Congo-Brazzaville: Savoir lier santé humaine et environnementale pour prévenir des pandémies futures

La tendance à la hausse des maladies zoonotiques est due à la destruction de notre environnement naturel causée par la dégradation des sols, l'exploitation de la vie sauvage, l'extraction des ressources, le changement climatique et d'autres facteurs ayant des conséquences négatives sur l'environnement.

Une nouvelle évaluation sous forme d'un rapport publié par des experts de l'Organisation des nations unies (ONU), propose dix recommandations et identifie l'approche « Un monde, une santé » comme le meilleur moyen de prévenir des futures pandémies et d'y répondre.

Le rapport intitulé : « Prévenir de prochaines pandémies - Zoonoses et comment briser la chaîne de transmission », identifie sept tendances à l'origine de l'émergence des maladies zoonotiques, notamment la demande accrue en protéines animales, l'augmentation de l'agriculture intensive non durable, l'utilisation et l'exploitation croissante des espèces sauvages et la crise climatique. Le rapport constate que l'Afrique en particulier, qui a connu et riposté à un certain nombre d'épidémies zoonotiques et plus récemment, aux épidémies d'Ebola, pourrait fournir des solutions importantes pour juguler les futures épidémies.

Chaque année, plus de deux millions de personnes, principalement dans les pays à faible et moyen revenu, meurent de maladies zoonotiques dites « négligées ». Ces mêmes épidémies peuvent provoquer de graves maladies, des décès et des pertes de productivité parmi les populations d'animaux d'élevage dans le monde en développement, un problème majeur qui maintient des centaines de millions de petits agriculteurs dans une grande pauvreté. Rien qu'au cours des deux dernières décennies, les zoonoses ont causé des déficits économiques de plus de 100 milliards de dollars, sans compter le coût de la pandémie de covid-19, qui devrait atteindre 9000 milliards de dollars au cours des prochaines années.

Les pays africains ont l'opportunité de prendre la tête des efforts de prévention des pandémies

Les zoonoses sont en hausse partout sur la planète. Les pays africains, dont un certain nombre, ont réussi à juguler des foyers de zoonoses mortelles, ont la possibilité de tirer parti de cette expérience pour faire face à de futurs foyers grâce à des approches qui intègrent la santé humaine, animale et environnementale. Le continent abrite une grande partie des forêts tropicales humides et autres terres sauvages encore intactes du monde. L'Afrique abrite également la population humaine dont la croissance est la plus rapide au monde, ce qui entraîne une augmentation des rencontres entre le bétail et la faune sauvage et, par conséquent, le risque de maladies zoonotiques.

Cependant, grâce à leur expérience de lutte contre le virus Ébola et d'autres maladies émergentes, les pays africains se sont montrés réactifs dans leur gestion des épidémies. Ils appliquent, par exemple, de nouvelles approches de contrôle des maladies fondées sur les risques plutôt que sur des règles, qui sont mieux adaptées aux milieux pauvres en ressources, et ils associent l'expertise humaine, animale et environnementale dans des initiatives proactives conformément à l'approche « Un monde, une santé ».

Dix recommandations

Le rapport identifie dix mesures pratiques que les gouvernements peuvent prendre pour prévenir de futures épidémies de zoonoses :

Investir dans des approches interdisciplinaires, dont l'approche « Un monde, une santé » ; Développer la recherche scientifique sur les zoonoses ; Améliorer les analyses coûts-avantages des interventions pour y inclure la comptabilisation du coût total des impacts sociétaux des maladies ; Sensibilisation aux zoonoses ; Renforcer les pratiques de surveillance et de réglementation associées aux zoonoses, y compris les systèmes alimentaires ; Encourager les pratiques de gestion durable des terres et développer des alternatives pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance qui ne reposent pas sur la destruction des habitats et de la biodiversité ; Améliorer la biosécurité et le contrôle, identifier les facteurs clés des maladies émergentes dans l'élevage et encourager les mesures de gestion et de contrôle des zoonoses qui ont fait leurs preuves ; Soutenir la gestion durable des paysages terrestres et marins qui favorisent la coexistence durable de l'agriculture et de la vie sauvage ; Renforcer les capacités des acteurs de la santé dans tous les pays ; Rendre l'approche « Un monde, une santé » opérationnelle pour la planification, la mise en œuvre et le suivi de l'utilisation des terres et du développement durable, entre autres.

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