Congo-Kinshasa: Uvira - La promotion des droits de l'homme est une responsabilité collective, rappelle la MONUSCO

communiqué de presse

La Salle polyvalente de la Mairie d'Uvira, dans le Sud-Kivu, a servi de cadre à la célébration de la Journée internationale des droits de l'homme organisée mercredi 6 Janvier 2020 par le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme, BCNUDH, autour du thème « reconstruire en mieux ». Cet évènement, ordinairement célébré le 10 décembre de chaque année, a été spécialement reporté dans cette ville à la suite des contraintes liées à la pandémie de covid-19.

« En 2020, les violations des droits de l'homme n'ont pas seulement touché les hommes, mais les femmes et les enfants en ont aussi été victimes, dans une grande échelle. Mais, au regard des messages du Secrétaire général de l'ONU et du Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme, nous sentons qu'il faut qu'il y ait l'engagement de tout le monde pour un plan d'action commun ».

Ces déclarations sont celles de Gégé Katana Bukuru, secrétaire exécutive de l'ONG locale « Solidarité des femmes activistes pour la défense des droits humains », SOFAD.

Activiste des droits de l'homme réputée et plusieurs fois primée par Front Line Defenders, une organisation internationale qui protège les défenseurs des droits humains en danger, Gégé Katana a activement participé à cette activité.

Lorsque la MONUSCO partira, c'est vous qui resterez au pays. Soyez vigilants, mais revoyez aussi votre approche qui a été destructive auparavant et adoptez une approche constructive afin que vos actions puissent permettre d'améliorer justement la protection des droits de l'homme.

Une vingtaine de personnes, dont des membres d'autres organisations de défense des droits de l'homme, le Maire d'Uvira, ainsi que les membres du Comité urbain de sécurité composé des représentants de l'armée (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC), du procureur de la République près le Tribunal de grande instance d'Uvira, des membres de l'Auditorat militaire de Garnison d'Uvira, de la Direction générale des migrations (DGM) et de l'Agence nationale des renseignements (ANR), y ont également assisté.

Selon le coordonnateur du BCNUDH à Uvira, Hermann Fabrice Vanny, cette journée intervient dans une période assez spéciale de pandémie, qui impose des restrictions, dont des mesures barrières, de confinement et de couvre-feu, etc. ; des mesures qui portent atteintes aux droits et libertés des citoyens, mais qui doivent être respectées pour le bien commun.

« Nous sommes donc interpellés, tous, de faire mieux, de mettre de côté tout ce qui est discrimination, d'inclure tout le monde, de faire en sorte qu'on ne laisse personne derrière », a-t-il déclaré.

Responsabilité collective

Au cours de l'activité, plusieurs participants, en l'occurrence les acteurs des structures citoyennes, ont soulevé des questions sur la responsabilité du gouvernement congolais, accusant ses services spécialisés d'être au centre des violations des droits.

Le chef du sous-bureau de la MONUSCO à Uvira, Issaka Dangnossi, a invité ces acteurs à ne pas « s'illustrer dans des invectives contre certaines autorités, dans un fond ethniciste, de couleur politique, ou voulant à tout prix tirer sur tout ce qui bouge », mais plutôt à « développer le dialogue, aller au contact des autorités en vue de trouver des solutions lorsque des cas de violations de droits sont constatés ».

Pour lui, « la responsabilité est collective » et il s'agit « d'améliorer ce qui est déjà fait ».

« Lorsque la MONUSCO partira, c'est vous qui resterez au pays. Soyez vigilants, mais revoyez aussi votre approche qui a été destructive auparavant et adoptez une approche constructive afin que vos actions puissent permettre d'améliorer justement la protection des droits de l'homme », a-t-il expliqué.

L'autorité onusienne a aussi appelé les services de l'État à s'impliquer davantage afin de réduire les détentions illégales dont ils sont très souvent accusés par la population.

Un appel salué par le président de la Nouvelle Société civile congolaise, André Byadunia qui, de son côté, s'est engagé à privilégier le dialogue.

Tout en condamnant l'appui apporté, selon lui, par certains acteurs aux groupes armés, il a plaidé pour la mise en place d'un tribunal international pour la RDC. « Ceci, pour que les gens sentent qu'il y a du sérieux dans le respect des droits de l'homme », a-t-il conclu.

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