Madagascar: Variations sur un thème

Un semblant de vent de panique souffle sur les habitants de la capitale. Une ruée vers les masques chirurgicaux, dont la vente libre en plein air a été pourtant interdite, a été observée dans certains quartiers.

Offrant un peu plus de confort respiratoire que les caches-bouches cousues mains, pouvant étouffer certaines personnes sensibles. La forte chaleur qui prévaut plaide en faveur de ces attirails, sortis de nulle part. La déclaration faite par les autorités sanitaires selon laquelle nous sommes à l'abri d'une seconde vague n'a pas trop convaincu les plus sceptiques, qui s'attendent toujours au pire, échaudés qu'ils sont par la longue, épouvante et éprouvante épreuve de l'année passée.

Leur déduction, un brin fataliste, puise son essence sur ce qu'ils voient à la télévision câblée et payante. Tous les pays d'Europe, bien nantis sur le système sanitaire, repassent à une vie sous la cloche ou durcissent les mesures de précaution. Comment pourrions nous y échapper? Quoique le couvre-feu français, avancé à 18 heures, suscite des contradictions à n'en plus finir par son manque de pragmatisme.

Toutes ces dispositions restrictives s'expliquent par les limites des gestes barrières. Peu respectés du reste, ils ne suffisent plus à endiguer la propagation généralisée du coronavirus nouvelle génération. Même l'Allemagne d'Angela Merkel, modèle de bonne gouvernance de la crise sanitaire de l'an passé, n'échappe pas à la furie d'une seconde vague plus infectieuse et meurtrière. La France se débat dans l'organisation de la vaccination de masse alors que la Norvège vient de confirmer la mort de treize personnes âgées et fragiles, suite aux effets secondaires de la première dose du vaccin de Pfizer-BioNtech.

Un incident de parcours qui devrait relancer les polémiques sur l'efficacité des découvertes des scientifiques de chaque pays. Pour Vladimir Poutine, le meilleur de tous c'est le « Spoutnik V ». Mais aucun pays occidental n'a pas passé commande. En filigrane, apparaît l'ombre de la bataille commerciale et financière opposant les magnats de l'industrie pharmaceutique mondiale.

Chez nous, personne ne veut plus revivre le cauchemar d'un éventuel confinement. Comme l'opération vaccinale ne sera pas facile à mener, ne serait-ce que par la mise en place de moyens logistiques à la hauteur des besoins, les Malgaches s'attachent aux reflexes anti-Covid. Même si laver les mains plusieurs fois tous les jours devient impossible à cause de la sécheresse. Bien entendu, des fortes têtes refusent l'existence du mal, déambulent dans les rues sans protection, exposent leurs semblables à une contamination de masse et s'exposent aux sanctions plus ou moins sévères des forces de l'ordre.

Plus de: L'Express de Madagascar

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