Centrafrique: Firmin Ngrebada, PM RCA - «Le peuple a décidé, félicitations au Président Touadéra, hommage mérité à Mankeur Ndiaye et à toute la Communauté internationale»

19 Janvier 2021
interview

Le Premier ministre centrafricain n'est pas surpris que son leader, le Professeur Faustin Archange Touadéra, soit reconduit à la tête du pays. Dénonçant les manœuvres de l'opposition qui a usé à la fois des stratégies politiques et militaires afin d'empêcher la tenue du scrutin, le Premier ministre qui a félicité ses compatriotes, les pays de la sous-région et la communauté internationale inscrit l'action de son gouvernement dans la voie tracée par son leader qui, dit-il, a donné des résultats satisfaisants. Mais pour que le pays puisse se défendre, il demande la levée de l'embargo de l'Onu sur les armes.

Monsieur le Premier ministre, la Cour Constitutionnelle vient de confirmer la réélection du Président Touadéra au 1er tour de la Présidentielle du 27 décembre 2020. Quels sont vos sentiments ?

Depuis son accession à la magistrature suprême, en 2016, le Président Faustin Archange Touadéra ne s'est accordé aucun répit face aux multiples défis et qui ne sont pas des moindres. Tout au long de son quinquennat, il s'est investi corps et âme dans la recherche de solutions efficaces et durables aux attentes légitimes de son peuple. Tout le peuple en est conscient et reconnaissant du progrès obtenu dans les domaines sécuritaire, économique et social et particulièrement, la libre circulation ayant permis à chacun de vaquer librement à ses occupations. Et c'est de façon souveraine, qu'il lui a renouvelé sa confiance malgré toutes les manœuvres visant à empêcher la tenue du 1er tour de ce scrutin.

Il s'agit là d'une victoire de la démocratie, d'une victoire du peuple contre les fossoyeurs de la République et leurs alliés. J'éprouve donc, un sentiment de profond respect et d'une grande fierté pour nos concitoyens qui ont fait montre de détermination, de maturité et de clairvoyance à travers ces élections. Ces résultats démontrent à suffisance, la ferme volonté du peuple centrafricain à tourner définitivement la page des errements politiques qui ont marqué l'histoire de notre pays et privé nos concitoyens de meilleures opportunités.

Le peuple, dans sa souveraineté, a décidé de rompre et de bannir l'idée de compromis politiques pour faire place à la pratique de véritables alternances démocratiques.

Je saisis cette occasion pour adresser, à nouveau, mes chaleureuses félicitations au Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence, le Professeur Faustin Archange Touadéra, pour sa brillante réélection à la magistrature suprême.

Comment le Gouvernement a-t-il pu faire face aux craintes nées des menées des rebelles ?

Quelle crainte ? Non aucune ! Nous étions, certes, préoccupés, mais pas craintifs. D'ailleurs, «le Plan intégré de sécurisation des élections» qui avait déjà permis l'enrôlement des électeurs sur toute l'étendue du territoire, y compris dans les zones d'insécurité, avait été conçu pour faire face aux menaces susceptibles de perturber le bon déroulement du processus électoral.

Malheureusement, ce que nous avons vécu, est une entreprise longuement préparée et mise en œuvre par l'ancien Président, François Bozizé, avec ses complices et visant à créer les conditions pour faire le lit à des arrangements politiques, permettant de passer outre la décision de la Cour Constitutionnelle invalidant sa candidature.

Le peuple l'a compris et s'est levé comme un seul Homme pour faire échec à ces basses manœuvres qui sont non seulement contraires à ses aspirations, mais violent également sa souveraineté ainsi que les principes démocratiques établis.

Je me dois d'ajouter, enfin, que mesurant la menace, nous avons aussitôt activé les accords de défense avec certains pays amis et frères pour renforcer la sécurisation du processus électoral. Cela nous a permis, malgré tous les mécanismes nuisibles activés dans plusieurs villes, de tenir le pari du 27 décembre 2020.

Des partis de l'opposition ont demandé l'annulation des résultats des élections du premier tour. Qu'en dites-vous ?

Vous savez, depuis le début du processus, l'opposition démocratique s'est inscrite dans la logique d'une concertation devant déboucher sur une transition politique malgré le rejet par la Cour Constitutionnelle de l'idée d'une prorogation du mandat du Président de la République ou d'une transition politique. Voyez-vous ? L'opposition dite démocratique et la rébellion se sont accordées pour empêcher tout d'abord, la tenue des élections par tous les moyens. Mais, n'ayant pas atteint cet objectif, elles se sont résolues à demander l'annulation des élections, la première par des recours auprès de la Cour Constitutionnelle, la seconde par les armes. C'est tout de même curieux.

Ailleurs, c'est l'opposition qui réclame la tenue des élections quand le Président sortant cherche à retarder. Chez nous en Rca, c'est tout le contraire : le Président et son Gouvernement tiennent coûte que coûte à aller aux élections pendant que l'opposition se démènent à tout mettre en œuvre pour que cela ne se tienne pas. Beaucoup ont appelé ne pas aller voter, d'autres ont poussé les rebelles à boycotter. Et aujourd'hui, les mêmes dénoncent la faible participation et demandent l'annulation des élections organisées malgré tout dans la transparence et en présence des observateurs nationaux et internationaux.

En tout état de cause, la Cour Constitutionnelle vient de rendre sa décision en confirmant les résultats proclamés par l'Autorité nationale des élections, en ce qui concerne le Présidentielle et ce, en toute indépendance, se fondant uniquement sur les dispositions légales.

Quelles perspectives économiques tracez-vous pour le pays ?

Je tiens tout d'abord à rappeler que les choix économiques faits par le Président de la République et les réformes mises en place par le Gouvernement sous son autorité, ont permis d'obtenir des résultats économiques probants.

J'en veux pour preuve les quatre constats majeurs qui suivent :

Primo, le bon taux de croissance de la Rca (+04% en 2019) ; le programme de Facilité élargie de crédit - FEC (06 revues) signé avec le Fonds monétaire international (FMI) et les négociations pour un plan triennal, ce qui démontre les progrès de l'économie centrafricaine.

Secundo, l'amélioration relative de la situation économique et financière avec le redressement du Pib de -37% en 2013, nous sommes passés à +03,8% en 2018 et 04,5% en 2019 ;

Tertio, la rationalisation des dépenses publiques avec la mise en place d'un mécanisme de lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance ;

Enfin, l'amélioration du climat des affaires avec l'opérationnalisation du Cadre de concertation du secteur public-privé. De 46 milliards de recettes intérieures en 2013, nous avons pu obtenir 112 milliards en 2018, et environ 120 milliards en 2019.

Tous ces chiffres sont le fruit des réformes exigeantes mises en place dans la vision du Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence, le Professeur Faustin Archange Touadéra.

Par ailleurs, la conclusion, dès le début de cette année, d'un nouveau programme triennal avec le Fmi démontre que le Gouvernement a assuré une bonne gestion financière et économique au cours des cinq dernières années.

Pour le reste, nous poursuivrons les efforts à travers les réformes entamées.

Le 13 janvier dernier, dans la capitale Bangui, nous avons été les témoins oculaires d'attaques armées particulièrement mortelles coordonnées par divers franges rebelles réunies dans la Coalition des patriotes pour le changement. Quels sont vos sentiments personnels ?

Il s'agissait clairement d'une tentative de coup d'Etat visant à renverser les institutions de la République. En ma qualité de Premier ministre, Chef du Gouvernement et sous l'autorité du Président de la République, Chef de l'Etat, je ne ménagerai aucun effort avec mon Gouvernement et l'appui de tous les partenaires pour faire échec à cette entreprise meurtrière et insensée afin d'assurer la sécurité de nos populations.

Je tiens à préciser qu'il s'agit d'un crime imprescriptible et que tous les moyens seront mis en œuvre pour que les auteurs de ces actes et leurs complices soient arrêtés et traduits en justice. Ce travail est déjà en cours. En effet, lors des combats, beaucoup de ces terroristes ont été appréhendés et mis à la disposition de la justice. Une enquête est déjà ouverte à cet effet.

Quel est le rôle de la Minusca et particulièrement du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Chef de la Minusca, Monsieur Mankeur Ndiaye ?

La Minusca est en République Centrafricaine suite à une Résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies qui lui donne un mandat de protection des populations civiles, la sécurisation du processus électoral et, entre autres, la réduction des capacités de nuisance des groupes armés.

C'est dans ce cadre que la Minusca, sous le leadership du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Mankeur Ndiaye, a agi en appui des Forces de défense et de sécurité centrafricaines pour protéger les populations civiles, les institutions et surtout le processus électoral, même si de nombreux défis sécuritaires subsistent encore. Nous appelons pour cela, la Minusca qui dispose d'un mandat complet et robuste à plus d'efforts.

C'est donc l'occasion de réitérer, de manière solennelle, la reconnaissance du Gouvernement et du peuple centrafricain pour le rôle significatif joué par la Minusca ayant contribué à la stabilisation de notre pays et à la tenue du 1er tour du double scrutin dans les délais constitutionnels. Nos remerciements aussi pour la riposte vigoureuse opérée aux côtés des Forces de défense et de sécurité centrafricaines ainsi que des forces alliées pour repousser les terroristes de la Cpc lors des récentes attaques du 13 janvier.

Aussi, voudrais-je rendre un hommage mérité à Monsieur Mankeur Ndiaye pour son engagement personnel et constant ayant impulsé une véritable dynamique au sein des troupes onusiennes. Qu'il reçoive le soutien renouvelé du Gouvernement et du Président de la République, Chef de l'Etat.

Je saisis, enfin, cette opportunité pour m'incliner devant la mémoire des Casques Bleus et de tous les vaillants soldats tombés sur le champ d'honneur, et exprime mes encouragements à ceux qui sont blessés pour la cause centrafricaine.

Que faut-il faire pour permettre au pays de retrouver la stabilité ?

Depuis son accession à la magistrature suprême, le Président de la République a privilégié la politique de la main tendue à travers le dialogue et la négociation avec les groupes armés. Cependant, à partir du moment où certains signataires de l'accord politique de 2019 ont renoué avec la violence, le Gouvernement a décidé de faire recours à des mesures de rétorsion, en application des dispositions de l'article 35 dudit accord. C'est cette politique de fermeté que nous avons déjà commencé à mettre en œuvre depuis les différentes attaques et plus récemment le 13 janvier 2021, avec la tentative de déstabilisation des institutions de la République.

Le Gouvernement usera de tous les moyens, je dis bien tous les moyens, avec le concours des partenaires pour mettre hors d'état de nuire les malfaiteurs et usurpateurs de la souveraineté, regroupés au sein de la Cpc et leurs alliés.

Parallèlement, le Gouvernement poursuivra les efforts pour la montée en puissance de nos Forces de défense et de sécurité et la réforme du secteur sécuritaire.

Par ailleurs, avec les derniers évènements, j'ose croire que dans les jours à venir, le Conseil de sécurité donnera une suite favorable à notre demande concernant la levée totale de l'embargo qui pèse sur l'armée centrafricaine.

La Ministre des Affaires étrangères de Rca sera devant le Conseil de Sécurité, ce 21 janvier. Quel message comptez-vous y livrer ? Quelles sont vos attentes à l'égard des États membres pour relever le défi de la sécurité ?

C'est à la demande des autorités centrafricaines que le Conseil de Sécurité se réunira le 21 Janvier prochain dans le cadre du Comité crée sur la République Centrafricaine à l'effet d'examiner les progrès réalisés dans les domaines de la Réforme du secteur de sécurité (Rss), du Programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (Pnddrr) et la Gestion des armes et munitions (Gam). En tant qu'État-Membre des Nations Unies dont la survie est menacée, le plaidoyer de la République Centrafricaine est que tous les États-Membres à travers le Conseil de Sécurité puissent porter une attention particulière à la question de l'embargo.

Depuis 2016, la République Centrafricaine dispose d'un Président élu et des institutions démocratiques mises en place. Le Gouvernement doit être en capacité de défendre ces institutions. Nous l'avons toujours répété. Aujourd'hui, après plusieurs années, les faits nous donnent raison. L'embargo ne se justifie plus. Le Gouvernement attend donc du Conseil de Sécurité et des États-Membres, qu'ils accèdent à sa demande, dans leur unanimité, au regard de la situation qui prévaut sur le terrain. Car, il est aujourd'hui incompréhensible que des restrictions soient maintenues à l'encontre de l'armée alors que d'un autre côté, les groupes armés se réarment au vu et au su de tout le monde.

Au regard des incursions externes et des renforcements des groupes armés par des renforts venus de pays voisins, quels sont les efforts en cours pour la remobilisation de la région ?

Je voudrais préciser de prime abord que le Gouvernement n'a nullement connaissance qu'un pays voisin soutient les terroristes de la Cpc, même si l'on note dans leurs rangs la présence des mercenaires étrangers.

La République Centrafricaine entretient des relations d'État avec les autres pays de la sous-région. Et ce n'est pas, à mon humble avis, un groupe d'individus isolés qui peut engager la responsabilité d'un État à travers des turpitudes personnelles.

D'ailleurs, le sommet des Chefs d'Etat de la Cemac, de même que la Ceeac a condamné les actes de violence perpétrés par la coalition terroriste pompeusement baptisée Coalition des patriotes pour le changement.

Je tiens à souligner que les États de la sous-région ne se sont pas contentés d'une simple condamnation de principe. Mais, ils sont allés plus loin pour mettre en place une dynamique visant à l'envoi des troupes pour sécuriser et pacifier le pays.

Déclaré Président de la RCA par la Cour constitutionnelle: Touadéra rend hommage aux Centrafricains, remercie la Minusca, le Rwanda, la Russie, l'Ue, et menace Bozizé, cerveau de la rébellion

lundi, juste quelques heures après la proclamation par la Cour Constitutionnelle de sa victoire à la Présidentielle du 27 décembre 2020, le Président Faustin-Archange Touadéra s'est adressé à ses compatriotes. Dans un long discours, il s'est posé en Père de la Nation centrafricaine disposé à œuvrer pour l'unité. Mais, tout en remerciant de manière appuyé la Minusca, le Rwanda, la Russie, l'Union européenne qui l'ont sorti de l'ornière, il a menacé de poursuites judiciaires son prédécesseur, François Bozizé, qu'il accuse d'avoir fomenté la rébellion armée.

Faustin-Archange Touadéra Touadéra a été confirmé, hier, par la Cour constitutionnelle de son pays, Président de la République de Centrafrique. Une occasion pour l'heureux élu de rendre grâce à Dieu et surtout d'adresser un hommage appuyé et ému à ses compatriotes. «La Cour Constitutionnelle vient de me proclamer réélu au premier tour de l'élection présidentielle du 27 décembre 2020, à 53,16%. Permettez-moi de rendre grâce à Dieu, le seul et unique dispensateur du pouvoir temporel qui, dans sa souveraineté et, à travers vos suffrages, m'a renouvelé sa grâce imméritée pour présider à la destinée de notre peuple. À vous, mes chers Compatriotes, je viens, avec humilité du cœur, vous exprimer mon premier sentiment qui se résume en un seul mot : Merci», a-t-il dit.

Le Président Touadéra magnifie le courage, la détermination et les sacrifices de ses compatriotes afin de «sauver la démocratie en construction et l'Etat de droit». «Je vous félicite pour les sacrifices consentis pour sauver notre démocratie en construction et l'Etat de droit. Avec courage et détermination, vous avez bravé l'angoisse causée par le Covid-19, les appels au boycott, les intimidations, les désinformations, les menaces, les violences aveugles des ennemis de la paix et de la démocratie, pour aller massivement exercer votre droit civique, celui d'élire vos dirigeants. Vos bulletins de vote ont été des armes redoutables contre les attaques des ennemis de la paix, contre la barbarie», affirme-t-il.

«Grâce à Dieu, merci aux Centraficains»

Le Chef de l'Etat centrafricain n'a pas omis dans ses hommages la communauté internationale, les partenaires techniques et financiers, les pays amis et frères comme le Rwanda, la Russie. A l'en croire, leurs «mobilisation et soutien sans faille» ont facilité la tenue de ces élections contre «vents et marées». Il cite particulièrement l'Union européenne, les Nations unies représentées par la Minusca.

Toutefois, conscient que son pays a besoin de tous ses fils pour sa reconstruction, le Président Touadéra, se positionne en rassembleur, malgré sa nette victoire. Il tend ainsi la main à l'opposition.

Main tendue à l'opposition démocratique

«Cette victoire qui vient d'être proclamée n'est pas la victoire d'un camp sur un autre ; elle n'est pas la victoire d'un parti politique sur les autres. Elle est la victoire de la démocratie sur la dictature des armes, elle est la victoire du bien sur le mal. La campagne électorale est terminée. Il est temps d'oublier les dissensions créées par cette période électorale mouvementée et de nous rassembler autour des nobles idéaux que nous a légués le Père Fondateur de la République, feu Président Barthelemy Boganda. Je suis le Président qui rassemble toutes les filles et tous les fils de la République Centrafricaine, sans distinction d'origine politique, régionale, ethnique, religieuse, philosophique et sociale. Je tends la main patriotique à l'opposition démocratique afin de sortir notre pays du cycle vicieux de violences et de destruction», déclare-t-il.

Qu'à cela ne tienne. Le président demeure outré par la tentative d'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat. Mais, il se félicite que les Forces de défense et de sécurité, appuyées par la Minusca et les forces amies russes et rwandaises, aient «vigoureusement empêché la réalisation d'un coup d'Etat, perpétré par la nébuleuse rébellion dénommée Coalition des patriotes pour le changement (Cpc), dirigée par l'ancien Président François Bozizé.» Il accuse ce dernier d'avoir préparé tout cela durant son exil.

Poursuites judiciaires

S'inclinant devant la mémoire des nombreuses victimes depuis les attaques du 27 décembre 2020, le Président Touadéra, bien qu'ayant fait «le choix du dialogue et de la recherche permanente du consensus autour des questions d'intérêt national» rappelle qu'une «enquête judiciaire est ouverte » et que les «auteurs, coauteurs et complices présumés de ces crimes imprescriptibles seront recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes». Car, indique-t-il, aux termes de la Constitution de son pays, «le coup d'Etat, la rébellion, la mutinerie et tout autre procédé non démocratique d'accession au pouvoir constitue un crime imprescriptible contre le peuple centrafricain».

Le sherpa d'Archange

Firmin Ngrebada, Premier ministre et Chef du Gouvernement de la RCA depuis le 25 février 2019, est un Inspecteur Principal du Travail et des Lois Sociales de Classe Exceptionnelle. Ce juriste publiciste âgé de 53 ans, marié et père de 06 enfants a un parcours professionnel particulièrement riche à travers d'importantes fonctions qu'il a occupées, notamment : Chef de Service des Normes et Relations Extérieures à la Direction générale du Travail de 1994-1998 ; Directeur des Études et des Relations Extérieures, de 1998 à 2001; Directeur général Intérimaire du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle de juin à novembre 2001 ; Chef de Cabinet du ministère de la Justice, de juillet 2002 à avril 2003 ; Chargé de Mission en Matière du Travail et de l'Emploi à la Primature, de janvier 2004 à février 2006.

Bosseur, brillant, loyal à son chef, homme d'influence et de paix

Sa grande capacité au travail et l'excellence de ses prestations convainquent le Premier ministre Elie Doté qui le nomme Ministre Délégué, Directeur de Cabinet Adjoint à la Primature en 2006. Poste qu'il va occuper jusqu'au départ de ce dernier. Nommé Premier ministre en 2008, Faustin Archange Touadéra découvre très vite les qualités exceptionnelles de ce grand commis de l'État. Il le confirme à son poste et fait de lui son homme de confiance jusqu'à son départ en 2013, suite à l'Accord Libreville.

C'est alors que Firmin Ngrébada se voit confier le poste de Ministre, Directeur de Cabinet Adjoint à la Présidence de la République. La transition mise en place entre temps ne marque pas un coup d'arrêt à son parcours. Bien au contraire ! Après un bref exil, il intègre le Conseil national de transition comme Directeur de Cabinet du Président jusqu'à l'élection du Président Faustin Archange Touadéra en 2016.

Une fois investi, le nouveau Président va tout de suite faire appel à son bras droit, son homme de confiance pour occuper le poste de Ministre d'État, Directeur de Cabinet jusqu'à sa nomination en qualité de Premier ministre, Chef du Gouvernement.

Parallèlement à son parcours dans l'Administration, Firmin Ngrébada a également travaillé comme consultant de l'Unicef dans le cadre de l'étude sur le travail des enfants en Rca, de 1998 à 2000, puis, consultant pour le compte du Bureau des Nations Unies en Rca (Bonuca) sur la révision du Code du travail.

Le Président Touadera nouvellement élu prend ses fonctions dans un contexte particulièrement difficile au regard des nombreux défis qui se posent. Tout est à reconstruire. Homme de dossiers et fin connaisseur des grandes problématiques, Firmin Ngrebada est sur tous les fronts. Face au défi sécuritaire avec la présence de plusieurs groupes armés sur le territoire, il est chargé de conduire les négociations qui aboutiront à la signature de l'Appr (Accord politique pour la paix et la réconciliation) du 06 février 2019.

Le 25 février 2019, c'est la consécration pour l'artisan du processus de paix. Firmin Ngrebada est nommé Premier ministre à la place de Simplice Mathieu Sarandji et est chargé par le Président Faustin-Archange Touadéra de former un gouvernement inclusif.

Un an après, tous les organes de mise en œuvre de l'Appr sont mis en place, le processus Ddrr (Désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement) est engagé, l'Etat est de retour dans toutes les Préfectures du pays à travers les Préfets, Sous-Préfets et autres services publics. Bénéficiant des effets de l'Appr, Firmin Ngrebada fait déployer les Forces de défense et de sécurité centrafricaines dans plusieurs villes du pays, les exactions des groupes armés sont considérablement réduites et le processus électoral est mis en œuvre.

Hélas ! Cette œuvre salvatrice pour le pays de feu le Président Barthélémy Boganda va être vendangée très vite par les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (Cpc) manœuvrés par l'ancien Président François Bozizé dont la candidature à la présidentielle du 27 décembre 2020 a été invalidée par la Cour Constitutionnelle.

Réputé grand bosseur, homme discret et de dossiers, Firmin Ngrebada, dans le déroulé de sa mission, s'appuie sur une équipe de hauts fonctionnaires dynamiques qui ont préféré relever les défis périlleux auxquels s'expose leur pays, au confort douillet de l'exil.

Plus de: Le Soleil

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