Burkina Faso: Futur gouvernement - Des commerçants ne veulent plus de Harouna Kaboré

La Coordination des syndicats et des associations professionnelles des commerçants et des acteurs de l'économie informelle (CASCA-BF) a organisé un sit-in le jeudi 7 janvier 2020 au grand marché de Ouagadougou (Rood-woko) pour demander au Premier ministre nouvellement nommé et au président du Faso de ne pas reconduire Harouna Kaboré au poste de ministre du Commerce. Pour les manifestants, l'ex-ministre n'a pas les atouts nécessaires pour relever le défi de la relance des secteurs du commerce, de l'industrie et de l'artisanat. C'est pourquoi ils demandent au chef de l'Etat de porter Salifo Tiemtoré, ancien ministre de la Jeunesse, à la tête du département du Commerce en remplacement d'Harouna Kaboré.

Si bon nombre de Burkinabè attendent la composition du nouveau gouvernement après la reconduction de Christophe Joseph Marie Dabiré le mardi 5 janvier 2020 au poste de Premier ministre, d'autres par contre, réunis au sein de la Coordination des syndicats et des associations professionnelles des commerçants et des acteurs de l'économie informelle (CASCA-BF), ont pris les devants en exigeant qu'Harouna Kaboré ancien ministre ne soit pas reconduit à la tête du ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat.

En effet, c'est au cours d'un sit-in initialement prévu devant les locaux du ministère du Commerce et qui a finalement eu lieu au grand marché de Ouagadougou que des commerçants ont invité le chef du futur gouvernement burkinabè, à savoir Christophe Joseph Marie Dabiré, à ne pas renommer Harouna Kaboré ministre du Commerce.

A cette manifestation, on pouvait lire sur les pancartes brandies par les frondeurs : « Harouna Kaboré tue l'économie », « Nous voulons un ministre compétent »... L'initiative de protester, ils l'ont justifiée, entre autres, par la non-application du décret portant réglementation du commerce entre grossistes, demi-grossistes et détaillants qui favorise les expatriés au détriment des nationaux, la déstabilisation de certaines filières cruciales de notre économie (anacarde, céréales, sésame... ) et l'installation d'une direction des investigations et du contrôle qui s'est éloignée de sa véritable mission.

Pour les mécontents, l'ex- ministre Kaboré n'est pas l'homme qui dispose des atouts nécessaires pour relever les défis de la relance des secteurs ducommerce, de l'industrie et de l'artisanat, mis à mal par la pandémie de covid 19. C'est pourquoi ils ont, dans un message de plaidoyer adressé au président du Faso, proposé que leur « grand modérateur et facilitateur », Salifo Tiemtoré, ancien ministre de la Jeunesse, occupe ce poste. Selon eux, cette proposition est fondée sur « la cohésion professionnelle et sociale des sous-secteurs informel et formel à tous les niveaux».

Et pendant que les encablures du grand marché étaient en ébullition, c'était les calme plat au ministère du Commerce. Dans l'enceinte de l'institution, des agents étaient en discussion. Quand nous les avons approchés pour recueillir leur opinion, ils nous ont soufflé : « On n'a rien pour vous comme information mais ce qui est certain, c'est que quelqu'un tire les ficèles et cela se saura tôt ou tard ». Pour sa part, l'ancien ministre du Commerce, joint par l'intermédiaire d'un de ses proches collaborateurs, n'a pas souhaité se prononcer sur cette fronde.

Encadré

On est où là ?

Quels que soient les reproches qu'on peut faire à Harouna Kaboré, ancien ministre du commerce, la question qu'on peut se poser après de telles manifestations est de savoir si ces manifestants sont instrumentalisés. Et si oui, par qui ? On n'ose pas croire que ce soit par Salifo Tiemtoré lui-même car ce ne serait pas très malin de sa part ; pire cela pourrait être contre-productif.

En tout état de cause, revient-il à une catégorie socioprofessionnelle, quelle qu'elle soit, d'exiger les responsables qu'elle veut ? Il n'y a qu'au Burkina post-insurrection qu'on peut voir un tel désordre. Au demeurant, si le président avait l'intention de renvoyer Harouna Kaboré, à ses chères études politiques, ce serait une raison supplémentaire de le maintenir à son poste pour ne pas donner l'impression de céder à la pression des commerçants.

En clair, si on devait suivre la logique de ces manifestants, aucun ministre ne serait reconduit car dans tous les départements, il y a des gens pour s'opposer.

Plus de: L'Observateur Paalga

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