Madagascar: Commerce - Le « kapoaka » remis en question

L'opération « Vidin'entana » menée par le ministère de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat (Mica) avec les responsables des marchés et les associations protégeant les droits des consommateurs, a échoué, un mois et demi après son lancement.

Ces dernières l'ont évoqué lors d'une rencontre entre les trois parties hier au Cenam à Andavamamba. D'aucuns reconnaissent la flambée des prix des produits de première nécessité surtout le riz, l'aliment de base de la population à Madagascar. À titre d'illustration, le prix du riz de variété locale comme « Manalalondo », « Mangamila » et « zanatany » s'affiche actuellement à 800 Ar le « kapoaka » sur les marchés de la capitale.

Produit incomestible. « Certes, le riz importé à raison de 550 Ar le « kapoaka » est bel et bien disponible sur les marchés, mais la majorité des consommateurs ne l'apprécient pas en raison de sa mauvaise qualité. Il fallait plutôt importer du riz de bonne qualité et non un produit non comestible pour pouvoir satisfaire les besoins des consommateurs. Un écoulement en grande quantité de riz import sur les marchés s'impose ensuite afin de réguler les prix de cette principale denrée alimentaire », ont exprimé de même voix les associations œuvrant pour la protection des droits des consommateurs et les responsables des marchés. Hormis cela, ceux-ci ont également remis en question le « kapoaka », une boîte de conserve vide, utilisée par les commerçants.

« Ce récipient est complètement truqué. Un kilo de riz ne correspond plus à trois « kapoaka » et demie. En outre, les autres instruments de pesage employés par les commerçants sont également hors métrologie légale. On peut citer, entre autres, des balances commerciales imprécises, des poids de mesure d'une même unité qui sont inégaux. Ce sont des infractions que nous avons observées lors des descentes effectuées sur les marchés », a révélé Rasolofosaonina Ratsimbazafy Eugène, le président de l'association défendant les droits des consommateurs VOMZM.

Nouveaux récipients. Force est de reconnaître que la majorité de la population achète du riz en « kapoaka » étant donné qu'elle ne peut plus se permettre d'en acquérir en kilo compte tenu de l'effritement de son pouvoir d'achat. Face à cette situation, la ministre de tutelle, Lantosoa Rakotomalala, a soulevé que les instruments de pesage seront remplacés en commençant par le « kapoaka ». « Des nouveaux récipients seront ainsi distribués prochainement aux commerçants éparpillés dans tout Madagascar », a-t-elle poursuivi.

Par ailleurs, elle a enchaîné qu'aucune rupture de stock n'a été enregistrée depuis le début de la crise sanitaire qui sévit au pays jusqu'à présent, malgré cette flambée des prix du riz. « La consultation de ces associations oeuvrant pour la protection des droits des consommateurs et les responsables des marchés vise à mener à bien les actions pour la deuxième phase de l'opération « vidin'entana » qui durera jusqu'en février », a-t-elle conclu.

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.