Ile Maurice: Wakashio - Deux heures d'audience et des révélations à la pelle

La Court of Investigation qui doit faire la lumière sur les circonstances qui ont mené à l'échouement du MV Wakashio le 25 juillet 2020, démarre sur des chapeaux de roue. Depuis bientôt trois heures, un seul témoin est entendu à la barre. Il s'agit du Capitaine Coopen, directeur adjoint du département «Shipping». Il est interrogé par le représentant de l'Attorney General, Rajcoomar Baungally. Le capitaine Coopen a raconté qu'il est monté à bord du MV Wakashio en présence de policiers pour collecter des documents relatifs à son enquête notamment des plans de navigation, le VDR, les log books du Chief Officer, de l'ingénieur entre autres. Il a ainsi soumis un rapport basé sur des entretiens avec le capitaine ainsi que 19 membres d'équipages.

Le Wakashio a dévié trois fois de sa trajectoire

Selon le Capitaine Coopen, le vraquier japonais a dévié trois fois de sa trajectoire initiale, dans le «innocent passage». «There was a breach of this passage», martèle-t-il. Il explique que cela s'était aussi produit quand le vraquier s'approchait des côtes indonésiennes. Il se trouvait à un mille nautique de la côte. La plus grosse déviation c'était 5 jours avant l'échouement. Le navire a changé de trajectoire encore une fois pour à 22 milles nautiques des côtes mauriciennes avant de venir s'empêtrer dans les récifs de Pointe d'Esny.

«Un navire de cette taille ne s'approche pas des côtes», poursuit le capitaine qui estime qu'il est plausible que la motivation pour une telle déviation c'est de capter le signal téléphonique. «Tout changement de trajectoire doit est discuté et accepte. Vous ne pouvez pas zigzaguer comme ça,» a martelé le Capitaine Coopen. Pour lui, il est clair que c'est le Capitaine du Wakashio qui a donné les instructions pour qu'on s'approche des côtes. «It's always the master who orders to alter the course», affirme-t-il.

Plans effacés à la gomme

Le Capitaine Coopen explique aussi que tous les membres d'équipage lui ont fait le même récit : il y avait un anniversaire à bord, le Capitaine avait bu un ou deux verres de whisky et ce sont les Chief Officer le Chief Engineer qui étaient sur le pont de navigation au moment de l'échouement. Le plus grave à ce moment précis c'est que personne ne surveillait l'échosondeur qui grâce à ses sonars communique en temps réel la profondeur de l'eau et avertit des dangers à l'avant du bateau.

Le Capitaine Coopen dit avoir remarqué que les plans de navigation au nord de l'Indonésie ont été effacés à la gomme. Ce qui selon lui a été confirmé par un des membres d'équipages. «Ils ont enlevé les traces de déviations,» dénonce le Capitaine. Le Capitaine a conclu en précisant le vraquier était en parfaite condition et que tous les membres d'équipage étaient qualifiés.

Plus de: L'Express

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