Afrique: ZLECAF - La plus importante réforme politique depuis la décolonisation des années 1960

analyse

Réforme politique prépondérante

L'accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) est entré en vigueur le vendredi 1er janvier 2021, conformément aux engagements pris par les 54 États qui ont signé ledit texte et les 34 qui l'ont ratifié.

Allant à contre-courant du jacobinisme autarcique des uns, et du séparatisme féodal des autres, la Zlecaf est, sans nul doute, la plus grande révolution après les indépendances des pays africains intervenues au cours de la décennie 1960. "C'est un jour historique pour notre continent", a déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou. "Avec la Zlecaf, nous mettons fin à une histoire de 134 ans de balkanisation de notre continent. Nous sortons, par le haut, de 84.000 km de frontières qui sont autant des murs qui séparent les Africains des Africains", a-t-il ajouté.

« L'intégration économique cimentera les fondements d'une Afrique qui saura s'affranchir de l'aide internationale », a déclaré le président ghanéen, Nana Akufo-Addo. (Fatma Bendhaou 2021)

Comme la perestroïka en 1985 et la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 ont marqué la fin de la guerre froide, ouvrant la voie à un nouvel ordre mondial et à la démocratisation des pays africains, le lancement de la Zlecaf consacre les idées alternatives qui vont réformer implacablement l'Etat, la société et l'économie en Afrique.

Historique

La décision de lancer le projet de zone de libre-échange continentale a été prise en janvier 2012, lors de la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine. Subséquemment, le processus de négociation s'est amorcé en juin 2015 à Johannesburg, au cours de la 25e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine qui a fixé les objectifs, les principes et la feuille de route pour créer la Zlecaf.

Le 21 mars 2018, 44 pays ont signé à Kigali l'accord de libre-échange, à l'exception de quelques pays, tels que le Nigeria, le Burundi, l'Érythrée, la Namibie et la Sierra Leone. Tandis que le 10 février 2020, après plusieurs jours de débat, le Sud-Africain Wamkele Keabetswe Mene est élu Secrétaire général de la zone de libre-échange continentale africaine. En août 2020, le siège du secrétariat de la zone de libre-échange est inauguré à Accra au Ghana.

En raison de la pandémie de Covid-19, la mise en place de la Zlecaf, initialement prévue pour le 1er juillet 2020, est finalement effective le 1er janvier 2021. (Olivier Rogez et Marine Jeannin 2021)

Objectifs, principes et champ d'application de la ZLECAF

Conformément aux dispositions de l'article 3 de l'accord du 21 mars 2018, la Zlecaf vise à : (a) créer un marché unique pour les marchandises et les services par la promotion de la liberté de circulation des personnes, suivant la vision panafricaine d'une « Afrique intégrée, prospère et pacifique » telle qu'énoncée dans l'Agenda 2063 ; (b) créer un marché libéralisé des marchandises et services au terme des cycles successifs de négociations ; (c) contribuer à la circulation des capitaux et faciliter les investissements en s'appuyant sur les initiatives des États parties et les communautés économiques régionales (CER) ; (d) poser les bases de la création d'une union douanière continentale à un stade ultérieur; (e) promouvoir et réaliser le développement socio-économique inclusif et durable, l'égalité de genres et la transformation structurelle des États parties ; (f) renforcer la compétitivité des économies des États parties aux niveaux continental et mondial ; 5 (g) promouvoir le développement industriel à travers la diversification et le développement des chaînes de valeurs régionales, le développement de l'agriculture et la sécurité alimentaire ; et (h) résoudre les défis de l'appartenance à une multitude d'organisations qui se chevauchent, et accélérer le processus d'intégration régionale et continentale.

Aux fins de réalisation des objectifs énoncés supra, les États parties : (a) éliminent progressivement les barrières tarifaires et non-tarifaires au commerce des marchandises ; (b) libéralisent progressivement le commerce des services ; (c) harmonisent leur législation en matière d'investissement, de droits de propriété intellectuelle et de concurrence ; (d) travaillent conjointement dans tous les domaines liés au commerce; (e) coopèrent dans le domaine douanier et dans la mise en œuvre des mesures de facilitation des échanges ; (f) établissent un mécanisme de règlement des différends concernant leurs droits et obligations ; et (g) maintiennent un cadre institutionnel de mise en œuvre et de gestion de la Zlecaf.

Enjeux et atouts de la ZLECAF

Selon Wamkele Mene, premier secrétaire général de la Zlecaf, l'accord offre à l'Afrique l'occasion de s'attaquer aux plus grands défis actuels en matière d'échanges commerciaux et de développement économique, à savoir : la fragmentation du marché, la présence d'économies nationales de petite taille, la dépendance excessive à l'égard des exportations de matières premières, la distorsion entre les politiques budgétaire, monétaire et financière, un potentiel exportateur trop limité, une fiscalité prohibitive, des chaînes de valeur régionales sous‑exploitées, des barrières réglementaires et tarifaires très élevées.

« Nous devons agir dès maintenant pour démanteler le modèle économique que nous avons hérité de l'époque coloniale », a-t-il insisté.

La Zlecaf, qui représente la plus grande zone de libre-échange du monde, est susceptible de transformer le continent grâce à son marché potentiel de 1,2 milliard de personnes, et son PIB combiné d'environ 3.000 milliards de dollars américains pour les 54 Etats membres de l'UA.

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, la Zlecaf pourrait rapporter à l'Afrique 450 milliards de dollars de revenus supplémentaires, soit une hausse de 7%. Mais, faudrait-il que le marché des produits vivriers fût standardisé, contractualisé et électroniquement intégré.

Les exportations intracontinentales pourront augmenter de 81%, tandis que la progression vers les pays non africains culminerait à 19%, suscitant l'accroissement des revenus dans chaque pays, à hauteur de 10,3% pour le salaire des travailleurs non qualifiés et de 9,8% pour celui des travailleurs qualifiés. (Zeufack 2020) w.kpodo@afdb.org

C'est à cette condition que l'Afrique sera capable de tirer largement profit de la libéralisation des échanges, et de la levée des obstacles tarifaires consécutive aux accords négociés sous l'égide de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). (Harmsen R. 1995) D'autant plus que la Zlecaf aboutirait à la récupération des gains plantureux que les pays développés tirent actuellement de leurs échanges commerciaux avec les pays africains.

Dans cette perspective, l'union monétaire et douanière est prévue, à une ultime étape, pour conjurer le commerce illicite des matières premières et prévenir des chocs extérieurs, plus particulièrement, l'invasion des produits subventionnés des pays développés et ceux de la contrebande.

Stratégies d'intégration des économies africaines

Pour affronter la concurrence induite par la régionalisation des échanges dans les blocs régionaux, chaque Etat devrait renforcer la compétitivité de son économie en rationalisant l'affectation des ressources nationales. Il serait question de relever la rentabilité des entreprises par la réduction des coûts de transaction, et en définitive, des charges de leur exploitation (fiscalité, parafiscalité, législation sociale, tensions inflationnistes due à l'instabilité macroéconomique et au déficit des finances publiques, accès au crédit... )

Dans les blocs régionaux, le système économique s'apparente au vol d'oies sauvages migrant en ligne, avec des avantages aérodynamiques : chaque oiseau profite du courant ascendant produit par les ailes de celui qui le précède. Loin de se livrer à une guerre commerciale, les nouveaux pays industrialisés d'Asie ont longtemps bénéficié de la vigueur de la croissance du Japon, qui avait accepté d'être l'oie principale, avant de céder sa place à la Chine depuis une décennie.

En Afrique, les grands pays comme l'Egypte, l'Algérie, l'Ethiopie, le Nigéria, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie et la République Sud-Africaine n'auront point de cesse que leurs économies ne soient rigoureusement réformées, afin de jouer le rôle « d'oies de tête » devant enclencher l'essor économique de tous les pays qui coopèrent dans le cadre de différentes communautés économiques régionales.

Il leur revient la mission ambitieuse de promouvoir une intégration vertueuse et une augmentation du volume des échanges de biens, de services et de capitaux, à travers l'exploitation optimale de leur potentiel, le transfert technologique, le relèvement de la productivité générale des facteurs, la saine concurrence, la spécialisation économique, la réalisation des économies d'échelle et la diffusion des effets de la croissance dans les autres pays.

Dans l'absolu, la Zlecaf ne pourra réussir que si elle intégrait les économies africaines d'abord à l'échelon de collectivités locales, des provinces, de la nation, de la communauté économique régionale, et enfin, au niveau continental. Lorsqu'on veut traverser une foule, il importe d'aligner les individus qui la composent, dit-on. L'urgence serait donc de dicter les critères de convergence dans le but d'implanter, dans tous les pays membres, des régimes démocratiques sublimant les libertés individuelles, relevant la moralité publique et édifiant les institutions fondamentales de l'économie de marché.

Sur le plan économique, l'UA matérialiserait l'intégration dans un plan supranational de développement décennal, sous-tendu par la fixation des politiques publiques, des objectifs chiffrés, des moyens, des stratégies (DSRP) et mesures de performance (IDH) à suivre par les plans nationaux, en fonction du potentiel de croissance de différents pays, entraînant la mutation profonde de l'ensemble des structures de production, les complémentarités, les économies d'échelle, l'union monétaire, la protection de l'environnement, le coopératisme ou la maximisation du contenu communautaire, et toutes les autres actions susceptibles de créer le plus de valeur ajoutée à l'échelle continentale.

Six axes de réforme de la gouvernance des Etats parties seraient d'une nécessité impérieuse :

Assainissement des finances publiques afin d'accroître les ressources pour financer les investissements publics ainsi que les dépenses essentielles d'éducation et santé, ou autrement : orthodoxie budgétaire, proscription des dépenses politiques aux fins d'améliorer la qualité de la dépense, adjudication des marchés et contrats, transparence et contrôle citoyen par la publication du compte général du trésor dans le site web du gouvernement, réforme managériale de l'administration publique et de l'administration provinciale, restructuration des entreprises et établissements publics sur le pied du strict équilibre de leur compte d'exploitation, rationalisation des fonds d'investissement abusivement alimentés par la parafiscalité...

Refonte du régime fiscal (réduction des taux d'imposition, élargissement de l'assiette fiscale, suppression des taxes non rentables et diverses parafiscalités), réhabilitation de la banque centrale et renforcement du système financier national afin d'améliorer la compétitivité des entreprises locales et d'attirer les investisseurs, en priorité, les nationaux, les résidents et la diaspora.

Promotion des entreprises coopératives et mutualistes dans l'objectif de professionnaliser et tonifier la dynamique de la production des secteurs informel et rural, de manière à inciter les populations à opérer rapidement et profondément leur mutation vers la modernité économique. Bien à propos, le droit OHADA apporte une assise managériale à l'intégration régionale, par le biais des actes uniformes édictés et d'un mécanisme original d'immatriculation au fichier national (au plan national), ainsi qu'au fichier régional tenu auprès de la Cour Commune de justice et d'Arbitrage. (Issa-Sayegh J. et alii, 2012)

Accroissement du revenu national à travers l'exploitation commerciale des ressources naturelles disponibles (eau, produits agricoles, minerais, énergie, carrières, sites touristiques, textiles et artisanat traditionnels... ) et la mobilisation optimale des recettes fiscales en vue de l'avènement d'un Etat à la fois commerçant et providence suivant le modèle chinois (avec un sovereign wealth fund et des banques de développement).

Construction prioritaire, au-delà de la réhabilitation des voies d'exportation des produits de base, d'un véritable « backbone de communication » mettant en concurrence les routes, les voies ferrées, fluviales et aériennes, les pipelines, aqueducs, associant côte à côte les lignes téléphoniques et électriques, la fibre optique, avec l'apport de l'internet et de la téléphonie mobile.

Le réseau national et régional des voies de communication sera la clé de voûte du système qui chapeautera les voies provinciales et locales suivant le cycle hamiltonien. Le gouvernement central et l'Union Africaine aura la charge de l'ossature du système, tandis que les provinces et collectivités locales prendront en charge les bretelles de sortie avec l'appui des organisations associatives et coopératives.

Libre circulation des personnes et des biens, en renforçant, toutefois, les systèmes nationaux de défense, de protection civile, de migration, d'investigation et de sûreté des routes réservées au trafic international. Cela revient à bannir les discriminations ethniques, à réprimer les tracasseries administratives et policières, à cantonner les forces armées et à contrôler strictement ou emmagasiner les armes à petit calibre.

Système coopératif et stratégies d'intégration économique

Dans le processus d'édification de la Zlecaf, les gouvernants africains se doivent de parier sur l'homme, ou plus précisément, sur les hommes groupés en sociétés coopératives. Bodin n'écrivait-il pas au XVIe siècle qu' « il n'est de richesse que d'hommes ». Le plan stratégique d'intégration économique devrait être axé sur l'édification, à l'échelon de chaque nation, d'un cadre institutionnel de solidarité et de participation des populations aux activités socioéconomiques, aux fins de promouvoir l'autogestion des ressources nationales.

S'appuyant sur la puissance induite par l'union des forces, les institutions coopératives pourront concourir à fédérer les masses populaires, en vue d'exercer plus d'initiative dans l'amélioration de leur existence, en bannissant les discriminations raciale, tribale, religieuse ou politique. Elles seront, de facto, les forces motrices de la croissance économique et de la diversification de l'économie rurale.

Ainsi, ceux qui naguère étaient considérés ensemble comme un facteur du sous-développement, seront outillés pour y apporter des solutions ; ceux qui opposaient la force d'inertie au progrès, seront enclins à opérer une mutation technologique pour devenir des agents de développement. Les villages se transformeront en pôles territoriaux de développement économique, tandis que dans les villes, l'éclosion de la classe moyenne coopérative tirera les nationaux du secteur informel, pour prendre une part active dans les branches les plus rentables de l'économie nationale, jusqu'alors exclusivement contrôlées par les multinationales et les entrepreneurs expatriés.

Dans la plupart des pays africains, particulièrement ceux de l'Afrique subsaharienne, les secteurs productifs se sont effondrés depuis les années 1970, laissant la place à l'économie informelle et souterraine. Quoique dominante, cette forme de l'économie gaspille les rares ressources nationales. Aussi, serait-il urgent de réorganiser dans des unités de production coopératives (économie solidaire et démocratique), les 72% de la population qui mène les activités de survie dans le secteur informel (statistique du BIT).

Dans cette perspective, le secteur agricole, qui domine les campagnes africaines, est appelé à devenir, sous l'impulsion du mouvement coopératif, un pôle dynamique et une source majeure d'emplois et de revenus pour de nombreuses familles rurales. C'est dire à quel point l'instauration des coopératives dans l'agriculture y diversifierait la production, engendrant ipso facto une augmentation des revenus globaux et individuels. Cette démarche est essentielle à la réalisation de l'objectif de réduction de la pauvreté, parmi ceux retenus par la communauté internationale pour le millénaire (ODD).

Les bénéfices pour les autres secteurs économiques sont tellement importants qu'Arthur Lewis affirme que le développement nécessite une mutation agricole préalable, c'est-à-dire une modernisation technique, financière, commerciale et managériale du secteur agricole.

Tout partira du surplus de revenu suscité par l'amélioration du rendement agricole, du fait de la fédération des forces sociales et de la rationalisation de méthodes de production. Ce flux de revenu incitera les agriculteurs bénéficiaires à participer à la fondation des coopératives d'épargne et d'investissement.

A leur tour, ces dernières constitueront des fonds commun d'investissement dans l'objectif de participer au capital des entreprises opérant dans les autres sphères de la vie sociale, si elles ne créent pas elles-mêmes, suivant les priorités locales, des coopératives de production, d'habitat, d'énergie, d'eau et assainissement, de santé, d'éducation, du « cantonnage » de routes, de protection civile, du tourisme et des coopératives traitant des activités artistiques et sportives.

C'est précisément en réussissant à déclencher la croissance dans l'agriculture, dans un continent qui a une vocation agricole, que le mouvement coopératif fournira à l'immense majorité des Africains les moyens indispensables à la création et entretien des équipements collectifs, faisant des communautés rurales, des pôles de développement économique.

Par ailleurs, la réforme coopérative des méthodes d'exploitation agricole, mettra fin à toutes les agressions sur l'environnement, plus spécialement, les feux de brousse et la pression des eaux de ruissèlement des habitations sur les routes de desserte agricole.

A travers le mouvement coopératif, les PME et PMI africaines pourront adopter des réformes managériales qui boosteront leur productivité face aux produits étrangers, étant donné la tendance incontournable de mondialisation et d'intégration régionale (CEEAC, COMESA, SADC... ).

En ce qui concerne le commerce international, les coopératives africaines pourront, à l'instar de celles du Danemark, rechercher activement les débouchés en Afrique et dans le monde entier. Il sera question de développer les échanges de produits vivriers, de produits transformés et d'intrants entre les pays potentiellement riches de l'Afrique centrale, de l'Afrique de l'Ouest humide, de l'Afrique australe, d'une part, et les régions arides du Sahel, l'Afrique de l'Est montagneuse ainsi que la bande s'étendant depuis la côte de l'Angola à travers le Botswana et le Lesotho, jusqu'au sud du Mozambique, d'autre part.

Dans l'absolu, le système coopératif apportera la solution aux dilemmes institutionnel et culturel africains. D'une part, les structures économiques orientées vers les intérêts de la métropole, ne peuvent sous-tendre un régime démocratique.

D'autre part, l'on ne peut appliquer des politiques économiques libérales à des populations qui sont foncièrement communautaires. En Afrique, le développement ne peut être que communautaire, appelant des sociétés coopératives autogérées, performantes, avec recours aux techniques managériales et d'audit modernes. (www.economie-developpement.com)

Dans cette optique, les coopératives locales de crédit et d'investissement pourront se liguer au niveau provincial en une ou plusieurs fédérations coopératives d'investissement, qui deviendront des partenaires de l'Etat (Fonds souverain d'investissement de l'Etat), de la Province (Fonds d'investissement de la province), des partenaires techniques et financiers internationaux, des universités et centres de recherche, ainsi que des Services et établissements publics spécialisés dans les différents secteurs.

A l'instar des pays d'Asie, les Etats africains doivent améliorer le système éducatif en vue de se doter d'un capital scientifique, permettant de bâtir une économie privilégiant les intérêts nationaux. « L'union fait la force », telle est la devise coopérative et le credo des peuples suisse, israéliens et danois. Ces derniers ont puisé dans la doctrine coopérative les ressources pour instaurer un système d'autogestion de principales branches de leur économie nationale, et développer le savoir-faire scientifique et le courage de surmonter ensemble n'importe quelle difficulté.

Particulièrement, les kibboutz israéliens étaient inspirés de la vie des apôtres de Jésus-Christ qui menèrent une existence communautaire, rattachée à la Bible, en guise de leur expression de l'amour de Dieu et du prochain (Actes 4 : 32-35).

Conclusion et recommandations

L'Afrique est à la croisée des chemins et doit aujourd'hui prendre le tournant décisif vers son développement socio-économique. Dans sa recherche d'une voie de sortie de la crise exacerbée par la pandémie de COVID 19, elle devrait implémenter la Zlecaf suivant la vision d'une nouvelle société prospère, fondée sur le panafricanisme, le droit et la justice.

A tout prendre, l'urgence serait de réformer, au niveau de chaque nation, le système éducatif en vue d'accroître, en effectifs et en qualité, la corporation des ingénieurs, informaticiens et experts en sciences de base qui pilotera, dans les provinces et ETD, l'adaptation de la recherche de base aux réalités locales. Ces leaders de proue mèneront la stratégie de vulgarisation de nouvelles techniques d'exploitation des ressources naturelles auprès des populations, afin de les amener à opérer rapidement et profondément les mutations technologiques, en droite ligne de la politique de professionnalisation des agriculteurs et artisans informels. Leur action pourra transformer les villages en véritables pôles de coopération économique qui constitueraient la base de l'intégration au niveau national, régional et continental. (www.economie-developpement.com)

Dans la foulée des réformes, un grand effort d'éducation populaire sera déployé pour combattre les antivaleurs telles que la corruption, la fraude, le tribalisme et le népotisme, dans l'optique du relèvement de la moralité publique.

Le courant réformiste devra engager tout le peuple, comme par serment, dans un nouveau contrat social puritain, afin que le Continent africain prospère et vive dans la paix. (Pour une vision clairvoyante de la nouvelle donne socioéconomique, se référer à la Bible : Deutéronome 28 : 1- 14 ; 2 Chroniques 15 : 12-15 et Jérémie 11 : 3-5).

Qu'on ne s'y méprenne plus, Jésus-Christ a apporté dans le monde la lumière pour le salut d'un chacun et de tous les peuples. Convaincus par l'évidence, les réformateurs sociaux s'accordent à dire qu'aucun système de gouvernance ne peut assurer le bien-être général, s'il n'adopte, de manière formelle ou non, les vertus transcendantales que sa doctrine sublime (inspiré de l'Evangile selon Jean 3 : 16-21).

Prenant le contre-pied de la conception matérialiste du capitalisme de Karl Marx, le sociologue Max Weber a démontré que les valeurs religieuses pouvaient expliquer l'apparition du capitalisme moderne.

En effet, l'éthique protestante réprouve la jouissance des richesses, la thésaurisation et la dépense ostentatoire, qui ne sont pas des comportements économiques privilégiés. Elle prône, par contre, l'investissement en capital, favorable à la croissance économique.

Le croyant est résolument poussé à adopter une conduite de vie où l'assiduité au travail, de même que son organisation méthodique et ascétique, servent de moyens pour confirmer son salut. Comme jadis le calvinisme encourageait un comportement économique nouveau, marqué par la valorisation d'un ensemble de valeurs, comme le goût de l'épargne, l'abstinence et le refus du luxe, la discipline du travail et la conscience traditionnelle. (Max Weber, sociologie de la modernité et aussi dans le dossier : protestantisme et l'esprit du capitalisme, 1905).

Afin de sortir de l'ornière des antivaleurs qui constituent la contrainte sociale du sous-développement, la stratégie de bon aloi serait de bâtir, suivant les enseignements de Jésus-Christ, un système fondé sur les valeurs chrétiennes intemporelles. (cf. livre de Psaumes 127 : 1 et Evangile de Jean 8 : 31-32).

Ainsi, les élites africaines pourront se départir de foires d'empoigne, de la gabegie, de la prébende, de l'immobilisme et des pratiques innommables, en se repentant de tous les projets pervers et contre-productifs, aux fins de s'aligner sur la parole de Dieu et le renouvellement de l'intelligence. (À la lumière des Livres de Proverbes 1 : 7 et d'Esaïe 60 : 9-22).

Cette vérité suscitera l'avènement d'un management clairvoyant, aspirant à la réalisation des œuvres puissantes, susceptibles de booster la croissance et le développement économique dans les pays africains. D'autant plus que, dans sa phase d'expansion, la nation accédant au cercle des pays émergents, enregistre souvent un boom économique qui ressemble, dans le fond, au courant impétueux venant du ciel comme dans le livre des Actes des Apôtres 2 : 2.

De ce point de vue, il faudrait une révolution morale et spirituelle dans les institutions et dans toutes les nations. L'évangile de Jésus-Christ peut alors constituer la voie royale de sortie de la crise actuelle, en instruisant les peuples à rechercher les valeurs morales et spirituelles qui constituent le code déontologique du développement socio-économique, et la clé de maîtrise de la donne économique (2 Chroniques 7 : 14 et Malachie 3 : 10-18).

Fait à Kinshasa, le 18 janvier 2021

Albert LUTETE MVUEMBA

Expert Economiste Indépendant

Centre de recherche pour la promotion de l'économie coopérative

www.cerpec-coopérative.com

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