Centrafrique: Résultats définitifs présidentielle centrafricaine - L'Archange Touadéra pédale dans la semoule

Président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra
billet

C'est désormais officiel et définitif, même s'il n'y avait pas vraiment de doute là-dessus.

Deux semaines après la proclamation des résultats provisoires par l'Autorité nationale des élections (ANE), la Cour constitutionnelle centrafricaine a rendu hier son verdict final sur la présidentielle du 27 décembre 2020.

Les huit juges ont certes procédé à quelques redressements des résultats et à des annulations de votes, mais ils ont rejeté les différents recours des candidats malheureux qui ont crié aux fraudes massives.

Pas de quoi bouleverser considérablement le résultat final. Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, est donc réélu avec 53,16% des voix contre 21,69% à son poursuivant immédiat, Anicet Georges Dologuélé.

Seul changement notable, le taux de participation, revu à la baisse : de 76%, il est passé à 35%, pour la simple et bonne raison que l'ANE avait pris en considération seulement les électeurs qui ont pu se rendre aux urnes dans les zones où c'était possible alors que la Cour constitutionnelle s'est appuyée sur le nombre d'inscrits sur l'ensemble du territoire national.

Il ne reste donc plus que l'investiture du réélu pour que se referme cette parenthèse électorale qui ne va rien changer à la situation du pays et au sort des Centrafricains.

Le scrutin de fin décembre s'est déroulé, ne l'oublions pas, dans un contexte d'insécurité généralisée avec la formation deux semaines avant l'échéance d'une coalition de six groupes armés qui ont décidé de marcher sur Bangui. Et ils ont bien failli y arriver.

C'est, de ce fait, un Centrafricain sur trois qui a pu accomplir son devoir citoyen. Ce qui pose du même coup la question de la légitimité du président Touadéra qui se dit pourtant heureux malgré cette victoire à la Pyrrhus.

A sa décharge, on pourrait toujours dire qu'il n'est pas responsable de la chienlit sécuritaire derrière laquelle se profile l'ombre diabolique de l'ancien homme fort du pays François Bozizé, mais cela ne change rien au délitement de l'Etat centrafricain. Une descente aux enfers que l'Archange n'a pas empêchée durant son premier quinquennat, malgré les multiples accords de paix qui n'ont jamais pu instaurer une paix durable dans ce pays-martyr, malade de ses dirigeants successifs.

Et ce n'est pas le verdict de la plus haute juridiction qui y changera quelque chose, puisque les rebelles ne se sentent pas concernés par une telle décision qui donne à Touadéra l'illusion de régner sur un pays occupé aux deux tiers.

Plus de: L'Observateur Paalga

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