Afrique: Le Soudan accuse des miliciens éthiopiens d'avoir tué 7 civils dans une région frontalière

Dernier épisode d'un regain de tension commencé il y a deux mois. Depuis, la pression monte. Les deux armées auraient envoyé des renforts de part et d'autre et la rhétorique devient de plus en plus guerrière. Ce mercredi, le chef du Conseil souverain soudanais, le général al-Burhan s'est rendu dans le village attaqué en début de semaine par des miliciens éthiopien. Il a encore fait monter la pression.

Sous une grande tente, le général al-Burhan, entouré d'officiers et d'habitants, pointe le doigt vers la frontière pour galvaniser son entourage. « Nous avons été patients et silencieux pendant 25 ans, mais tout a une fin », a déclaré le président du Conseil souverain. Selon lui, « tous les moyens seront utilisés pour défendre et protéger le territoire soudanais ». Le chef de la transition a même annoncé que le Soudan ne rendrait pas les terres récupérées depuis deux mois.

Le général al-Burhan a présenté ses condoléances aux familles, avant de faire l'éloge de l'armée nationale. Une rhétorique pour maintenir la mobilisation alors que le même jour, un hélicoptère Apache transportant armes et munitions s'est écrasé pour une raison inconnue dans un aéroport soudanais de la région.

Message pour la communauté internationale

Khartoum cherche aussi à rallier la communauté internationale. Ce mercredi, Moaz Tango a tenu une visioconférence avec les diplomates en poste au Soudan. Le chef de la Commission nationale des frontières a accusé Addis-Abeba d'avoir manqué à ses obligations sur les accords passés. Il a estimé que l'empiétement éthiopien avait commencé dès 1957 et qu'aujourd'hui, 10 000 cultivateurs occuperaient des terres soudanaises. Moaz Tango a enfin affirmé que Khartoum détenait tous les documents prouvant sa souveraineté sur la zone litigieuse.

L'ambassadeur éthiopien à Khartoum a lui dénoncé des « actions sans précédent du Soudan. » Yibetal Aemero a accusé les troupes soudanaises d'être entrées en Éthiopie, d'avoir pillé, tué des civils, et contraint des milliers de personnes à fuir.

Plus de: RFI

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