Madagascar: Or saisi en Afrique du Sud - L'État porte plainte et demande l'extradition des suspects

L'affaire des 73,5 kilos d'or saisis en Afrique du Sud connait un nouveau rebondissement. L'État décide de s'y impliquer en portant plainte et en requérant l'extradition des trois suspects.

L a loi doit être appliquée. Des mots affirmés dans le conseil des ministres d'hier, au sujet des 73,5 kilogrammes d'or en provenance de Madagascar, saisis par les autorités sud-africaines.

Dans la rubrique se rapportant à cette affaire qui a défrayé les chroniques ces derniers jours, le communiqué de presse du conseil des ministres annonce d'entrée que « l'État a porté plainte ». La missive ajoute que l'administration Rajoelina compte, aussi, « déployer tous les moyens possibles afin de rapatrier l'or saisi ». Les métaux précieux, une fois rapatriés, seront entreposés dans les coffres de la Banque centrale.

Le communiqué d'hier, ne précise pas devant quelle juridiction l'État a-t-il porté plainte. De prime abord, la démarche a été engagée devant le Pôle anti-corruption (PAC), d'Antananarivo. « Le PAC procédera incessamment à l'instruction de cette affaire », rapporte le communiqué du conseil des ministres. Du côté sud-africain, le dossier est pris en main par le tribunal de première instance de Kempton Park, une localité proche de Johannesburg.

Contrebande

L'enquête menée par la douane malgache rapporte qu'en tout, cinq personnes seraient directement impliquées dans la tentative de « contrebande », d'or court-circuité à l'aéroport OR Tambo de Johannesburg. L'un d'entre eux a été arrêté, mardi. Un autre est toujours recherché. Les trois autres, ceux qui ont quitté Madagascar à bord d'un avion spécial, le 31 décembre, avec la cargaison d'or, ont été arrêtés par les autorités sudafricaines.

Les trois trafiquants présumés seront traduits devant la justice sud-africaine, le 12 janvier. L'audience, sauf changement, servira à déterminer s'ils pourront bénéficier d'une mise en liberté provisoire, sous réserve de paiement de caution, ou non.

L'État malgache, cependant, veut qu'ils soient jugés à Madagascar, en vertu des lois malgaches. La loi relative à la coopération internationale en matière pénale, datant de 2017, « le ministre de la Justice, peut (... ) introduire, par voie diplomatique auprès d'un État étranger, une demande d'extradition d'une personne aux fins de poursuivre celle-ci ou de lui faire exécuter une peine ».

L'État veut, aussi, rapatrier les 73,5 kilos d'or qu'il estime donc, comme étant des biens nationaux. « Une demande de coopération judiciaire », semble nécessaire, au regard de la loi précitée. « En tout état de cause, en cas d'urgence, les demandes d'entraide sollicitées par les autorités judiciaires malgaches peuvent être transmises directement aux autorités de l'État requis compétentes. Il en est de même pour toute demande afin d'établir la propriété des avoirs illicites ou celle ayant pour objet de demander le recouvrement de ces avoirs », prévoit le texte.

Que ce soit pour l'extradition ou l'entraide, elles sont exécutées « sur la base d'un engagement réciproque de bonne coopération, ou sur la base du principe de réciprocité », ajoute la loi relative à la coopération internationale en matière pénale. En matière de lutte contre la corruption et des délits financiers, ou encore, de contrebande, toutefois, l'affaire de l'or saisi en Afrique du Sud est, à une certaine mesure, un mal pour un bien.

Le sujet a amené le conseil des ministres à affirmer que « l'Agence de recouvrement des avoirs illicites sera mise en place prochainement ». Une entité instituée par l'ordonnance relative au recouvrement des avoirs illicites, de 2019. L'Agence est chargée, entre autres, « de faire exécuter les décisions de gel, saisie ou confiscation des avoir illicites. De procéder au recouvrement des avoirs illicites dans le cadre des détournement de biens et deniers publics ».

La teneur du communiqué du conseil des ministres reflète l'intransigeance de l'État sur l'affaire des 73,5 kilos d'or. Outre les présumés « contrebandiers », la même sévérité devrait, également, être de mise contre « les complices », ayant facilité leur voyage dont la destination finale prévue est Dubaï.

Plus de: L'Express de Madagascar

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