Madagascar: Sénateurs nommés - Rajoelina relègue au second plan les politiciens et priorise les magistrats

Razafimahefa Herimanana

Désormais, les membres du Sénat sont au grand complet.

Deux femmes et 16 hommes. Ce sera donc la composition du nouveau Sénat qui sera opérationnel dans les heures qui viennent. En effet, conformément à ce que prévoit la Constitution, la Présidence de la République a publié hier le décret comportant la liste des 6 sénateurs nommés pour le quota du président de la République. Il s'agit d'une femme et de cinq hommes.

Le président Andry Rajoelina a levé le suspense à la veille de l'ouverture de la session spéciale durant laquelle les membres de la Chambre haute vont élire leur président. Herilaza Imbiky, actuel Secrétaire général du Ministère de la Justice, Landy Mbolatiana Randriamanantenasoa, actuellement Conseillère auprès de la Cour d'appel d'Antananarivo, Hajaniaina Tahiana Andrianandrasana, Substitut du Procureur au niveau du Pôle Anti-Corruption, Jean André Ndremanjary, ancien ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle et non moins ancien ministre des Sports, Tsiebo Victor Mahaleo, ancien membre du Congrès de la Transition, ainsi que Richard Barjohn Ramanambitana qui, avant sa nomination, a travaillé au sein de la Commune Urbaine d'Antananarivo en tant que Directeur de la Communication institutionnelle.

Priorisés. Désormais donc, les membres du Sénat sont au grand complet. Avec deux femmes et 16 hommes, la parité n'est pas respectée. En ce qui concerne les membres nommés, l'on peut voir que le président Andry Rajoelina a choisi de faire confiance à des magistrats et des juristes chevronnés. Ce qui est plutôt normale dans la mesure où la première mission du Parlement est de légiférer. Parmi ces sénateurs nouvellement nommés figure un originaire de Toamasina, d'Antananarivo, de Fianarantsoa et de la partie Sud-est.

En tout cas, bon nombre de politiciens, surtout ceux proches du régime qui ont souhaité obtenir un » seza » sont déçus de cette décision présidentielle. A première vue, l'on peut affirmer qu'Andry Rajoelina a relégué au second plan les politiciens pour accorder la priorité aux techniciens. Cette décision fera certainement des malheureux dans les rangs des partisans de la Révolution orange qui se sont déjà rassemblés autour d'une fête le week-end dernier. Il convient toutefois de noter que pour la nomination de ses 6 sénateurs relevant de son quota, Andry Rajoelina a choisi de s'en tenir à la décision de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) qui stipule que « ... la composition et le nombre des sénateurs désignés par le président de la République sont fidèles aux exigences de la Constitution dans cette même proposition, qu'en voulant imposer deux collèges de sénateurs élus et nommés, le constituant a voulu instaurer une différenciation entre deux catégories de membres du Sénat non seulement à partir de leur mode de désignation mais aussi de leur origine ; que les sénateurs élus au suffrage universel sont censés être issus des partis politiques ou être des candidats indépendants. Que les sénateurs nommés doivent être issus des forces économiques, sociales et culturelles, ou choisis en raison de leurs compétences particulières, que leur décret de nomination doit respecter à la lettre ces critères exigés par la Constitution, qu'en tout état de cause, ils ne doivent pas être choisis en raison de leur appartenance politique « .

En quelque sorte, la HCC exige que les postes de sénateurs élus soient réservés aux politiciens et que les sénateurs nommés ne doivent pas être issus des partis politiques. Joint au téléphone hier soir, un haut responsable au sein du Mapar a expliqué le cas de Tsiebo Mahaleo qui ne serait pas du tout membre du TGV et ne disposerait même pas de carte d'adhésion au parti. Même situation pour l'ancien ministre Jean André Ndremanjary qui a opté pour le silence politique depuis belle lurette. Quant à lui, Richard Ramanambitana a soutenu Andry Rajoelina durant la période de campagne électorale non pas au sein d'un parti politique mais plutôt d'une organisation associative.

Quoi qu'il en soit, plus d'un a vu un piège dans cette décision de la Haute Cour Constitutionnelle. Un piège dans lequel le Chef de l'Etat n'est pas tombé en optant pour des magistrats. Par ailleurs, la HCC laisse planer aussi le doute et une incompréhension du côté du Palais de verre d'Anosikely dans la mesure où la session spéciale pour l'élection du président qui remplacera Rivo Rakotovao aura lieu ce jour alors que la passation de pouvoir n'est prévue avoir lieu que le 25 janvier, c'est-à-dire dans une semaine. La question est donc de savoir si avant de quitter Ambohidahy, l'équipe de l'actuelle HCC n'envisage d'abord pas de jouer le trouble-fête.

Plus de: Midi Madagasikara

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