Centrafrique: Le bras de fer avec les groupes rebelles continue

Une file d'attente devant un bureau de vote de Bangui, le 27 décembre 2020.

La réélection de Faustin Archange Touadéra pose aussi la question du rapport de force entre les autorités centrafricaines, soutenues par les forces étrangères (notamment la Minusca), et les groupes rebelles...

Alors qu'ils contrôlent déjà deux tiers du pays, les groupes armés avait juré de "prendre le contrôle de tout le territoire".

Pour l'analyste camerounais Joseph Owona Ntsama, tout peut arriver en RCA.

"Depuis 1959, la RCA n'est jamais définitivement sortie des conflits soci-politiques qui la minent.

Tel que cela se passe, personne ne peut jurer de rien, il est à craindre une escalade de la violence. La RCA nous a habitués à cela et c'est extrêmement regrettable. Parce qu'il faudrait à un moment que la paix revienne et que les Centrafricains commencent à reconstruire leur pays et à y vivre" explique t-il.

Pour l'heure, s'ils sont parvenus à empêcher la tenue du scrutin dans une grande partie du pays, les groupes armés ont attaqué et pris - le plus souvent brièvement - des villes dans les territoires qu'ils occupent, principalement à plusieurs centaines de kilomètres de Bangui.

Protéger Bangui

Selon la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) et les autorités, les rebelles se sont heurtés au déploiement de l'armée mais surtout des Casques bleus et de renforts venus de l'extérieur - principalement des paramilitaires russes et des soldats d'élite rwandais.

Des forces étrangères qui ont une mission bien précise selon Thierry Vircoulon de l'Observatoire de l'Afrique australe et centrale à l'IFRI, l'Institut français des relations internationales.

Il précise que "ces forces ne sont pas suffisament nombreuses donc leur fonction essentielle, en tout cas les mercenaires russes qui ont été envoyés, c'est d'éviter la prise de Bangui. En ce qui concerne la Minusca, avec 12.000 hommes, elle n'a fait pendant les cinqs dernières années que sécuriser des villes. Là ce qu'on a vu depuis une semaine c'est qu'un certain nombre de villes ont été perdues, ont été prises par les rebelles. Il y a une sorte de tradition en Centrafrique où le président s'enferme dans la capitale parce qu'il n'a justement que les moyens sécuritaires de protéger la capitale."

Depuis dimanche, une ville fait l'objet d'une attention particulière. Il s'agit de Bangassou, à 750 km à l'est de Bangui. Un groupe armé occupe et contrôle partiellement cette ville de près de 30.000 habitants.

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