Cote d'Ivoire: ARTs plastiques - La touche spéciale de « Maître Susanoo »

16 Janvier 2021

Peintre autodidacte, son travail s'est imposé aux amoureux de l'art, lors de la première édition du festival des jeunes de la Riviera Palmeraie dénommé Festipalm qui a eu lieu le 26 décembre 2020.

Style abstrait où dominent les couleurs primaires, rouge, jaune et différentes tendances de bleu. Avec son écriture particulière qu'il tutoie depuis bientôt deux ans, Roméo De Meva, dit « Maitre Susanoo » entraîne facilement ses admirateurs dans le courant des artistes impressionnistes et construit progressivement sa renommée dans le monde des arts plastiques.

Un monde au sein duquel il a réalisé une performance inoubliable lors de la première édition du Festival des jeunes de la Riviera palmeraie (Festipalm), organisé le 26 décembre 2020, sous le thème : « La lutte contre l'immigration clandestine ».

Un monde où il s'impose, tant par sa palette que par ses convictions : « Je fais partie de cette génération de jeunes que j'appelle la génération sacrifiée. Une génération qui a perdu ses repères et au sein de laquelle de nombreux acteurs de la vie sociale ont perdu leurs repères et restent convaincus de ne pouvoir s'en sortir que par la voie de la politique. Mais je leur dit toujours que si nous croyons en nos convictions, nous pouvons nous en sortir. Pour le dire, je pars du fait qu'il faut avoir une vision, un rêve, mais éviter de s'arrêter au rêve. Il faut participer à l'évolution de la vie en société ».

Maître Susanoo traduit cette conviction en donnant sa part au premier Festipalm. A ce rendez-vous qui a enregistré la présence de près de 300 jeunes, Roméo De Meva, à travers son œuvre intitulée «Cœur vaillant », livre un message fort à la jeunesse sur les dangers de l'immigration clandestine.

Cette œuvre réalisée en performance présente des voyageurs clandestins sur un canot de sauvetage que l'artiste-peintre détruit par la suite, avec une composition abstraite qui, selon lui, représente tous les candidats à l'immigration clandestine. Des candidats qui ont perdu la vie dans le désert et les eaux, ainsi que tous ceux qui sont devenus des esclaves en voulant immigrer par des moyens irréguliers.

Donner aux jeunes l'occasion de croire en eux

Roméo De Meva termine sa composition par une touche d'espoir. Car pour lui, il faut éduquer les enfants et les jeunes en les encourageant à croire en eux ainsi qu'en leurs capacités à changer leur vie et celle de leurs familles. « Pour cela, il est important de leur présenter des modèles de réussite », dit l'artiste. Sa thématique s'inspire aussi du fait que pour migrer, il est indispensable de le faire dans le respect des conditions exigées.

Dans son élan, « Maitre Susanoo » propose des tableaux aux titres évocateurs. Des œuvres telles que « Espérance » et « Mouvement », pour dire que dans la vie, tout est mouvement. « Il faut être en mouvement pour entreprendre, même face à l'échec. Même dans la tombe, le corps est en mouvement au moment où il se décompose. Il faut donc toujours être en mouvement. Pouvoir dompter son instinct animal pour servir la société et non se servir », explique Roméo De Meva.

Dans une vision très philosophique, l'artiste interprète ses œuvres telles que « État d'esprit », car pour réussir son cheminement, il faut avoir un état d'esprit, une façon de vivre, de penser, de parler ou de se tenir. « Cœur vaillant », pour dire qu'à cœur vaillant, rien n'est impossible pour atteindre ses objectifs ».

Peintre autodidacte, il a embrassé ce milieu en voulant aider un de ses amis, à l'époque étudiant à l'école des beaux-arts d'Abidjan. « A la veille d'un examen, mon ami m'informait de ce qu'il avait égaré tous ses croquis. En voulant l'aider, j'ai effectué mon premier contact avec la peinture artistique. Et plus tard, je me suis entièrement lancé dans le domaine », fait savoir Roméo de Meva qui s'est aussi choisi un nom d'artiste aux sonorités japonaises : « Maître Susanoo », avec deux principaux repères dans ce domaine : l'artiste-peintre brésilien Jon One et l'Ivoirien Aboudra. Et des œuvres comme « Gardien du temple », « Fleuves d'eau vive » ou « Le bon berger », en référence au monde spirituel d'où il tire son inspiration.

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