Burkina Faso: Une Lettre pour Laye - Aide-toi et la covid t'épargnera

Cher Wambi,

Au moment où nous entamons le nouvel an 2021, c'est le lieu pour moi de sacrifier à la tradition à en souhaitant que l'année qui vient de naître soit meilleure à tous points de vue que celle de 2020. Une annus horriblis, s'il en fut, marquée au Burkina par la persistance des attaques terroristes avec leur lot de conséquences humaines, économiques, sociales et humanitaires, puis par la pandémie de covid 19 qui ne cesse de gagner du terrain.

Mais, comme tu sais très bien qu'il ne suffit pas d'émettre des souhaits pour que les attentes soient comblées, alors il nous appartient individuellement et collectivement de nous donner les moyens de leur réalisation.

Par exemple, en ce qui concerne le coronavirus, dont le taux de contamination a rebondi dans notre pays, comme un peu partout dans le monde, il suffirait d'un minimum d'observation des mesures de prévention pour ralentir la progression du mal : ainsi du port du masque en lieu public, du respect de la distanciation sociale, de l'interdiction de se serrer la main et de bien d'autres gestes barrières.

Hélas, depuis des mois, les Burkinabè, comme gagnés par une sorte de je-m'en-fichisme collectif, font dans le relâchement généralisé. Sans que la puissance publique, connue pour son manque endémique d'autorité, puisse instaurer cette nécessaire discipline collective face à la pandémie.

Alors, tu comprendras bien pourquoi un de mes vœux pieux pour 2021 est que chacun prenne conscience de la situation pour mieux se protéger et protéger les autres en adoptant les comportements qui sont adaptés à cette crise sanitaire.

Cher Wambi, en ce début d'année, les Burkinabè sont dans l'attente du premier gouvernement du second et dernier mandat du président Roch Marc Christian Kaboré. Une équipe gouvernementale qui sera conduite de nouveau par le Premier ministre Christophe Marie Joseph Dabiré, à qui le chef de l'Etat a renouvelé sa confiance après sa démission officielle du 30 décembre dernier. Une reconduction qui a surpris bien de gens et continue de faire l'objet de conjectures.

Faut-il voir dans ce maintien l'expression de la satisfaction du « Boss » vis-à-vis des actions de l'ancien commissaire de l'UEMOA à la tête du dernier gouvernement ?

Serait-ce plutôt une proposition médiane entre toutes celles avancées par chacune des différentes tendances du MPP ?

Ou faut-il lire à travers ce nouveau pari sur l'ancien PM les prémices du quinquennat à venir, comme l'évoquait hier L'Observateur Paalga dans son éditorial intitulé : « " Der alter" pour l'impératif de réconciliation nationale » ?

En effet, cher cousin, dans sa livraison de jeudi dernier, le journal de ton oncle Nakibeuogo écrivait : « Il est vrai qu'à cet âge (73 ans), puisque vieillesse rime avec sagesse, le septuagénaire, connu pour son calme et sa pondération, peut être un atout majeur pour le président du Faso dans la perspective de la mise en œuvre de réconciliation nationale sous le signe de laquelle il veut placer les premiers mois de son dernier mandat ».

Bonne pioche !

En effet, cher Wambi, selon une personnalité de premier plan, Christophe Marie Joseph a été reconduit pour, entre autres et surtout, gérer le dossier de la réconciliation nationale que le chef de l'Etat appelle de tous ses vœux.

Et il faut dire que pour cela le choix est pertinent d'autant plus qu'avec les qualités humaines indiscutables du désormais juge de paix de la nation, il a l'avantage de l'expérience dans la fonction de Premier ministre et n'aura donc pas besoin de beaucoup de temps pour prendre ses marques.

Maintenant que l'identité du locataire du palais de Koulouba est connue, les Burkinabè attendent la composition du futur gouvernement qui n'était pas encore dévoilée au moment où je traçais les lignes de ma lettre.

La prochaine équipe gouvernementale sera-t-elle ouverte à l'opposition en signe de l'attachement du président Roch Marc Christian Kaboré à la réconciliation nationale ?

Autre question qui revient sur les lèvres, est-ce un ministère plein et entier qui sera dédié à la réconciliation nationale, comme c'est le cas actuellement en Côte d'Ivoire ?

Si oui, il faudra veiller à ce que le détenteur de ce portefeuille-clé du quinquennat soit un homme ou une femme consensuel(le) dont la personnalité est à la hauteur du défi qui l'attend et attend la nation toue entière.

Un autre oiseau rare à trouver.

Cher Wambi, tous ceux qui, femmes ou hommes, aiment porter des habits en pagne religieux catholiques dans notre pays, surtout à Ouagadougou, auront les yeux tournés vers Koubri ce week-end. La raison ? C'est là que se dérouleront les obsèques de Mme Compaoré Pauline née Ilboudo connue et reconnue comme la grande grossiste de ces articles vestimentaires.

Née le 8 septembre 1946, la «maman Benz» (1) du Burkina s'est endormie le 1er janvier 2021, donc au tout début de sa 75e année.

La veillée de prière a lieu ce soir à Koubri et la messe de requiem sera célébrée justement le samedi matin à partir de 9 heures dans la même localité.

Requiescat in pace !

Cher Wambi, à présent, je t'invite à feuilleter avec moi le carnet secret de Tipoko l'Intrigante.

- En ce début d'année, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) est secoué par une vague de démissions. Si bien que pour ce parti, la nouvelle année commence comme la précédente. Pourtant il y avait une sorte d'accalmie sur le front interne à ce parti dont les militants s'entredéchirent. Mais voilà que ça repart avec des démissions concomitantes qui peuvent donner l'impression d'être coordonnées : ainsi, le 5 janvier 2021, l'ancienne ministre Mamounata Bélem / Ouédraogo et Adama Zongo, l'ex-patron de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC), ont quitté le navire. Chacun dans sa correspondance a invoqué des «convenances personnelles ». Le lendemain 6 janvier, c'est Ousseni Faïsal Nanéma qui rendait, à son tour, le tablier.

Mais en fait de démission, on peut se demander si ceux qui quittent le navire comptaient encore parmi les passagers actifs. En effet, beaucoup ont brillé par leurs absences aux activités du parti ou avaient de fait quitté le CDP en allant créer un autre parti politique.

Ces démissions formelles ont le mérite de rendre la situation beaucoup plus claire pour le président Eddie Komboïgo qui vient d'enfiler ses nouveaux habits de chef de file de l'opposition politique.

- Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2020, un incendie à l'origine inconnue s'est déclaré dans la forêt du vieux Yacouba Sawadogo. Les levés topographiques sur le site ont confirmé que c'est une superficie de près d'un hectare qui est partie en fumée. Et l'inventaire de la portion brûlée montre qu'une vingtaine de ligneux ont été léchés par les flammes mais sont toujours vivants : il s'agit notamment des essences de Guiera senegalensis, de Combretum micranthum, de Balanites aegyptiaca, de Piliostigma reticulata, de Sclérocaria birrea, etc.

En rappel le lauréat du prix Nobel Alternatif et Champion des Nations unies, dans une grande détresse, bénéficie d'une vague de solidarité. C'est ainsi que celui qu'on raillait par le sobriquet de « fou du Yatenga », pour son opiniâtreté à vouloir faire pousser des plantes sur une terre ingrate, a reçu le soutien du chef de l'Etat : en effet, Roch Marc Christian Kaboré y a dépêché une délégation conduite par le ministre de l'Environnement. En vue de la protection de la forêt, le vieux va avoir un appui pour la construction de la clôture d'enceinte. Selon les études, elle devrait coûter une soixantaine de millions de francs CFA. Les démarches sont également faites au niveau de la mairie de Ouahigouya pour rapidement délivrer à Yacouba Sawadogo un titre de propriété. Espérons que d'autres soutiens se manifesteront pour cette forêt que le vieux veut léguer à la postérité.

- Du sang neuf à partir d'aujourd'hui pour le Conseil constitutionnel que préside le juge Kassoum Kambou : ce matin à 11h dans la salle de conférences de Ouaga 2000 a en effet lieu la prestation de serment de trois nouveaux membres en présence du président Roch Marc Christian Kaboré. Il s'agit de Moctar Tall, enseignant de droit, ancien DG de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM), ci-devant coordonnateur technique national du Programme de renforcement de la gouvernance politique et qui était, depuis 2019, conseiller spécial du président du Faso chargé des affaires juridiques et institutionnelles ; de Sophie Sow, qui fut notamment ambassadeur en Italie, et de Véronique Bayili/Bamouni. Cette dernière, rappelons-le, avait déjà remplacé en octobre 2019 Michel Bamitié Karama, décédé en mai de la même année dont elle a terminé le mandat. C'est donc le sien propre qu'elle va maintenant entamer. Rappelons que les Sages sont nommés pour une période de neuf ans non renouvelable.

- Preuve de la qualité de notre jeunesse et de ses élites montantes, le numéro 1 mondial des boissons gazeuses, The Coca-Cola Company, vient de promouvoir un jeune Burkinabè au Poste de Vice-Président en charge du continent africain : en effet depuis le 1er janvier 2021, Rodrigue Bila, en est le vice-président chargé des opérations à la tête d'une unité constituée d'une trentaine de pays en Afrique subsaharienne.

L'annonce a été faite il y a quelques jours par la multinationale basée à Atlanta dans l'Etat de Géorgie.

Rodrigue Bila est un dirigeant d'entreprise accompli avec plus de 25 ans d'expérience dans l'industrie des produits de grande consommation. Il a rejoint la firme d'Atlanta en tant que responsable chargé du développement des marchés en 1999 et a occupé plusieurs postes de responsabilité croissante dans la direction commerciale, marketing et des opérations. Sa récente promotion, il était directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Avant de rejoindre la société Coca-Cola, Rodrigue Bila a travaillé pour la Compagnie pétrolière américaine Exxon Mobil où il a occupé divers postes de direction dans les opérations, la chaîne d'approvisionnement, les ventes et l'ingénierie des lubrifiants. Ingénieur polytechnicien de formation, M. Bila est un passionné du développement du continent africain et de sa ressource humaine surtout. A ce titre, Rodrigue Bila a coaché plusieurs de ses congénères qui font valoir leurs compétences dans plusieurs entreprises qui opèrent sur le continent. Il a également passé plusieurs années comme professeur bénévole à l'université polytechnique de Dakar au Sénégal. Parfaitement bilingue, Rodrigue Bila est autant à l'aise en français qu'en anglais.

(1) En référence aux commerçantes togolaises qui ont fait fortune dans la vente du textile.

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Plus de: L'Observateur Paalga

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