Afrique: Brutalités policières à Bukavu - OLPA interpelle le chef de la police nationale congolaise

L'ONG de promotion et de défense de la liberté d'information déplore des actes commis par des éléments de la police contre des journalistes dans le chef-lieu de la province du Sud-Kivu et dit attendre la repression de leurs auteurs dans le cadre de la loi

Dans une correspondance adressée au commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC) avec ampliation au vice-premier ministre, ministre de l'Intérieur, de la sécurité et des affaires coutumières, l'ONG de promotion et de défense de la liberté d'information, Observatoire de la liberté de presse en Afrique (OLPA) interpelle le numéro 1 de la police nationale sur les brutalités policières subies par plusieurs journalistes à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, le 12 janvier 2021. Ces faits décriés par OLPA se sont passés lors du rassemblement organisé par un groupe d'étudiants des Instituts supérieurs et Universités de cette ville exigeant la reprise des enseignements suspendus le 16 décembre 2020 par le gouvernement.

L'organisation dit, par ailleurs, attendre du chef de PNC, de diligenter une enquête afin d'identifier les auteurs de ces actes, et les déférer devant les juridictions compétentes. « OLPA proteste vigoureusement contre la brutalité policière vécue par les journalistes travaillant dans la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, le 12 janvier 2021. C'était lors du rassemblement organisé par un groupe d'étudiants des instituts supérieurs et universités de la ville de Bukavu exigeant la reprise des enseignements suspendus le 16 décembre 2020 par le gouvernement pour freiner la propagation de la deuxième vague de Coronavirus », a fait savoir cette organisation.

Des atteintes graves à la liberté de la presse

L'OLPA rappelle, en effet, au chef de la PNC que les mauvais traitements subis par des journalistes en plein exercice de leur métier ainsi que la suppression des images du reportage sont des comportements répréhensibles prohibés par la loi. Ces actes, indique cette organisation, constituent des atteintes graves à la liberté de la presse garantie par la loi congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains dûment ratifiés par la République démocratique du Congo.

Il est, en effet, rappelé qu'Emmanuel Dewar, Jérémie Matabaro et Prince Chikala respectivement journalistes et cameraman à Canal Futur, à Radio Ngoma ya Mataifa et à Focus Congo, stations privées de télévision et de radio émettant à Bukavu, ont été molestés, le 12 janvier 2021 par des éléments de la PNC/Bukavu, à la place de l'indépendance dans la commune d'Ibanda. Il en avait aussi été le cas pour Bertin Bulonza et Claude Musengero, respectivement journalistes à Laprunellerdc.info et à Kivuavenir.com, médias en ligne basés à Bukavu. « Les éléments de PNC/Bukavu ont dispersé violemment les journalistes alors qu'ils effectuaient leur reportage sur le rassemblement précité. Plusieurs d'entre eux s'en sont sortis avec des lésions corporelles après des tirs du gaz lacrymogène. Bertin Bulonza a été interpellé par les agents de la PNC qui l'ont contraint à supprimer les images du reportage », a expliqué l'OLPA dans ce communiqué signé par son secrétaire exécutif, Kabongo Mbuyi.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.