Sénégal: Diourbel - Paralysie du sytème éducatif - Elèves et étudiants réclament des actes de naissance

20 Janvier 2021

Les élèves et étudiants de Diourbel ont décrété hier, mardi, un mot d'ordre de grève de 48 heures renouvelables. Ils exigent des autorités administratives et judiciaires la délivrance d'actes de naissance. Ces élèves et étudiants qui risquent de ne pas participer aux examens pour avoir bénéficié de la délivrance d'actes de naissance fictifs au niveau de l'état civil interpellent les autorités à tout mettre en œuvre pour pouvoir bénéficier d'une dérogation au niveau de l'Office du baccalauréat.

Le système éducatif a été paralysé hier, mardi 19 janvier 2021, au niveau des collèges et lycées publics ou prives de Diourbel. Des élèves et des étudiants réunis autour du collectif Réussir avec son extrait de naissance ont délogé leurs camarades pour dénoncer le fait que l'état civil leur a délivré des extraits de naissance fictifs.

Baye Modou Dieng, le secrétaire général de Réussir avec son extrait de naissance explique : « Nous sommes un collectif composé d'étudiants et d'élèves candidats au baccalauréat qui veulent subir des examens. Mais nous ne pouvons pas le faire à cause d'un manque d'extraits de naissance. Ces élèves et étudiants ont des numéros d'extraits de naissance fictifs. Tous ces manquements ont été causés par le service de l'état civil de Diourbel. C'est la raison pour laquelle nous avons sorti tous les élèves pour improviser une marche ».

Et il poursuit : « Le délai de la clôture du dépôt des dossiers de baccalauréat est fixé au 30 janvier. Nous sommes près de 50 candidats qui sont dans cette situation et nous n'avons pas la prérogative de faire repousser cette date. Nous risquons de ne pas faire notre examen de baccalauréat ». Ce collectif lance un appel aux autorités administratives et judiciaires, « à savoir le Procureur de la République qui nous a promis de régler ce problème. Notre avenir est en jeu. Il y a beaucoup d'étudiants qui sont dans ce cas », dira-t-il. Le collectif a décrété 48 heures renouvelables pour obliger les autorités à régler les problèmes en question.

LE PREFET IBRAHIMA FALL TEMPERE LES REQUERANTS : «958 demandes de pièces d'état civil ont été transmises aux services judiciaires»

Les demandes de 958 élèves du département de Diourbel ont été transmises aux autorités judiciaires, afin que des actes d'état civil leur soient délivrés, pour leur permettre de se présenter aux examens, a assuré en réplique le préfet Ibrahima Fall. Il a donné cette assurance après que des élèves ne disposant pas de pièces d'état civil ont perturbé le déroulement des cours dans les lycées de la commune de Diourbel, afin d'attirer l'attention des autorités locales sur leur sort. Ces élèves, des candidats aux examens du baccalauréat et du certificat de fin d'études élémentaires (CFEE), craignent le rejet de leur dossier de candidature, car ils ne détiennent pas un extrait de naissance, une pièce d'état civil exigée. Les dossiers transmis aux autorités judiciaires en vue de la délivrance des pièces d'état civil réclamées concernent 69 candidats à l'examen du baccalauréat et 889 candidats à l'examen du CFEE, selon Ibrahima Fall. Les manifestants, qui ont décrété une grève de quarante-huit heures, ont levé ce mot d'ordre à la suite des assurances qui leur ont été données par le préfet de Diourbel.

La mairie de Diourbel est confrontée, depuis quelque temps, à des difficultés liées à la délivrance des actes d'état civil. Le gouverneur de la région, Gorgui Mbaye, a constitué un comité chargé de la "reconstitution" du service de l'état civil de la municipalité. Le ministère des Collectivités territoriales a mis à la disposition de la mairie des agents (documentalistes et archivistes) chargés de faciliter la délivrance des extraits de naissance.

Plus de: Sud Quotidien

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