Gambie: Un agent des services de renseignement révèle que Jammeh a offert 20.000 euros afin d'incriminer le LT Gen Tamba

13 Janvier 2021

Omar Cham, qui a été dénoncé par plusieurs victimes de torture, a révélé hier lors de son témoignage devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) que l'ancien Président Yahya Jammeh a offert à Louie Jabbi Gassama et Ebrima Marr 10.000 euros chacun afin de fabriquer de fausses preuves contre le Lt. Gen. Lang Tombong Tamba.

Cham répondait à des questions sur la pratique du gouvernement qui consistait à payer des témoins afin que ceux-ci puissent incriminer d'autres personnes à tort. Selon lui, cette pratique était chose courante.

Il a reconnu que l'Agence Nationale de Renseignement (NIA) était un centre de torture, affirmant que tous les agents travaillant à la NIA à cette époque étaient parfaitement au courant de ce qui se passait durant le règne de l'ancien Président Jammeh.

Revenant sur l'incident de 1996 concernant l'attaque de Farafenni, il déclare qu'il avait été ordonné de se rendre au quartier général de la NIA.

" J'ai été informé que l'un des rebelles, Mballo Kanteh, avait été appréhendé. Peu de temps après qu'il ait été conduit à l'unité des investigations, nous avons entendu des cris et j'en ai déduit qu'il avait été torturé. Foday Barry, Baba Saho et Daba Marena étaient avec lui lorsque Kanteh a été électrocuté."

Mr Cham a déclaré qu'il n'a jamais accepté de fabriquer de fausses preuves en vue d'impliquer Kaluteh Manneh, Mam Matar Secka et Ensa Badjie dit Jésus. Il a ajouté que le dossier contre Jésus a été un échec dû à son refus de fabriquer de fausses preuves.

" Jésus avait été accusé de trafic de drogue avec Sillaba Samateh. Il avait également été accusé de vol à main armée. Nous avons recommandé à la fin de nos enquêtes que Jésus soit inculpé d'entrave à l'éxécution de taches officielles."

Revenant sur le cas de Deyda Hadara, il a déclaré que les services de police ont mené une enquête sur sa disparition. Il a ajouté qu'à un certain moment, les services de police sont restés silencieux quant à l'évolution de l'enquête et cela a évidemment réveillé les soupçons de la population. L'enquête a donc été ensuite transférée à la NIA.

" La NIA n'a pas révélé exactement ce qui s'était passé. Les preuves présentées par l'enquête étaient non-fondées."

Cham a qualifié de fausses les accusations de torture contre lui de Sillaba. Il a également ajouté que, contrairement aux accusations, il n'a jamais torturé Jésus pendant sa période de détention. Il déclare avoir été démis de ses fonctions suite aux accusations de torture dont il a fait l'objet de la part de Jésus et de Sillaba Samateh.

" L'Unité des Opérations Spéciales de la NIA était chargée de la torture des détenus après le départ des 'junglers'. Cette Unité Spéciale comprenait Baboucar Sallah, Lamin Darboe, Tamba Mansereh, un individu surnommé Assassin ainsi que de plusieurs autres agents."

Cham a reconnu avoir été complice des actes de torture dont ont été victimes Pa Sallah Jeng, Musa Oldeh Jawo, Sainabou Keita ainsi que plusieurs autres personnes.

Le témoin poursuit son témoignage aujourd'hui devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) sur des sujets concernant les services de renseignement.

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