Congo-Kinshasa: L'armée professionnelle en chantier en RDC - L'Ecole de guerre de Kinshasa ouverte

6 Janvier 2021

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a procédé hier mardi 05 janvier 2021 à l'ouverture de l'Ecole Militaire de Kinshasa (ECK), en présence de l'ambassadeur de France, dont le pays est en partenariat avec la RDC pour un appui financier, logistique et technique à cette « académie militaire », ainsi de plusieurs personnalités tant civiles que militaires.

Selon le Général Banze, responsable du Commandement Général des Ecoles Militaires (CGEM), dont l'ECK fait partie, celle-ci est appelée à organiser une formation de 3me degré à l'intention des « Diplômés d'Etat-major » ou des officiers supérieurs détenteurs des titres équivalents. Sa vocation régionale implique également la formation d'officiers des pays amis, à recruter sur concours. La première promotion, exclusivement composée d'officiers congolais ayant réussi avec succès aux tests d'entrée, comprend 25 « stagiaires » provenant de la Force Terrestre, de la Force Aérienne, de la Force Navale, de la Police Nationale Congolaise et des Parcs Nationaux.

L'Ecole de Guerre de Kinshasa est venue se greffer, a encore indiqué le général Banza, sur les écoles militaires déjà opérationnelles en RDC, notamment le Groupement des Centres d'Instruction et des Centres d'Entraînement (GCI-CE), le Groupement des Ecoles Militaires Inter-Forces (GEMI) et le Groupement des Ecoles Militaires Spécifiques (GEMS).

Les futurs diplômés de l'Ecole de Guerre de Kinshasa auraient pour missions principales l'exercice des fonctions d'Etat-major, le commandement et la direction de tout poste lié à la défense et à la sécurité, l'élaboration des stratégies et plans de riposte contre la guerre ou les conflits armés, la gestion des crises militaires, etc. La mise en œuvre de cette « académie militaire » s'inscrit dans la vision du Commandant suprême, qui tient à donner au pays une armée réellement professionnelle et républicaine.

Intervenant également pour la circonstance, le général Mbala, chef d'Etat-général des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), a salué la détermination du Chef de l'Etat à concrétiser le projet de création et d'implantation de l'Ecole de Guerre de Kinshasa, dont la mission spécifique est de préparer des officiers supérieurs à l'art de la guerre.

Un grand vide en voie d'être comblé

L'avènement de l'Ecole de Guerre de Kinshasa vient combler, aux yeux des observateurs, un grand vide au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo), privées depuis plusieurs décennies des centres de formation d'officiers de haut niveau, capables d'assumer des charges de commandement. Depuis la mise en veilleuse du Centre Supérieur Militaire de Kinshasa, des centres de formation des commandos de Kotakoli et de Rumangabo, de l'Ecole de Formation des Troupes Blindées (EFATBL) de Mbanza-Ngungu et ainsi que la désarticulation du Centre d'Instruction de Kitona, l'ex-Zaïre, qui était pourtant largement en avance sur plusieurs pays africains dans le domaine de la formation des officiers militaires et des hommes des troupes, a connu un sérieux recul.

La prise du pouvoir par l'AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) en mai 1997, a constitué une véritable catastrophe pour l'armée nationale, avec le phénomène de « brassage » et de « mixage », qui n'était rien d'autre qu'une stratégie de son infiltration par des miliciens et officiers, pour la plupart d'origine étrangère, sans la moindre formation de base. L'Ecole de Guerre de Kinshasa tombe ainsi à point nommé dans le cadre de la réforme de l'armée nationale, appelée à se transformer en une structure dissuasive contre les velléités de déstabilisation du territoire national par les groupes armés et les armées étrangères.

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