 qui étaient stockées ont aussi été éliminées en 2019 par les Etats parties, portant le total à plus de 55 millions. Parallèlement, l'Observatoire des mines a listé 12 États comme producteurs de mines, car ils n'ont toujours pas renié la possibilité d'une production future : la Chine, la Corée du Nord, la Corée du Sud, Cuba, les États-Unis, l'Inde, le Myanmar, le Pakistan, la Russie, Singapour et le Vietnam.

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