Congo-Kinshasa: Bintou Keita, nouvelle émissaire de l'ONU

La Guinéenne Bintou Keita est la prochaine représentante spéciale et cheffe de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco).

L'annonce a été faite par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Il a nommé Bintou Keita comme représentante spéciale et cheffe de la Monusco. Cette dernière va succéder à l'Algérienne Leila Zerrougui, en février, après trois années de mission.

Bintou Keita prendra ainsi la tête de la plus importante opération de paix dans le monde avec un budget de plus d'un milliard de dollars et un effectif de 15000 Casques bleus. Elle est la seconde la femme et la première d'un pays d'Afrique subsaharienne, à diriger la Monusco, mise en place en 2010.

La nouvelle cheffe de le Monusco, Âgée de 62 ans, dispose d'une trentaine d' années d'expérience aux Nations Unies, dans les domaines de la paix, de la sécurité, du développement, de l'humanitaire et des droits de l'homme.

Ces deux dernières années, elle a travaillé comme sous-secrétaire générale de l'ONU pour l'Afrique. Auparavant (2015-2017), Bintou Keita a été représentante spéciale adjointe pour l'Opération hybride (Union africaine - Nations unies au Darfour). De 2007 à 2010, elle a été également représentante exécutive adjointe du secrétaire général pour le Bureau intégré des Nations unies au Burundi.

Le mandat de la Monusco préoccupe

Dans une résolution adoptée en décembre dernier (14 voix pour et une abstention"Russie"), le Conseil de sécurité a prolongé jusqu'au 20 décembre 2021, le mandat de la Monusco. Le pays compte plus de 5 millions de déplacés internes. Une situation préoccupante pour les populations des provinces où les groupes armés sévissent toujours. Chantal Faida, activiste dans le Nord Kivu, regrette que la présence de la mission de l'ONU ne réduise pas l'insécurité à l'est de la République démocratique du Congo(RDC).

"La sécurité est une mission régalienne de l'Etat, mais aujourd'hui l'Etat a recours à la logistique et à l'équipement de la Monusco et pense que pour ces questions de sécurité, nous aurons toujours avec nous la communauté internationale. Mais à un moment, nous devons être en mesure d'agir en tant que nation", a-t-elle déclaré. Une partie de la société civile renvoie la balle dans le camp de la Monusco. L'ONU constate une évolution positive de la situation sur le terrain.

Sur cette base, la résolution demande une réduction du niveau de déploiement militaire et la zone d'opérations de la Monusco dans les régions où la menace posée par des groupes armés n'est plus significative. D'ici à 2022, certains Congolais espèrent que la Mission de l'ONU n'existera plus dans le Kasaï, au centre et au Tanganyika, dans le sud-est. Et que sa présence sera renforcée dans le Nord et le Sud Kivu, ainsi que dans l'Ituri. Pour John Sengo, ancien fonctionnaire des Nations unies en RDC, la Monusco est sous pression et cette prolongation de mandat apporte quelques nouveautés.

Certains évoquent des questions de performance des contingents. Le désengagement de la Mission demeure dans tous les cas, une option sur la table des Nations unies. Le texte de la résolution souligne la nécessité de transférer progressivement les tâches de la Monusco au gouvernement de la RDC. Le calendrier de Bintou Keita, dans ce pays, n'a pas encore été précisé.

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