Ile Maurice: Interdiction du plastique - Colère et confusion, en ce premier jour...

Hier dans la capitale, les magasins longtemps réputés pour leurs produits en plastique, affichaient grise mine. À l'instar d'Iqbal Trading and Co Ltd, qui a constaté une baisse de sa clientèle : «C'est une année très difficile. Les clients commencent à nous faire des reproches», confie Rafiq Cassim, le propriétaire du magasin, dans le domaine depuis 1998. Il affirme que l'avenir s'annonce sombre. «Les sacs en plastique biodégradables ne tiennent pas. Ils sont fragiles. Les gens ne veulent pas les acheter», soutient ce dernier, désignant les nouvelles alternatives au plastique, notamment des cuillères en bois. «Elles sont plus chères, donc les gens ne veulent pas payer ce prix.»

Il souligne que certaines activités n'ont pas encore trouvé de substitution pour tous les produits. «Par exemple, les marchands de halim ne pourront pas utiliser des bols en carton. Nous sommes plus confus que jamais, certains domaines ne trouvent pas d'issue.» Et cette année, Rafiq Cassim ne compte pas importer de nouveaux produits, car sa clientèle a chuté depuis quelques semaines déjà.

Au marché central, les marchands affichent une certaine satisfaction. «Nous ne pouvons aller contre la loi. Il suffit que les gens dépensent une à deux roupies en plus pour un sac en plastique biodégradable. Sinon il y a l'option des sacs en toile à Rs 10», explique Sivom Govindasawmy, marchand de pomme d'amour. Ce dernier indique que ceux n'ayant pas les moyens peuvent toujours apporter leur propre sac. «Beaucoup de personnes procèdent de cette manière maintenant. Notre constat pour ce premier jour est que les gens ont compris.»

Mais d'autres expriment leur colère, notamment ceux qui travaillent dans les rayons viande ou poisson : «Pensez-vous qu'il soit possible que nous mettions nos poulets dans des sachets en plastique bio ? Dès que le poulet avoisine les 7-8 livres, le sac se défonce et tout tombe», proteste Goolam Sookharry, propriétaire de Sookharry Bros. Pour lui, à cause de cette loi, le travail a connu une baisse. «Parfois, les gens ne viennent pas avec leur sac, et ils refusent d'utiliser le nouveau sachet. Cette loi nous empêche de travailler convenablement.» Le commerçant estime qu'il aurait dû y avoir une exception pour tous ces types de produits. «Concernant cette première journée, nous ne pouvons dire grand-chose, mais nous savons qu'à l'avenir, cela engendrera beaucoup de problèmes. Attendons voir... »

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