Afrique: CHAN 2021 sur fond de Covid - Le Cameroun n'a pas droit à l'erreur

17 Janvier 2021

Le coup d'envoi de la sixième édition du Championnat d'Afrique des nations de football (CHAN) qui met en compétition les 16 meilleures équipes africaines locales, a été donné le 16 janvier dernier au Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, au Cameroun.

La première journée du tournoi a vu le Burkina Faso et le Zimbabwe se prendre les pieds dans le tapis, en perdant respectivement face au Mali et au Cameroun à l'issue de matches qui se sont soldés par un score de zéro but contre un. Entrée en matière réussie donc pour le pays organisateur pour lequel cette compétition d'envergure modeste n'est ni plus ni moins qu'un test grandeur nature de sa capacité organisationnelle, avant la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations qui s'y déroulera en début 2022. Réussir ce tour de chauffe est un défi de taille pour ce pays, surtout dans le contexte actuel où les chiffres de la contamination au coronavirus explosent, et où la guerre fait rage aux extrémités Nord et Sud contre les islamistes de Boko Haram et les indépendantistes des régions anglophones.

On pensait que la recrudescence partout dans le monde de la Covid-19, allait proscrire la présence du public dans les stades et ôter du coup toute sa saveur à cette compétition, mais on a été heureux de constater samedi dernier que grâce à la règle de la jauge, dix mille supporters ont été autorisés à assister au match d'ouverture, dans un vaisseau qui peut en contenir quatre fois plus. Afin de limiter les risques de propagation du virus, le port du masque a été exigé à ceux qui auront la chance d'accéder aux différents stades, et la distance minimale requise entre les supporters doit être impérativement respectée. Une véritable gageure dans un pays où l'on croit de moins en moins en l'existence même du virus, et où l'on note l'abandon de plus en plus des mesures-barrières édictées par le gouvernement.

Le Cameroun devra prouver qu'il a cette fois-ci mis les petits plats dans les grands

Qu'à cela ne tienne, la fermeté doit être de rigueur à l'encontre de tous les contrevenants, comme ceux qu'on a pu voir pendant le match d'ouverture, rangeant ostensiblement leurs bavettes de protection ou se serrant les mains au motif fallacieux qu'aucune distanciation sociale comme méthode de prévention, ne peut prospérer en Afrique. On espère que pour le reste de la compétition, les spectateurs triés sur le volet auront plus de sagesse en respectant scrupuleusement les consignes, pour ne pas donner plus de soucis aux organisateurs qui s'arrachent déjà les cheveux non seulement à cause du risque de transformer le Cameroun en un vaste foyer à ciel ouvert de contamination de la maladie virale, mais aussi de la possible dégradation de la situation sécuritaire dans le Sud-Ouest en proie à une insurrection séparatiste.

L'inquiétude est d'autant plus grande que les rebelles anglophones ont menacé de perturber la compétition, notamment à Limbé où des matches ont été prévus, et à Buéa où certaines équipes ont déposé leurs pénates. Si on ajoute à tout cela, l'énorme pression sur les Lions indomptables qui, autant qu'on se souvienne, n'ont jamais gagné une compétition sportive majeure à domicile, on peut dire que le Cameroun joue gros et n'a surtout pas droit à l'erreur, d'autant qu'il a bénéficié, pour ainsi dire, d'une année supplémentaire pour parfaire l'organisation de ce tournoi, initialement prévu pour avril 2020 et reporté du fait de la pandémie.

En outre, nous sommes à seulement un an de la 33e édition de la Coupe d'Afrique des nations dont l'organisation échoit au Cameroun, après avoir été privé de celle de la 32e édition pour infrastructures sportives et hôtelières insuffisantes ou non adéquates. Le Cameroun devra, à travers ce championnat africain des nations, prouver à la CAF et à la FIFA dont le président Gianni Infantino était présent dans les gradins du stade de Yaoundé lors du match d'ouverture, qu'il a cette fois-ci mis les petits plats dans les grands pour réussir le plus grand rendez-vous sportif du continent, en janvier 2022. Et ce serait de bon augure s'il commençait la démonstration sur le plan sportif, en poussant les Lions indomptables jusqu'au sommet de la pyramide. C'est, en tout cas, le rêve de tous les Camerounais. Mais pour y arriver, il va falloir mouiller le maillot au propre comme au figuré non seulement face au Maroc qui est détenteur du titre, mais aussi à d'autres sélections qui ne sont pas allées en villégiature en Afrique centrale mais plutôt pour défendre crânement leurs chances de remporter le trophée. Au regard du niveau élevé des matches déjà joués, on peut dire qu'on est parti pour une compétition palpitante à l'issue incertaine, avec une très bonne pépinière dans chacune des équipes en compétition pour assurer la relève de ceux qui sont finissants dans les sélections nationales.

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.