Cote d'Ivoire: Tournons définitivement la page des violences

éditorial

L'année 2020 est morte, vive 2021 ! L'euphorie de la célébration de ce nouvel an est passée. Il a été accueilli, en Côte d'Ivoire comme partout ailleurs dans le monde, dans l'allégresse totale, comme un soulagement. Une envie d'exorciser les maux des douze derniers mois qui, il faut l'avouer, ont été pénibles pour l'humanité entière. En Côte d'Ivoire, l'année 2020 avait débuté sur des chapeaux de roue, avec une belle perspective de croissance pour maintenir la dynamique de développement dans laquelle le Président Alassane Ouattara et son gouvernement ont inscrit le pays, depuis bientôt une décennie.

La majorité des voyants étaient au vert, avec en ligne de mire, l'accélération de certains chantiers de développement comme, par exemple, le quatrième pont qui relie le Plateau à Yopougon, l'autoroute Yamoussoukro-Bouaké, les unités industrielles de transformation de nos matières premières, le programme social du gouvernement, l'amélioration de l'offre dans les structures sanitaires et éducatives, etc. Hélas ! 2020 fois hélas ! Ce bel élan de croissance a été stoppé net.

D'abord par la pandémie du Covid-19, dont le premier cas a été enregistré en Côte d'Ivoire en mars 2020 et, ensuite, le décès brusque et dramatique du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly qui était, justement, en première ligne de la lutte contre cette pandémie et candidat désigné de la majorité au pouvoir. Deux épreuves terribles qui ont contrarié, profondément, la bonne marche du pays.

S'y ajoutera, comme ultime supplice, une période électorale mouvementée, avec les violences que l'on a connues, suite aux mots d'ordre de désobéissance civile et de boycott actif lancés par des partis politiques de l'opposition en vue d'empêcher la tenue de l'élection présidentielle du 31 octobre 2020. Toutefois, la fin de l'année 2020 fut une note d'espoir. Car, l'élection a eu effectivement lieu à date, et surtout, le pays n'a pas connu l'apocalypse prédit et préparé par l'opposition.

Cela, grâce à la responsabilité et la maturité des Ivoiriens qui ont fait, dans leur écrasante majorité, le choix de la continuité avec le Président Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la Démocratie et la Paix. Par cet acte hautement républicain, ils ont refusé de céder aux chants de sirène de l'opposition, qui n'avait rien à leur proposer pour l'amélioration de leurs conditions de vie, en dehors de la chienlit. Aujourd'hui, le pays entre dans une nouvelle ère avec l'amorce d'un dialogue politique, insufflé par le dégel des relations OuattaraBédié, en novembre dernier.

Dans la suite logique de leur tête-àtête qui a donné un signal fort pour la décrispation du climat sociopolitique, le Premier ministre Hamed Bakayoko vient de conduire, avec brio, la phase 3 du dialogue politique inclusif entre le gouvernement, les partis politiques et des organisations de la société civile, relatif à la décrispation de la vie politique nationale.

La prochaine échéance, ce sont les réformes institutionnelles à opérer en vue de la tenue effective des prochaines élections législatives prévues le 6 mars 2021. Ces consultations électorales, on le présage, verront la participation de toute la classe politique ivoirienne, signe rassurant qu'elles seront apaisées, les deux branches du FPI et le PDCI, ayant déjà affiché leur intention et disposition d'y participer. C'est déjà un grand pas pour la consolidation de la paix et le renforcement de la cohésion sociale.

Mais, plus qu'une compétition entre acteurs politiques, ces législatives 2021 devraient permettre de tourner, enfin, la page politique pour en ouvrir une nouvelle, consacrée au développement économique de notre pays et à l'adressage des problèmes réels des populations vivant en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, dans cette période d'incertitude dominée par la pandémie du Covid-19, attendent de l'Etat qu'il leur apporte des solutions sur le chômage, qu'il renforce le plateau technique de nos hôpitaux, qu'il construise de nouvelles salles de classe et des collèges d'enseignement.

Les perspectives, on peut le dire, sont bonnes, avec la mise en œuvre de projets structurants annoncées par le chef de l'Etat dans son discours de fin d'année. On y note, notamment, la poursuite des travaux de bitumage des routes, la construction de ponts et échangeurs, la relance de l'économie ivoirienne, la consécration de champions nationaux...

Les efforts doivent être soutenus et continus pour maintenir les fondamentaux du développement qui ont sorti la Côte d'Ivoire de l'abîme en 2011 pour en faire en 2019, « un pays au bord du paradis », le pays le plus riche de toute l'Afrique de l'Ouest, devant le Nigeria et le Ghana, avec un produit intérieur brut par habitant de 2 286 dollars.

Le défi qui attend désormais la Côte d'Ivoire pour les douze prochains mois, c'est de se hisser au rang des pays émergents, dans les prochaines années. Pour le relever, le pays compte sur l'ensemble de ses fils et filles, qui doivent l'aider à aller de l'avant, quelles que soient leurs divergences politiques. « Seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin», enseigne un proverbe africain bien connu. 2021 doit être l'année de la solidarité, de l'unité et de la fraternité vraie.

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