Centrafrique: MSF renforce son appui aux populations affectées par un nouveau cycle de violence

communiqué de presse

La situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer en République centrafricaine où les affrontements entre groupes armés coalisés et forces gouvernementales appuyées par des troupes étrangères se poursuivent, en marge du processus électoral. Des combats ont eu lieu aux portes de Bangui ce mercredi, entraînant la prise en charge médicale de 12 blessés par MSF au cours de la journée.

La population centrafricaine se retrouve une nouvelle fois aux prises avec une insécurité croissante, faisant plusieurs blessés et réduisant davantage encore l'accès aux services médicaux. La maternité MSF des Castors à Bangui, spécialisée dans les urgences obstétricales, a ainsi vu sa fréquentation baisser de moitié ce 13 janvier.

Depuis quatre semaines, les équipes MSF déployées à travers le pays sont mobilisées pour faire face aux afflux de blessés et répondre aux besoins liés à cette nouvelle flambée de violence. Depuis le 21 décembre, près de 170 blessés ont déjà été soignés par MSF.

Répondre aux besoins des déplacés et réfugiés

Ce nouveau cycle de violence a entraîné le déplacement et la fuite vers les pays voisins de dizaines de milliers de personnes, dans des conditions de vie souvent très précaires.

Dans le sud-est du pays, plus de 10 000 personnes ont ainsi fui la ville de Bangassou lors de l'offensive du 3 janvier, et traversé la rivière Mbomou pour trouver refuge à Ndu, en République démocratique du Congo. Depuis 2017, MSF y soutient le centre de santé local de Bondeko, où nos équipes renforcent en priorité les soins maternels et infantiles.

Vue de l'intérieur de la ville de Ndu, dans le nord de la RDC, où des milliers de Centrafricains se sont réfugiés suite à l'attaque d'un groupe armé non étatique sur Bangassou le 3 janvier. © Dale Koninckx/MSF

« Avec l'afflux massif de réfugiés à Ndu, nous avons immédiatement intensifié notre appui à ce centre de santé en y acheminant des médicaments, des vaccins et du personnel supplémentaire, explique Marco Doneda, coordinateur de projet MSF sur place. Les consultations médicales y ont logiquement explosé, avec plus de 110 patients reçus en moyenne chaque jour, principalement des femmes et des enfants souffrant de paludisme, de diarrhées, ou d'infections respiratoires. Au vu des besoins, nous allons encore accroître nos capacités médicales dans les prochains jours, ainsi que la réponse aux épidémies potentielles à travers un renforcement de la vaccination de routine. »

Outre l'appui médical aux réfugiés, nos équipes ont également installé un système de purification d'eau de la rivière, alimentant trois réservoirs en eau potable. « L'accès à l'eau est crucial pour éviter la propagation de maladies hydriques, poursuit Marco Doneda. Les conditions de vie à Ndu sont très précaires, avec très peu d'accès aux sanitaires. »

Des centaines d'habitants réfugiés à l'hôpital MSF

De l'autre côté de la rivière Mbomou, côté centrafricain, les équipes MSF renforcent également leurs activités médicales à l'hôpital régional HRUB, soutenu par MSF depuis 2014. Lors de l'attaque de la ville le 3 janvier, près de 800 personnes - dont une majorité de femmes et d'enfants - ont trouvé refuge dans l'enceinte de l'hôpital. Depuis, les équipes de MSF ont redoublé d'efforts pour assurer l'hébergement, l'accès aux soins de santé et à l'eau.

De nombreuses personnes se sont réfugiées à l'intérieur de l'hôpital régional universitaire de Bangassou soutenu par MSF après l'offensive armée contre la ville du 3 janvier 2021. © Dale Koninckx/MSF

« Bien que la situation sécuritaire se soit relativement calmée à Bangassou, la population continue d'avoir peur et, aujourd'hui encore, près de 1 600 personnes passent la nuit à l'hôpital », ajoute Marco Doneda.

Dans un pays déjà durement affecté par huit années de guerre civile, marqué par une situation d'urgence médicale chronique, l'insécurité actuelle exacerbe davantage encore la vulnérabilité de la population.

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