Congo-Kinshasa: L'adjudant Mbelo avoue quatre braquages doublés de meurtres

6 Janvier 2021

D'un franc-parler déconcertant et très coopératif à l'égard des policiers du Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants, un adjudant de Fardc actuellement sous les verrous, a fait dernièrement au Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, sur avenue 24 novembre, à Gombe, des aveux sur le safari criminel entrepris par sa bande dans trois communes de Kinshasa, pour clore l'année 2020. Il s'agit des communes de Masina, Barumbu et Selembao.

Il a reconnu qu'ils avaient ciblé principalement des cambistes et des shops de vente des unités et de transfert des fonds à travers des réseaux de téléphonie cellulaire. La particularité du groupe à l'adjudant Mbelo Kabasele Papy alias Pitchen, est que ce chef de bande, demeure un tueur froid qui abat les victimes même quand elles ne manifestent aucune résistance, ni un quelconque signe d'agressivité.

L'homme a la gâchette facile, a recensé quatre braquages doublés de meurtres. A ses côtés, il imposait son autorité à trois solides gaillards. Il s'agit de Kaninda Ilunga Bartil alias Signature habitant sur avenue Mineli n°9, quartier Air Force, commune de la Nsele, Mbobesa Elindo Sandra, demeurant sur avenue Shamataba n°83, quartier Nfumunkento, commune de Kimbanseke. Et enfin, Masingi Pumbulu Alexandre alias Alexis, domicilié sur avenue Lusanga n°15, quartier Livulu, commune de Lemba.

A Masina, après les attaques de deux cambistes à l'aide d'une arme AKA 47, sa bande a emporté quelques sacs contenant des fonds en monnaie locale et en devises. Ce sera une triste fin pour un adolescent de 13 ans, témoin du braquage, qui avait appelé les malfaiteurs par leurs noms et surnoms. Ce geste lui a coûté la vie. L'un des bandits a demandé aussitôt au chef de bande d'éliminer ce témoin gênant et c'est ce qu'il a fait sans état d'âme particulier.

A Barumbu, c'est le matin, juste à l'ouverture d'un shop, que le braquage a été perpétré. Le propriétaire venait de quitter ses enfants à qui il a acheté quelques beignets, sans savoir qu'il était filé par des malfaiteurs. Son shop à peine ouvert, a reçu la visite de quatre malfaiteurs aux visages renfrognés, l'air pressé, exigeant que leur soient remis tous les fonds destinés au change de la monnaie.

Ces faux premiers clients n'étaient pas de nature à comprendre que pour avoir cédé facilement et sans résistance ses économies, leur victime méritait d'être laissée en vie. Mais la cruauté aidant, l'adjudant Mbelo lui a pointé son AKA 47 avant d'ouvrir le feu. L'homme est tombé et a succombé dans les minutes qui suivent. Lui et sa bande sont montés en catastrophe à bord d'une voiture de marque Toyota de couleur jaune, qui attendait, et ont aussitôt pris une destination inconnue.

Attaque similaire à Selembao où un cambiste a été tué froidement, alors qu'il venait de leur donner ses fonds sans manifester un signe d'agressivité. L'adjudant Mbelo Kabasele et sa bande ont laissé derrière eux, un corps inanimé qui baignait dans son sang. Des voisins de la victime, témoins de ce hold up doublé de meurtre n'en revenaient pas. Ils ont laissé entendre que le jeune cambiste n'avait opposé aucune résistance, et se sont demandé pourquoi l'avoir tué ?

Sur les lieux, les limiers ont retracé fidèlement les actes de chaque malfaiteur

Jeudi passé, les limiers du Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants avaient organisé une séance de reconstitution des faits. Cette séance utile pour éclairer leur lanterne sur le processus de différents braquages, devait permettre aux policiers de localiser les lieux de faits, de positionner chaque malfaiteur et de lui attribuer son véritable rôle actif ou passif avant, pendant et après les attaques. Pour une meilleure compréhension des faits, la reconstitution de tous les actes criminels commis sur les lieux, permet de définir le niveau de professionnalisme des malfaiteurs.

A Masina, Barumbu et Selembao, le chef de bande, l'adjudant Mbelo Pitchen s'est révélé un meneur d'hommes qui commandait ses acolytes au doigt et à l'œil. Qu'est-ce que ses comparses civils pouvaient-ils lui apprendre lui qui avait appris le métier de maniement des armes de guerre ? Dans chaque coup, il tenait à leur démontrer que c'est lui qui avait beaucoup de choses à leur apprendre dans le domaine du banditisme urbain, puisqu'il n'en était pas à son premier braquage du genre dans la ville de Kinshasa.

C'est ici que les observateurs ne manquent pas de souhaiter l'approfondissement des investigations sur plusieurs questions. Qui a initié l'adjudant Mbelo au banditisme ? Qui sont ses premiers compagnons et combien de coups ont-ils déjà perpétré avant qu'il monte son propre groupe ? Chez qui s'approvisionnent-ils en armes de guerre et sous quelles conditions ?

Concernant le safari criminel de fin de l'année, à qui appartient l'arme AKA 47, l'arme avec laquelle quatre victimes ont été abattues ? Pour l'adjudant Mbelo, cette arme a été arrachée auprès d'un élément de la Garde républicaine qui avait été droguée par l'un de ses acolytes. Pendant que ce militaire avait sombré dans l'inconscience, l'arme AKA 47 avec chargeur garni de munitions a changé de propriétaire, sinon de détenteur.

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