Afrique de l'Ouest: Jean Yves Le Drian à Kosyam - Les questions sécuritaires au Sahel comme plat de résistance

Jean-Yves Le Drian, ministre de la défénse française en compagnie de soldats.
analyse

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a été reçu en audience par le président Roch Marc Christian Kaboré dans l'après-midi du 8 janvier 2021 à Kosyam. Au sortir de son « entretien assez long », le chef de la diplomatie française a dit être venu d'abord féliciter de vive voix le chef de l'Etat pour sa réélection, ensuite réitérer la détermination de la France à accompagner le Burkina la sécurité ainsi que dans sa politique de développement économique et social et enfin parler de coopération régionale et sécuritaire au Sahel.

Pendant que le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, foulait le sol burkinabè dans la matinée du 8 janvier 2021, à des kilomètres de là, précisément dans la zone dite des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso), l'armée française faisait l'objet d'une attaque suicide au véhicule piégé qui a occasionné six blessés. Le 2 janvier, deux soldats, dont une femme, avaient été tués dans leur véhicule par un engin explosif improvisé. Quelques jours plus tôt, ce sont trois autres éléments de la force Barkhane qui étaient, eux aussi, victimes d'une bombe artisanale.

Ces cas malheureux ont peut-être été abordés au cours de l'audience qu'a accordée le président Roch Marc Christian Kaboré au ministre français, mais ce qui est sûr, c'est que les deux personnalités ont parlé de coopération régionale et sécuritaire au Sahel. « Il y a un an, nous avons décidé à Pau, à la demande des pays de la région, de renforcer notre mobilisation conjointe dans la lutte contre les groupes terroristes. Nous avons obtenu des succès dans la zone des trois frontières, grâce à la coopération renforcée entre les forces internationales et la force conjointe G5 Sahel », a déclaré Jean-Yves Le Drian.

Et d'ajouter que cette mobilisation internationale se poursuit et s'est intensifiée avec le lancement de la Coalition internationale pour le Sahel. Selon le chef de la diplomatie française, les pays du G5 Sahel et les partenaires internationaux auront bientôt l'occasion d'envisager la suite des engagements pris à Pau à l'issue du Sommet des 13 et 14 janvier 2020.

De l'extradition de François Compaoré

« Est-ce que la réduction probable du nombre d'hommes engagés dans la force Barkhane a été évoquée par le chef de l'Etat burkinabè ? Parce qu'il y a une inquiétude, si la France se retire, comment la lutte va se mener dans le Sahel ? », lui a demandé un de nos confrères. Et celui qui a été ministre de la Défense entre mai 2012 et mai 2017, sous la présidence de François Hollande, de rappeler dans un premier temps les quatre directive relatives aux engagements de Pau : « D'abord, c'est l'engagement de renforcer la force Barkhane pour une certaine période et que, parallèlement à cela, une force européenne puisse se développer, ce que l'on a appelé Takuba ; ensuite, c'est le renforcement de la force conjointe G5 Sahel, qui a d'ailleurs mené des actions importantes au cours de l'année qui vient de s'écouler. De plus, il y a eu la nécessité de renforcer la présence des Etats du G5 sur l'ensemble de leurs territoires ; et enfin, une action de développement dénommée l'Alliance pour le Sahel. Nous serons donc amenés à faire le point de l'ensemble de ces points qui sont concomitants ; il n'y a aucun qui soit séparé de l'autre ».

Jean-Yves Le Drian a déclaré, dans un deuxième temps, que la France a toujours considéré qu'à terme, la sécurité des pays du Sahel doit être assurée par ces derniers eux-mêmes et que la montée en puissance progressive de la force conjointe doit y contribuer. Pour l'homme politique, si on ne regroupe pas ces quatre piliers de manière déterminée, dans les mois qui viennent, les fragilités qu'on a constatées récemment au Niger pourraient se reproduire (ndlr : le 2 janvier courant, des attaques ont visé deux villages de l'ouest du pays et fait 100 morts et une vingtaine de blessés).

S'agissant de l'extradition de François Compaoré pour son implication présumée dans l'assassinat du journaliste d'investigation Norbert Zongo le 13 décembre 1998, « est-ce que les Burkinabè pourraient s'attendre à une extradition cette année ? » Le ministre français a réaffirmé à ce propos la position de son pays « avec beaucoup de fermeté » : « Nous avons engagé l'extradition de François Compaoré. Le décret a été signé par le Premier ministre et le garde des Sceaux en février dernier ; l'intéressé a fait appel auprès du Conseil d'Etat, qui va se prononcer, mais la position de la France est très claire.»

Plus de: L'Observateur Paalga

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