Ile Maurice: Emotions DMC - Une cinquantaine d'employés licenciés «illégalement»

Ils ont été remerciés le 5 décembre dernier. Ayant reçu une indemnité représentant leur salaire de base, ils s'attendaient à toucher le boni de fin d'année à une date ultérieure.

En vain. Pis, ils devaient apprendre du ministère du Travail que leur licenciement est illégal. Ce sont d'anciens employés du tour-opérateur Emotions DMC, sis à Quatre-Bornes. Ils ont porté plainte contre leur ex-patron.

«Le 4 décembre, on nous a annoncé que la compagnie allait procéder à une réduction des effectifs en raison des difficultés liées au Covid-19. Le lendemain, on a reçu notre lettre de licenciement. On nous a dit que si l'on ne signait pas tout de suite, on n'allait pas percevoir de chèque. Certains ont voulu prendre le document pour se renseigner mais ils n'y ont pas été autorisés. Du coup, on s'est retrouvés dans l'obligation de signer la lettre pour ne pas perdre cet argent. On s'est dit que le paiement du boni de fin d'année suivrait. Cinquantecinq personnes sont concernées», relatent des employés qui se sont confiés à l'express.

Quelques jours plus tard, la compagnie leur a demandé de venir récupérer le document pour s'inscire au workfare programme. Sauf qu'en se rendant au bureau du Travail, ils sont tombés des nues en apprenant que leur licenciement est illégal, dans la mesure où la société n'est pas passée par le Redundancy Board avant de procéder au licenciement. «On ne savait pas que la compagnie n'avait pas suivi les procédures. C'est maintenant qu'on a appris que l'entreprise a agi en violation de la loi», déplore-t-on. D'où leur plainte au ministère du Travail. Sans compter une douzaine de licenciés qui se sont tournés vers la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé pour les aider dans leurs démarches auprès du Redundancy Board, pour renvoi illégal. D'autres licenciés concernés devraient emboîter le pas à leurs anciens collègues.

Sollicité, le directeur général d'Emotions DMC, David Collard, nous a rappelé que le secteur touristique vit les pires moments de son existence à travers le monde, en raison du Covid-19. Maurice n'y échappe pas. «Depuis mars 2020, l'entreprise a tout fait pour respecter ses engagements jusqu'au moment où la situation ne nous permettait plus de le faire, soit en décembre dernier. D'autant plus que, ne voyant pas la levée de la quarantaine, l'ouverture des frontières ne sera pas pour l'immédiat. Ainsi, il fallait décider de la pérennité de la compagnie et la reprise à la levée de la quarantaine», explique-t-il. D'où le dialogue avec les employés et la convention de rupture que certains ont acceptée volontairement alors que d'autres ont refusé.

Ils seraient toujours employés par le tour-opérateur. «Il n'y a donc pas eu de licenciements. D'où le fait qu'on n'a pas entamé les procédures en vue des licenciements. Mais on a informé le ministère du Travail de notre démarche. Si jamais certains exemployés estiment qu'ils ont été lésés, ces affaires se règlent en cour et non dans la presse. D'ailleurs, ils ont signé la convention de leur plein gré. On n'a jamais exercé de pression ou fait de chantage avec eux. C'est vrai que s'ils signaient, ils obtenaient l'indemnité sur-le-champ. Mais certains ont pris le document pour se renseigner auprès du ministère ou des avocats avant de nous faire part de leur décision», affirme David Collard.

Quid du non-paiement du boni de fin d'année ? Le directeur d'Emotions DMC réplique que les licenciés mécontents n'ont qu'à se référer à la convention de rupture.

Au niveau du ministère du Travail, on laisse entendre que tous les licenciés concernés ont porté plainte aux différents bureaux du travail à travers l'île. Ils seront tous inscrits au Workfare Programme, alors qu'une enquête a démarré sur l'entreprise.

Plus de: L'Express

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