Sénégal: Port obligatoire du masque et limitation des passagers dans les transports en commun - Dakar Dem Dikk bon élève, les autres peuvent mieux faire

14 Janvier 2021

Conformément aux nouvelles mesures prises pour endiguer la Propagation de la Covid 19, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Mansour Faye a annoncé de nouvelles restrictions dans le secteur des transports en commun. Les cars rapides, Tatas, clandos et autres sont contraints à respecter ces restrictions à savoir l'obligation du port du masque et la limitation du nombre de passagers. Toutefois, il arrivent que des clients, un fois à l'intérieur des cars, tout comme des chauffeurs et receveurs, baissent ou enlèvent tout simplement leurs masques.

Depuis que l'état d'urgence est décrété les transporteurs en commun sont en règle. Ils respectent les restrictions édictées par l'Etat selon Elhadji Gueye, chauffeur de car rapide. «Oui, on respecte l'état d'urgence ainsi que le couvre-feu. On commence à travailler à 6h et on descend à 19h-20h. Egalement on respecte le port du masque ; les gens n'ont pas ce problème, ils ont maintenant l'habitude de porter de masque.

En ce qui concerne la limitation des places, comme l'a dit le ministre, on prend 24 passagers plus le chauffeur et ça fait 25 ; donc le nombre de places assises, il n'y a pas de surcharge. Et c'est ce qui est autorisé sur la carte à grise, on ne doit pas le dépasser. On fait tout possible pour respecter ces restrictions, depuis le début». Mais force est souligner qu'une fois en banlieue, loin des montages policiers, ils prennent des passagers jusque sur les marches-pieds. Pis certains ne portent même pas de masques. Gorgui Ndiaye, également chauffeur de car rapide déplore le «manque de respect» que les agents de contrôle routier et de la circulation (policiers et gendarmes) vouent envers eux, même s'ils sont toujours en règle.

Selon lui ces Forces de l'ordre respectent plus les chauffeurs des autres moyens de transport en commun (bus Dakar Dem Dikk, minibus Tata, taxis... ). Pis, quand un ou des clients ne portent pas de masque au moment d'un contrôle, c'est eux payent à la place. «Nous on respecte toutes les règles. On travaille à l'heure et on descend à l'heure. En outre, on respecte le nombre, 24 personnes, et on porte les masques. Mais des fois, il y a des clients qui, une fois dans le car, baissent leurs masques. Et quand la Police arrive, au lieu de les arrêter eux qui ne respectent pas le port du masque, elle nous arrête, nous les chauffeurs, et nous payons très cher. Nous sommes fatigués, nous les chauffeurs de cars rapides... Même s'arrêter pour prendre un client, c'est un problème. Pour un oui ou un non, on nous arrête, ce n'est pas normal. Les Tatas font ce qu'ils veulent et on ne les arrête pas. Pourquoi les policiers ne nous respectent pas ? Nous sommes des citoyens comme tout le monde».

LES TATA ET LA NOTE DE SERVICE PRECEDANT LES RESTRICTIONS

Les minibus Tatas aussi respectent le port du masque, même s'il peut y avoir des contrevenants. Mais, en ce qui concerne la limitation des passagers, il y en a qui ne respectent pas cette mesure, selon Gora Ndiaye, chauffeur de Tata. «Le port du masque est respecté. Ici, personne ne monte dans le bus sans masque. Mais, en ce qui concerne le nombre de places, jusqu'à présent, on ne peut pas donner un nombre exact de passagers à prendre. Pour les minibus, ils prennent 40 personnes au total ; ceux qui sont assis et debout. On occupe pas seulement les places assises, il y'en a qui se mettent debout, ce n'est pas interdit.

Toutefois, il y'en a qui ne respectent pas les mesures édictées ; mais ici, au terminus 57, nous respectons toutes les restrictions». Mais, la réalité est toute autre dans nombre de ces minibus. Si le chauffeur ou le receveur ne baissent pas leurs masques en dessous du menton, ce des passagers qui procèdent de la sorte ou les enlèvent tout bonnement une fois dans les minibus souvent bondés aux heures de pointe. Et pourtant, une note de service signée le Directeur de l'exploitation du Centre d'appui à la professionnalisation aux métiers des transports (Captrans), depuis le 4 novembre 2019 et affichée dans nombre de ces cars, recommande le port obligatoire de masques dans ces moyens de transport en commun.

A défaut, le contrevenant doit descendre du véhicule. «Face à la recrudescence des cas de Covid constatée ces derniers jours, Captrans recommande à son personnel de terrain (chauffeurs, receveurs, superviseurs, surveillants... ), ainsi qu'à son aimable clientèle, le port systématique du masque, à bord des véhicules et aux alentours des gares et terminus. Tout client qui ne porte pas de masque, ou qui refuse de le porter correctement ne sera pas admis dans nos véhicules. Captrans se chargera de veiller au strict respect de cette mesure qui sera affichée au niveau de toutes les gares et terminus du réseau Aftu», lit-on dans le document. Mais il a fallu attendre les restrictions ministérielles accompagnant l'état d'urgence assorti de couvre-feu dans les deux régions de Dakar et Thiès, pour que les concernés commencent à s'efforcer à respecter cette mesure barrière.

«SANS MASQUE ON NE MONTE PAS DANS LES BUS DE DAKAR DEM DIKK»

Du côté des taxis clandestins communément appelés «clandos» aussi, les restrictions sont respectées. Le port du masque et obligatoire tout comme la limitation des passagers au nombre de places. «On respecte toutes les mesures ici. Tu vois, les vendeurs de masques sont là, partout. Et les clients portent leurs masques, on n'a pas de problème pour ça vraiment. Pour le nombre, comme d'habitude, nous avons des clandos ; on prend quatre personnes. Le ministre ne nous a pas fixés de nombre, comme ce fut le cas lors de la première vague. On travaille à l'heure et on descend à l'heure», a déclaré Moussa Diakhaté, chauffeur de clando. Pour Ibrahima Touré, trésorier au garage clandos de Liberté 6, les clients n'ont pas de problème pour porter le masque. «Ils ont l'habitude maintenant. Et nous respectons également le nombre de places». Quant aux bus Dakar Dem Dikk, le port du masque est rigueur depuis la première vague. Ils ne badinent pas là-dessus, selon Elhdji Sall receveur P9 trouvé au terminus de liberté 5. «Concernant Dakar Dem Dikk, franchement on respecte le port du masque et le nombre de places est limité. C'est 80 personnes parfois même ça ne fait pas 80. Comme l'a dit le ministre, si tu ne portes pas ton masque, tu ne vas pas monter dans le bus. Ça, les Sénégalais le savent très bien, nous nous respectons les règles.»

Plus de: Sud Quotidien

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