Afrique: Covid-19 - Débat contradictoire sur la gestion de la pandémie au Congo

Le cercle de réflexion, le "Café du savoir", a organisé le week-end dernier à Brazzaville, une conférence-débat sur la gestion du coronavirus au Congo. Dans les débats qui ont suivi, des voies se sont levées pour fustiger la gestion de la pandémie.

La causerie-débat a porté sur le thème : « Covid-19 en République du Congo : enjeux et perspectives ». Onze intervenants ont développé des sous-thèmes se rapportant à la pandémie du coronavirus.

Développant son théme sur « la gouvernance de la Covid-19 », le Dr Gilbert Ndziessi, coordonnateur du comité de riposte de la pandémie, a fait le point de la maladie. Il a éclairé l'opinion sur les défis que le gouvernement doit relever pour diminuer la pandémie du Congo. L'épidémiologiste a indiqué qu'au Congo, comme dans d'autres pays, la maladie connait actuellement un rebond. Le pays compte de nos jours 700 cas positifs confirmés et a déjà enregistré 114 décès.

Gilbert Ndziessi a, par ailleurs, affirmé que la crise se gère tant bien que mal. Le gouvernement, a-t-il renchéri, continue à tout mettre en œuvre pour éviter le pire, en attendant que le vaccin soit rendu disponible d'ici à la fin du mois de mars. Il a fait savoir que le gouvernement a déjà acquis des congélateurs appropriés prévus pour conditionner les vaccins à moins de 80 degré.

Le Pr Nkoua-Mbon contredit

Prenant la parole à son tour, le cancérologue Nkoua-Mbon a tout mis en cause, estimant que la crise se gère plus politiquement que scientifiquement comme cela se fait partout ailleurs.

« La crise est politisée et se gère de manière anxiogène. Ailleurs, la riposte est du ressort des comités scientifiques, mais au Congo, elle se fait par un comité de riposte qui n'a rien de scientifique. Ce qui fait que les résultats ne sont pas ceux attendus. Actuellement, ce que cet organe devait faire, c'est de déterminer la variante du Covid-19 qui sévit dans notre pays. Mais, l'on ne peut pas le faire parce que le comité de riposte mis en place n'a rien de scientifique », a indiqué le Pr Nkoua-Mbon.

Le cancérologue évoluant au Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B) a, par ailleurs, affirmé que le Congo dispose des hommes capables d'effectuer ce travail avec succès, pourvu qu'ils soient commis à la tâche.

A propos du vaccin, le Pr Nkoua-Mbon ne partage pas l'avis d'en acquérir au plus pressé. Il estime que la maladie ne tuant pas à grande échelle au Congo, pour l'heure, la meilleure option serait de durcir les mesures de riposte afin de briser la chaine de contamination. Le temps d'observer d'éventuels effets secondaires que certains de ces vaccins mis sur le marché pourraient entrainer à travers le monde.

Un débat contradictoire a eu également lieu sur les bus publics appelés "Mal à l'aise", qui embarquent à ras-bord les passagers, sans respecter les mesures barrières, favorisant sans nul doute la propagation de la pandémie.

Plusieurs autres sous-thèmes ont été développés à cette occasion, portant entre autres, sur l'impact négatif du coronavirus sur l'éducation et la culture ; le Covid-19 et la force publique.

Clôturant les travaux, le coordonnateur du Café du savoir, Serge Ikiémi, a précisé que cet espace est dédié au débat d'idées et ne vise à discréditer personne.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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