Afrique: Les autorités montrées du doigt après les dernières violences au Darfour

Une fillette de sept ans donne de l'eau à son grand-père pendant qu'il prie dans un camp pour personnes déplacées au Darfour, au Soudan.

Les affrontements dans la région d'el-Geneina, ont fait 83 morts et 160 blessés, selon le Syndicat local des médecins. Beaucoup de voix s'élèvent pour exprimer une frustration contre le gouvernement qui, lui, tente d'apaiser le conflit sur place.

Plusieurs organisations pointent du doigt les autorités et l'armée. Pour la puissante Association des professionnels, l'attaque confirme bien l'absence des forces de sécurité et leur incapacité à protéger les civils. Selon certains éditorialistes, ces violences montrent aussi l'échec du gouvernement à empêcher la circulation des armes. Quant à l'accord de paix, signé en octobre avec les groupes rebelles notamment darfouris, ce nouveau bain de sang prouverait bien « son faible impact sur la stabilité ».

« Un sentiment de déjà vu »

Car en effet, un massacre quasi identique s'était déroulé dans la même zone, entre les mêmes communautés, il y a tout juste un an. La chercheuse Lauren Blanchard décrit ainsi « un sentiment de déjà vu ». Selon cette chercheuse, le gouvernement de transition avait pourtant « insisté pour dire qu'il était prêt à assurer la sécurité des Darfouris ». Il avait également poussé pour mettre fin à la mission onusienne Minuad, dont le mandat vient de s'achever. Pour Lauren Blanchard, il est grand temps que Khartoum « réévalue la situation ». Ce dimanche, une délégation de haut niveau, menée par le procureur de la République, est arrivée sur place afin de lancer l'enquête. Et dans la soirée, un Conseil de sécurité et de défense a décidé de l'envoi de renforts.

Manque de moyens

En attendant, le Syndicat local des médecins se plaint du manque de moyens et du couvre-feu instauré par le gouverneur. Une mesure qui compliquerait les mouvements des agents de santé et la gestion des cas les plus graves. Il a également lancé un appel au don du sang. Les médecins demandent enfin qu'on mobilise un avion pour transporter les blessés les plus graves dans d'autres endroits du pays où ils pourront être opérés.

Plus de: RFI

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