Congo-Kinshasa: Combat d'arrière-garde du FCC à l'Assemblée nationale - pétitions contre Mboso, Bussa et Namasia

13 Janvier 2021

Trois pétitions ont été déposées par un huissier de justice près la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe, répondant au nom de Ntona Diambu Olivier-Junior, le lundi 11 janvier 2021, au Secrétariat administratif de l'Assemblée Nationale. Elles visent les trois membres du bureau d'âge de cette institution, à savoir son président, Christophe Mboso Nkodia Mpuanga, son Rapporteur, Gaël Bussa Ombambule, et sa Questeur, Aminata Namasia Bazego.

Selon des nouvelles en circulation au Palais du peuple, l'initiative serait revendiquée par environ 140 députés « FCC » (Front Commun pour le Congo), qui croient dur comme fer être capables de créer une dynamique susceptible d'aboutir à la destitution de ce bureau.

En l'absence de griefs précis mis à leur charge, on note qu'il est reproché au « Doyen » Mboso de ne pas répondre à ce critère d'âge, au motif que le poste aurait dû revenir à son collègue Matadiwamba. Pourtant, les dossiers de candidatures déposés en 2018 par les deux « vieux » à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), en vue de concourir à la députation nationale, renseignent que Mboso est bel et bien né avant le Bâtonnier Matadiwamba. Les deux élus, originaires de la province du Kwango, ont du reste échangé autour de ce faux problème le lundi, le dernier cité étant venu féliciter son « aîné » pour son élévation aux hautes fonctions de président du Bureau d'âge de l'Assemblée nationale.

S'agissant de Gaël Bussa et Aminata Namasia, leur statut de « benjamins » de l'Assemblée Nationale est également incontestable. Un acteur politique a même souligné, avec une pointe d'ironie, que sur le terrain de l'âge, l'équipe pilotée par Mboso est indéboulonnable jusqu'à la fin de l'actuelle législature.

En ce qui concerne la vraie fausse affaire de la sollicitation, par le bureau d'âge, d'un budget équivalent à 12 millions de dollars américains en francs congolais, on peut juste constater que le montant est exorbitant, sans pour autant en déduire qu'il y a une quelconque faute de gestion, à moins que les dépenses ne correspondent pas aux rubriques signalées dans le document de demande des fonds.

On ne peut pas non plus accuser le Bureau d'usurpation des prérogatives dévolues au Bureau définitif, dès lors que ses missions, telles que confirmées par la Cour Constitutionnelle, concernent aussi bien l'examen des pétitions contre l'équipe Mabunda, l'organisation de l'élection des membres du nouveau bureau définitif que la gestion courante de l'Assemblée nationale, dont la convocation et la direction des plénières.

Nombre d'observateurs pensent que le FCC s'est engagé dans un combat d'arrière-garde sans lendemain. Avec sa minorité numérique à l'Assemblée Nationale ( plus ou moins 140 députés nationaux contre plus de 300 pour l'Union Sacrée de la Nation), elle ne fait pas le poids face à la machine politique de Fatshi, prête à tout écraser sur son passage, à commencer par l'émergence d'une nouvelle et vraie majorité, parlementaire, en attendant les étapes toutes proches d'élection d'un nouveau Bureau et d'investiture d'un nouveau Premier ministre, avec un nouveau gouvernement. Transformée désormais en une « machine à perdre », le FCC ferait mieux de renoncer à ses initiatives suicidaires. Kimp

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