Sénégal: Le conglomérat indo-singapourien INDORAMA siphonne le phosphate sénégalais et rechigne de verser au trésor sa redevance de 200 milliards FCFA

Un géant industriel au pied d'argile. Du vrille en puissance. Retard de paiement ou refus de payer la redevance minière à l'État, Les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) se fiche de la République.

Dans leur livraison papier de ce jour, le quotidien DAKAR TIMES déflore l'arrogance de l'investisseur indien INDORAMA qui rechigne de passer à la caisse du trésor sénégalais, afin de s'acquitter de sa redevance minière estimée à 200 milliards de FCFA. De qui se moque INDORAMA ? Selon nos confrères de DAKAR TIMES sous la plume de Michel DIOUF, " au moment où l'État du Sénégal se bat pour accroitre son budget de fonctionnement de l'année 2021, les ICS semble avoir d'autres préoccupations. La société traine une facture salée de 200 milliards de redevance minière à l'État. Une affaire "sensible" aux contours financiers qui agace la République". DAKAR TIMES, parcouru par Confidentiel Afrique renseigne que c'est l'État himself qui réclame ses fonds.

Cette enquête bien menée par nos confrères du quotidien d'informations Dakar Times a permis de dénicher la grosse patate chaude des ICS. Mais, ce qui irrite dans ce dossier de de refus d'honorer sa redevance vis-à-vis de l'État, est la posture arrogante et imperturbable du Directeur Général des ICS, Alassane Diallo, lequel jouit une dérogation spéciale de maintien, puisque lui-mêle étant frappé par l'âge de la retraite voilà plus trois ans. Pour qui roule le DG, Alassane Diallo ? Les Indiens ou son propre pays ? C'est la question que se pose DAKAR TIMES. Le DG des ICS, sénégalais bon teint, ne devrait-il pas poser un acte citoyen en aidant son pays à entrer dans ses fonds? Cette redevance minière d'un montant de 200 milliards FCFA que les services de l'État peinent à recouvrer, pose un réel problème au sommet de la République.

Dans le code minier du 08 Novembre 2016, l'article 77 parle de la "redevance minière" en ces termes : «à l'exception des activités d'exploitation faisant l'objet d'un contrat de partage de production, toute activité d'exploitation de substances minérales, autorisée conformément aux dispositions du présent Code, est soumise au paiement trimestriel de la redevance minière dont l'assiette est la valeur marchande du produit commercialisé localement ou la valeur FOB du produit exporté».

Que dit Macky SALL ?

DAKAR TIMES, bien tuyauté dans les couloirs du palais de Roume, informe que le Président Macky Sall mis au parfum de la situation à travers un rapport détaillé, exige le recouvrement sans délai de cette redevance due à l'État du Sénégal. Du côté du Ministère du Développement Industriel et des Petites et Moyennes Industries et de celui des Mines, d'énormes efforts sont en ce moment, déployés pour que l'État entre dans ses fonds.

Selon le dernier rapport ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) publié en décembre dernier, le secteur minier sénégalais a généré des revenus de 111,9 milliards FCFA, soit 93% des revenus du secteur extractif. Cela représente une légère hausse par rapport aux 105,2 milliards FCFA de 2017 et 105,9 milliards de 2016. Le secteur minier reste, apprend-on, le premier contributeur au revenu extractif, entrant dans le budget de l'Etat avec un total de 104,3 milliards FCFA soit 94,7% des recettes provenant du secteur extractif, suivi du secteur pétrolier avec une contribution totale de 5,8 milliards FCFA représentant 5,3%.

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