Madagascar: Découverte - Électric Vocuhila enivre par son interprétation du Tsapiky

Une belle surprise doublée d'une découverte des plus mélodieuses, c'est à travers ces traits que le groupe Électric Vocuhila conquiert, en une seule interprétation, les mélomanes malgaches sur les réseaux sociaux.

SURPRENANT peut paraitre comme étant un euphémisme si l'on devait décrire notre ressenti à la découverte du groupe Electric Vocuhila. Il s'agit là d'un quatuor de musiciens français talentueux, qui n'a sans aucun doute rien à envier à ses pairs sur la scène internationale, mais qui aura eu le mérite d'avoir su maîtriser avec ferveur et passion les rythmiques du « Tsapiky » malgache. Maxime Bobo au saxophone al to, Arthur Delaleu à la guitare, François Rosenfeld à la basse et Etienne Ziemniak à la batterie, Électric Vocuhila nous laisse ainsi ébahi devant leur talent.

Voilà que ces quatre français surprennent d'un trait les mélomanes nationaux en reprenant ces mélodies des bals poussières du terroir malgache, en reprenant les bases de « Manekiteky », une composition du groupe Dedake de Toliary. à l'écoute, il est quasiment difficile de discerner le fait que ce sont des musiciens internationaux habitués généralement au jazz qui nous livrent cette prestation. Le « Tsapiky » est genre typique du Sud de la Grande île, réputé pour ses rythmes entraînants, voire effrénés et galvanisants que seuls les musiciens les plus aguerris ont su conquérir.

Apprentissage et imprégnation

« C'est un tsapiky écrit en préparation de la résidence que nous devions faire en septembre dernier à Toliara. On s'est basé sur la structure classique du tsapiky en deux parties principales, le kitariky et kilatsake que connaissent en France les amateurs de Damily, ainsi que de la compilation Tsapiky, panorama d'une jeune musique de Tuléar réalisée à l'époque par Julien Mallet » évoque Maxime Bobo.

On peut ainsi affirmer d'entrée qu'Électric Vohucila maîtrise parfaitement son sujet. Le groupe a toujours su combiner des rythmiques issues de diverses musiques contemporaines africaines comme le sébène congolais, le sungura et le tsapiky à une conception orchestrale inspirée principalement par le jazz. Sur une base rythmique obstinée mais toujours mouvante, tour à tour hypnotique et frénétique, leur musique se construit librement autour de motifs fulgurants, de riffs acérés et explosifs.

La preuve en est, cette reprise de « Manekiteky » qui dès les premiers riffs d'Arthur Delaleu, les enchaînements à la batterie d'Etienne Ziemniak et l'aisance de François Rosenfeld à la basse, le tout sublimé par Maxime Bobo au saxophone nous embarque directement dans les contrées poussiéreuses de Betioky où liesse et bal populaire nous enivrent jusqu'au petit matin. Qu'on se le dise, ils continueront à se perfectionner et prévoient de passer dans la Grande île cette année pour une résidence artistique.

Un programme de collaboration à distance sous la forme de visio-conférences est déjà en cours avec l'Alliance Française de Tuléar, l'Institut Français de Madagascar et l'Alliance Française d'Antsirabe, ainsi que la participation de musiciens du Sud et des ethno-musicologues Julien Mallet et Victor Randrianary.

Plus de: L'Express de Madagascar

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