Burkina Faso: Gouvernement Dabiré II - «Ce n'est pas le seul lieu où on peut servir son pays»(Simon Compaoré, président du MPP)

Assisté d'autres membres du Bureau exécutif national (BEN) du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré, son président, a animé une conférence de presse le mardi 19 janvier 2021 à Ouagadougou. Evoquant, entre autres questions, le nombre réduit de strapontins au gouvernement accordés à certains alliés qui ont contribué à la victoire du MPP à la présidentielle, il soutient que «ce n'est pas le seul lieu où on peut apporter sa contribution à la construction du pays».

Cette conférence de presse du MPP est la toute première du nouvel an, synonyme de nouvelles aspirations, et l'occasion d'un inventaire politique après les joutes électorales de novembre dernier. Le candidat du parti, Roch Marc Christian Kaboré, a rappelé Simon Compaoré, a survolé la présidentielle avec un taux de suffrages exprimés de 57,74%, et 56 députés à l'issue des législatives. Autre motif de satisfaction, la présidence de l'Assemblée nationale échoit encore au MPP, avec la confiance des élus renouvelée à Alassane Bala Sakandé.

Les élections, a relevé le patron du Mouvement, se sont déroulées dans des conditions apaisées. Les résultats ont été acceptés avec beaucoup de dignité et de fair-play politique par tous les protagonistes. Cela, a-t-il souligné, est à mettre au compte du dialogue politique initié par le président du Faso. Il lui suggère de poursuivre l'œuvre de réconciliation nationale entamée, qui se traduit par la création dans le nouveau gouvernement d'un ministère d'Etat qui en a la charge, et qui est occupé par Zéphirin Diabré, le patron de l'Union pour le progrès et le changement (UPC). L'ouverture de l'exécutif à plusieurs chapelles politiques est aussi une preuve que Roch Kaboré veut aller vers cette réconciliation. On ne peut alors que s'en féliciter.

Le MPP, selon son président, est disposé à accompagner le chef de l'Etat dans la mise en œuvre de ses dix chantiers déclinés dans son programme quinquennal, et autour desquels Simon invite tous les citoyens burkinabè à faire chorus.

Le premier responsable du parti au pouvoir n'a pas occulté les crises sanitaire et sécuritaire qui imposent au Burkina de grands défis à relever. Concernant le cas précis de la pandémie à coronavirus, il appelle au civisme les Burkinabè pour le respect des mesures barrières afin de briser la chaîne de contamination de la maladie. S'agissant de la lutte contre le terrorisme, la bravoure des FDS et des VDP est vivement saluée, mais, a souligné Simon Compaoré, il ne faut surtout pas baisser la garde.

La réconciliation nationale, une démarche collective

Les inquiétudes soulevées par les hommes de médias au cours des échanges ont permis à l'ancien maire de Ouagadougou d'apporter des précisions. En effet, sur les préoccupations relatives à la réconciliation, au covid 19, aux postes attribués aux partis alliés, à la justice... , il s'est voulu très précis.

Pour l'ancien édile de la capitale, le MPP s'est toujours opposé à une certaine façon de voir la réconciliation, un volet qui figure en bonne place dans le programme politique du président Kaboré. A son avis, cette réconciliation ne concerne pas seulement les politiques. Elle va au-delà d'eux pour engager tous les Burkinabè. Et de souligner avec un brin d'humour qu'elle a du reste déjà bien démarré, puisque la paix est revenue entre lui et Zéphirin Diabré à propos de la plainte que ce dernier avait déposée contre sa personne en décembre 2017 «pour détention illégale d'arme à feu». Le président de l'UPC a retiré sa plainte. Toutefois, il ajoute que les grands dossiers en justice ne sauraient être sacrifiés sur l'autel de la réconciliation. Et là-dessus le MPP est clair. Contrairement à ce que veut faire croire une certaine opinion, le parti a toujours été pour le triptyque vérité-justice-réconciliation.

Au sujet du covid 19, à en croire l'ex-ministre de la Sécurité, un groupe de travail est mis en place au sein de son parti pour des discussions dans le sens de l'harmonisation des points de vue. Cela aura l'avantage de permettre de faire des propositions concrètes le moment venu. En plus de cela, des réflexions sont actuellement menées au niveau du nouvel exécutif pour renforcer la lutte.

Quid alors des formations politiques partenaires du MPP qui ont mouillé le maillot, à l'image du NTD, pour sa victoire aux élections passées, mais qui seraient mécontentes de leur prise en compte au gouvernement ? Sur la question, Simon Compaoré avoue n'avoir pas enregistré un quelconque souci dans ce sens. D'ailleurs, commente-t-il, le gouvernement est là où on peut apporter sa contribution au développement du pays, mais ce n'est pas le seul lieu pour parvenir à cette fin. Le MPP sait comment faire pour consolider la collaboration avec ses alliés, permettre à chacun d'eux d'apporter sa pierre à la construction de l'édifice commun. Chaque poste est un secteur de combat, a-t-il conclu.

Plus de: L'Observateur Paalga

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