Afrique: Migrations - Rwanda, nouvelle terre d'accueil

En une année, la République du Rwanda, un pays d'Afrique de l'est, a accueilli le 5e convoi de réfugiés en provenance des camps libyens.

Ce pays de 12 millions d'habitants, au coeur des Grands Lacs, est devenu progressivement une zone d'accueil de migrants africains. Ils sont originaires d'Afrique de l'est (Erythrée, Soudan et Somalie), et ont échoué dans des camps de la mort en Libye. Un convoi de 130 réfugiés en sa provenance a été récemment transféré à Kigali. Ils cherchaient à rejoindre l'Europe et se sont retouvés bloqués dans ce pays où un migrant africain, costaud peut être vendu à 340 euros pour réaliser des travaux agricoles. Kidnappés par des trafiquants, certains sont vendus comme esclaves, surtout dans le nord, où embarquent des bateaux pour l'Europe.

C'est le 5e convoi de cette nature, soit un total de 515 réfugiés arrivés à Kigali, depuis un an. Le président rwandais, Paul Kagame, a indiqué que son pays était prêt à accueillir 30 000 migrants. Ce qui est considérable pour un Etat de la taille du Rwanda. Ces transferts sont le fruit d'un accord avec l'Union africaine.

En Libye, ces migrants parfois kidnappés par des trafiquants qui les rançonnent ou les vendent comme esclaves sans aucune certitude pour eux d'obtenir une place sur un bateau pour l'Europe. Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale des migrations, plus de 157 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par voie maritime.

Un accès à l'éducation et à la santé

Le secrétaire permanent au ministère en charge des Urgences, Olivier Kayumba, précise les conditions de séjour de ces réfugiés et demandeurs d'asile : « La première est d'avoir un pays prêt à les recevoir. La seconde est le retour volontaire dans leur pays d'origine. Enfin, la dernière est de s'installer et s'intégrer au Rwanda ».

En effet, une fois arrivés, ils bénéficient de maisons construites en matière durable, équipées d'eau, électrifiées et des sanitaires, ainsi qu'un accès à la couverture sanitaire, l'éducation pour les enfants, des formations qualifiantes pour les adultes. Ils ont aussi droit à chercher du travail.

Ce qui fait désormais du Rwanda une zone de transit, en attendant que ces réfugiés retrouvent un autre territoire d'accueil. Sur les 500 personnes accueillies, 200 ont déjà été transférées dans d'autres pays (Suède, Norvège, Canada). Au cas ils s'intègrent et trouvent du travail au Rwanda, ils peuvent également y rester. Ce choix politique, à la question des réfugiés, est double. Le pays a été marqué par de multiples exodes depuis 60 ans et par le génocide des Tutsis au début des années 1990. Le président Paul Kagame y voit aussi un bénéfice politique.

L'accueil des migrants au Rwanda est le fruit d'un accord indirect avec l'Europe, principal bailleur de fonds du HCR, traduisant la volonté de l'Union européenne de sous-traiter la question de ces derniers pour mettre fin à leur risque et à ce qu'ils atteignent son sol. C'est aussi un indicateur de l'évolution des routes migratoires. Contrairement à une idée répandue, aujourd'hui en Afrique, 8 migrants sur 10 se déplacent à l'intérieur du continent et non vers l'Europe.

En raison du chaos qui a suivi la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d'Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l'Europe.

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