Sénégal: Recrudescence des cas de Covid-19 - La Cosas accuse l'Etat

16 Janvier 2021

Le bureau de la Coalition pour la Santé et l'Action sociale (COSAS s'est penché sur l'évolution de la pandémie de COVID19, caractérisée par l'apparition d'une deuxième vague au Sénégal. Selon la Cosas, la période de décrue de 3 mois (septembre - octobre - novembre) n'a pas été mise à profit par les autorités pour mettre en place des mécanismes de veille et d'anticipation et pour renforcer le système de soins par des équipements, oxygènes, laboratoires entre autres.

Le président de la République a décrété le couvre-feu assorti d'un état d'urgence. Une décision qui entre dans le cadre de limiter la propagation de la Covid dans le pays. Mais, selon la coalition pour la santé et l'action sociale (Cosas), ces mesures, même si elles peuvent aider à amoindrir la propagation du virus, se révèlent très éprouvantes pour les couches populaires par rapport à la mobilité urbaine, la promiscuité, la perte de revenus, les difficultés à se restaurer le soir et sont difficiles à maintenir dans la durée. «Elles entrainent une injustice envers les structures et individus qui ont des activités économiques nocturnes légales», ont fait remarquer les camarades de Pr Abdoul Kane.

Face à la recrudescence des cas de Covid au Sénégal, la Cosas a déclaré dans un communiqué : «ce sont les autorités, elles-mêmes qui ont pu, en mettant en sourdine la communication sur la pandémie et en apportant leur caution à de grands rassemblements comme les tournées économiques, inaugurations, anniversaires, contribuer à démobiliser les populations et donner l'impression que la pandémie était vaincue ». Face à cette situation, la Cosas a fait les propositions allant dans le sens d'initier ou de reconduire des mesures préventives rigoureuses et concertées au niveau des marchés, des lieux de commerce, des lieux de culte, des universités, des écoles, du transport avec des mesures d'accompagnement et des indemnisations, en cas de nécessité.

Privilégier la concertation à la coercition en renforçant la dynamique communautaire, qui devra tirer profit de la nature pyramidale et des acquis en matière de santé communautaire de notre système sanitaire (agents de santé / relais communautaires, matrones, badjenu gox,).

Développer cette stratégie autour des collectivités locales avec l'implication active des organisations de jeunes, les groupements de femmes, les élus locaux, les notabilités religieuses et autres personnes-ressources. Mettre sur pied / redynamiser les comités de veille et d'alerte communautaire, au niveau des quartiers, des villages et des lieux de travail, devant chacun, élaborer un plan d'action communautaire prenant en compte les réalités locales (riposte à la COVID - 19 sous directives communautés) mais aussi décentraliser les moyens y compris ceux financiers et mobiliser des financements locaux (présidents de collectivités territoriales, leaders politiques, mécènes), pour permettre à ses comités de mener leurs tâches à bien, à savoir identifier des groupes vulnérables pour les protéger et commencer à les sensibiliser sur les vaccinations à venir.

Le Cosas dans la lutte contre la pandémie du coronavirus recommande aux autorités de renforcer les capacités des acteurs communautaires dans l'accompagnement psychosocial des cas pris en charge à domicile. D'instaurer un système de suivi-évaluation à tous les niveaux, basé sur le nombre de cas, ce qui suppose un dépistage plus important et le partage des informations épidémiologiques jusqu'au niveau des localités, sans trahir pour autant la confidentialité des dossiers médicaux.

Toutefois, la Cosas encourage «les pouvoirs publics à rompre avec leur style directif privilégiant les mesures d'exception et à s'engager dans la voie d'un dialogue fructueux avec les forces vives et les communautés».

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