Afrique: La performance de laboratoire, décisive face à la Covid-19

Lomé — Lorsqu'elle se rend au travail chaque matin, Dr Halatoko Belei Wemboo Afiwa sait qu'elle s'en va contribuer à une noble cause. Médecin Commandant et Biologiste, elle dirige l'Institut National d'Hygiène (INH) de Lomé depuis décembre 2018.

« Depuis que la pandémie de COVID-19 s'est déclarée, une journée de travail typique commence par une revue des urgences en cours dans la matinée et un planning de leur résolution. Les urgences, c'est le déroulement des tests de COVID de la veille, les tendances des résultats, la gestion du rendu des résultats des voyageurs en urgence. Ensuite viennent les activités quotidiennes régulières », explique Dr Halatoko.

Depuis la survenue de la maladie au Togo le 06 mars 2020, l'INH a été le centre de référence pour la réalisation des tests de COVID-19 dans le pays, avant qu'une antenne ne soit ouverte dans la région de Kara en mai 2020, et que d'autres laboratoires ne soient équipés. C'est le cas des laboratoires des Centres Hospitaliers Régionaux et le laboratoire mobile de l'aéroport. A date, 181 177 tests ont ainsi été réalisés sur toute l'étendue du territoire pour 3 722 cas confirmés positifs.

Au Togo, les prélèvements des échantillons de la COVID-19 sont effectués dans les formations sanitaires et dans les districts par les équipes d'intervention rapide et les agents de santé formés à cet effet, avant d'être convoyés vers les laboratoires de référence, dont l'INH dirigé par Dr Halatoko.

Un défi de taille qu'elle a dû surmonter avec son équipe est la mise en place d'un système pérenne de convoyage des échantillons et d'approvisionnement en consommables et en réactifs pour la réalisation des tests. Avec l'appui de l'OMS, un partenariat a été signé avec la Société Togolaise des Postes pour le transport des échantillons, des régions jusqu'à l'INH à Lomé. Ce contrat permet de s'assurer que le transport est sécurisé et effectué dans les meilleurs délais à partir du site de prélèvement jusqu'aux laboratoires de référence.

« L'appui de l'OMS était essentiel, car le transfert de ces échantillons dans un délai court est un élément clé du processus. Idéalement, les résultats du test de COVID-19 doivent être disponibles dans les 24 à 48 heures pour permettre la prise en charge précoce des cas, et pour avoir toutes les chances de rompre la chaîne de transmission », explique Dr Fatoumata Binta Tidiane Diallo, Représentante de l'OMS au Togo. « Notre appui a aussi permis l'approvisionnement en intrants, réactifs et consommables, pour les tests PCR et GeneXpert. Des éléments essentiels ont été fournis tels que des kits d'extraction, des écouvillons et des milieux de transport pour le convoyage des échantillons en toute sécurité », poursuit-elle.

L'OMS a par ailleurs appuyé la formation et le renforcement de capacités des acteurs du laboratoire dans la gestion de la pandémie à travers des sessions portant sur des aspects liés au laboratoire, à la prévention et au contrôle de l'infection ... Pour assurer une gestion adéquate des stocks, l'organisation a également fourni à l'INH des orientations et conseils utiles pour la quantification des besoins en consommables, réactifs, etc. « La bonne gestion des stocks est centrale à la performance du laboratoire. Cela nous aide jusqu'aujourd'hui et c'est l'un des critères expliquant notre réussite », affirme Dr Halatoko.

Dans la lutte contre la pandémie et dans son rôle de directrice de l'INH, ce qui a le plus marqué Dr Halatoko c'est « la capacité d'adaptation des pays à ressources limitées pour maîtriser la situation. L'Afrique a déjoué tous les pronostics par rapport au nombre de cas confirmés et de décès », se réjouit-elle.

Toutefois, quelques difficultés restent à surmonter. C'est le cas de la gestion des ressources humaines pendant la période de crise : « Il fallait non seulement mettre en place une procédure accélérée de recrutement et de formation du personnel, mais aussi s'assurer de la disponibilité des ressources financières pour leur prise en charge », déclare-t-elle. La nature de la COVID-19, les risques liés au métier et les idées reçues à son sujet ont quelque peu compliqué les choses : « Il fallait trouver des personnes motivées pour aller en contact avec un nouveau virus. Ce n'était pas évident, et ce n'est pas aisé. »

De par son poste de premier responsable de l'INH et son implication dans la riposte à la COVID-19 qui occupe la majorité de son temps, Dr Halatoko espère que la pandémie qui a bouleversé leur quotidien et pris les devants sur d'autres priorités sera bientôt un lointain souvenir : « Il faudrait garder en tête qu'il y a d'autres priorités de santé qui requièrent aussi notre attention. Avant la COVID-19, nous nous occupions plus d'autres maladies à potentiels épidémiques, des fièvres virales et hémorragiques telles que la méningite, le choléra, la fièvre jaune, la dingue, la fièvre de lassa... . Tout cela ne doit pas être relégué au second plan. »

« Nous espérons que nous vaincrons bientôt ce virus, tous ensemble, chacun jouant pleinement son rôle », conclut Dr Halatoko Afiwa.

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