Afrique: Au Mali, l'ONU note un manque de consensus dans la mise en place des institutions de la transition

L'envoyé de l'ONU au Mali a expliqué, mercredi, devant le Conseil de sécurité que la transition entamée en septembre dans ce pays du Sahel doit permettre d'adopter les réformes nécessaires pour la consolidation de la démocratie et la réussite des élections permettant un retour à l'ordre constitutionnel.

Quatre mois se sont déjà écoulés depuis que la transition a été décrétée au Mali mais le pays reste en proie aux divisions. Le Conseil national de la transition (CNT) - qui joue le rôle d'un parlement - a été tardivement mis en place début décembre. Mais la formation de cet organe « n'a pas réuni le consensus nécessaire entre les acteurs politiques y compris les représentants de la société civile », a déclaré Mahamat Saleh Annadif, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU au Mali.

« C'est ce manque de consensus dans la mise en place des institutions de la transition qui alimente la détérioration de la situation socio-économique caractérisée par une multitude de grèves dans les différents secteurs d'activités », a souligné M. Annadif, qui dirige également la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA).

Le Représentant spécial a déploré les récentes ordonnances d'arrestation impliquant diverses personnalités. Des arrestations qui, selon lui, « sont de nature à occulter la recherche de la vérité si elles ne sont pas menées dans le strict respect de l'État de droit ».

« La période de la transition représente une vraie opportunité pour le Mali de briser le cercle vicieux des crises politiques suivies par des coups d'Etat », a-t-il dit.

La charte de la transition conclue en septembre fixe à 18 mois la durée de cette dernière qui doit aboutir à des élections crédibles. Le CNT a pour mission d'approuver les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives nécessaires pour la consolidation de la démocratie et la réussite des élections permettant un retour à l'ordre constitutionnel, comme le prévoit la charte.

A 14 mois de la fin de la transition, M. Annadif estime qu'il n'est jamais trop tard pour « atteindre un minimum de consensus sur les fondamentaux de la paix et de la stabilité, parce que l'avenir du Mali est en jeu ». Car malgré des succès importants remportés par les forces internationales contre les terroristes, l'environnement sécuritaire reste toujours préoccupant et imprévisible au Mali et dans la région du Sahel, avec des attaques récurrentes dans la zone des trois frontières. Le 2 janvier dernier, plus d'une centaine de personnes on été tuées dans l'ouest du Niger.

Face à ces défis, la MINUSMA a renforcé ses capacités pour mieux répondre aux violences intercommunautaires dans le centre du Mali en appuyant la stratégie de stabilisation du gouvernement.

La mission onusienne a obtenu des « résultats significatifs » avec la multiplication de bases temporaires et l'intensification des patrouilles pour protéger les civils.

Plus de: lejecom

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