Sénégal: Trafic de faux laissez-passer - Les prévenus encourent 6 mois ferme

18 Janvier 2021

L'affaire de trafic de faux laissez-passer qui avait soulevé le tollé, lors de l'état d'urgence décrété durant la première vague de l'épidémie du coronavirus, a été plaidée, le vendredi 15 janvier dernier. Le parquet a requis six mois ferme contre les deux personnes citées dans ce dossier.

Durant l'état d'urgence décrété lors de la première vague de la pandémie de la Covid-19, plus exactement en mars 2020, les forces de sécurité avaient été informées de la circulation de fausses autorisations de laissez-passer.

Avec des contrôles plus rigoureux, des escadrons de surveillance préposés sur l'autoroute sont tombés sur un chauffeur qui faisait quotidiennement des aller-retour entre Dakar, Thiès et Saint-Louis, avec un laissez-passer comportant des fautes d'écriture. Cuisiné, le détenteur, Mor Talla Syll avait révélé aux enquêteurs que le document lui a été vendu par G. J. Pène qui sera arrêté et placé sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs et faux et usage de faux dans un document administratif.

Vendredi dernier, le chauffeur poursuivi pour usage de faux et violation de la loi sur l'état d'urgence n'a pas comparu. Seul G. J. Pène a fait face aux juges de la deuxième chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar. Le prévenu, qui se dit chef d'entreprise et « dieuwrigne », a contesté la fausseté des documents ainsi que le trafic. « On m'a dit qu'il s'agit de faux laissez-passer, mais ce n'est pas vrai. Le cachet n'est pas faux. Les documents m'ont été donnés par l'ancien Directeur de la sécurité publique avant même l'état d'urgence. Je disposais d'un laissez-passer permanent. Les autres, je les offrais à mon tour à des connaissances car je suis «Dieuwrigne» mouride. Je le faisais gratuitement. Je n'ai pas besoin de les vendre car je suis chef de quatre entreprises », s'est défendu le prévenu. Mais, le juge lui a rappelé que de nombreuses pièces d'identité ont été retrouvées chez lui.

«Il n'y en avait que trois et ce sont celles de mes neveux », a répondu G. J. Pène. Revenant à la charge, le procureur de la République lui a fait savoir qu'outre les documents, huit personnes dont un Pakistanais ont été entendues et celui-ci a confié aux enquêteurs avoir payé 150.000 FCfa. « Je n'ai jamais vu de Pakistanais. Je travaille dans les carrières et je reçois beaucoup de documents. Pour M. T. Syll, cela fait plus de 10 ans que je le connais », a soutenu le prévenu. Cependant, le procureur de la République lui a dit que ses discussions sur WhatsApp et les reçus de transferts sont des preuves accablantes. Il s'y ajoute que dans le procès-verbal d'enquête, il dit être un facilitateur en démarche administrative.

À ce titre, il fréquentait le bureau du Directeur de la sécurité publique qui lui offrait gracieusement des laissez-passer vierges qu'il revendait. C'est pourquoi, elle a demandé que les prévenus soient déclarés coupables et condamnés à six mois ferme. Convaincu par les dénégations de G. J. Pène, Me Cheikh Sy a plaidé la relaxe de son client. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré au 28 janvier prochain. Il a accordé la liberté provisoire au prévenu.

Plus de: Le Soleil

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