Gambie: Le Chef des renseignements déclare qu'il ignorait l'implication de l'Agence nationale de renseignement dans le trafic de drogue

En février 2019, Ousman Sowe accueille la Commission vérité dans l'enceinte de la NIA. Il n'évoque pas la machine de torture.
8 Janvier 2021

Ousman Sowe, le Directeur General des Services de Renseignements de l'Etat (SIS), autrefois connu sous le nom de Agence Nationale de Renseignements (NIA) a déclaré hier au cours de son témoignage devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations, contrairement à ce que le Conseiller Principal Essa Faal avait insinué, qu'il ignorait tout de l'implication de la NIA dans le trafic de drogue.

Le natif de Foni Bullock a déclaré qu'il avait été recruté dès la création de la NIA en 2005. Il a démissionné de la NIA en 2009 pour travailler dans le secteur privé et a rejoint le gouvernement plus tard en tant que Directeur de Cabinet du Ministère de l'Environnement.

Le Conseiller Principal Faal a demandé à Sowe si la NIA recevait régulièrement des informations de la part de membres du public qui visent à impliquer leurs adversaires dans le trafic de drogue. Le témoin a cependant répondu que, selon l'opinion populaire, des particuliers étaient régulièrement conduits à la NIA, et ce, pour des conflits de personnes.

Donnant plus de détails sur ses responsabilités, Sowe a déclaré que: " La drogue constitue une menace pour la nation. Les Services de Renseignements ont un rôle important à jouer pour neutraliser la menace. Il est primordial que la lutte contre le trafic de drogue soit menée sous la direction des Services de Renseignements."

Le Conseiller Principal a suggéré au témoin que cette façon de procéder par la NIA serait un sabordage des efforts de l'agence de lutte contre la drogue.

" Si cela avait été le cas, c'est donc un dédoublement de responsabilités. Le gouvernement ne fonctionne pas de cette manière. La NIA ne devrait pas procéder à l'arrestation de trafiquants et de vendeurs de drogue" a remarqué Faal.

Le Conseiller Faal a également indiqué au témoin que la NIA était régulièrement impliquée dans des affaires concernant la migration clandestine alors que cela ne faisait pas partie de leurs tâches et missions. Le témoin a exprimé son accord sur ce point. Cependant, Sowe a ajouté: " Les opérations de renseignement national sont, conformément au Décret, la principale mission conférée aux Services de Renseignements."

Parlant de l'incident de Lamin Kabou, Sowe a déclaré qu'ils avaient reçu des "informations crédibles". Le Conseiller Principal Faal est cependant intervenu pour indiquer que le problème se situait exactement à ce niveau car la NIA n'était pas supposée intervenir parce qu'il existe une agence mandatée pour ce genre d'opérations."

Sowe, à ce moment-là, a demandé la permission de tenir un tête-à-tête avec le Conseiller Principal et le Président de la Commission, car cela concernait la sécurité nationale.

Apres leur conversation privée, le témoin a indiqué: Concernant cette affaire particulière, nous avons reçu des informations de l'implication des agents de sécurité dans l'acheminement de cargaisons de drogue dans le pays en provenance de la Guinée-Bissau. Munis d'une telle information, nous étions donc dans l'obligation de réagir. Autrement dit, la NIA aurait été accusée de complicité. J'ai entendu dire que des coups de feu avaient été tirés durant l'opération.

Le Conseiller Principal Faal a accusé la NIA d'implication dans le trafic de drogue, et ce, en vue de récolter des fonds pour leur institution. Le témoin a rejeté cette accusation.

Le Directeur Général Sowe est sensé poursuivre son témoignage aujourd'hui sur les affaires qui concernent son institution.

Plus de: The Point

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